Pour une écriture contributive, le Contri Club. Pour une écriture collaborative, Wikinouvelles.

Wikimaginaire:Agora

Respectez les droits d'auteur de ce texte (récupéré sur le site Wikimaginaire).

Jump to: navigation, search

Problèmes d'écriture, discussions sur le contenu et la présentation du Wikimaginaire, questions concernant les participants : exprimez-vous, cette page est là pour ça...


Sommaire

Présentation

Très bien, la page "titres à disposition". Mais je pense que la mention "En cliquant sur le mot "références" à côté d'un titre vous verrez sur quel texte ce titre est proposé." devrait être dans la page même et pas dans son titre... --Fuligineuse 12 avril 2007 à 19:50 (CEST)

Ça y est ! Je pensais que ce n'était pas possible, et en fait si. Un sacré bon logiciel que ce MediaWiki !

--Desman 12 avril 2007 à 20:29 (CEST)

Vérif

Ça sert à quoi le lien "marquer ce texte comme vérifié" ??? --Fuligineuse 13 avril 2007 à 14:18 (CEST)

? Heu...
J'ai trouvé ceci sur Ekopedia :
[Marquer cet article comme vérifié]. Pour information, lorsque l'on se trouve dans les modifications récentes et qu'un symbole "!" apparaît en rouge, ceci signifie que l'article n'a pas été vérifié par aucun utilisateur enregistré. Pour le vérifier, il suffit de cliquer sur le bouton "diff" puis [Marquer cet article comme vérifié] (cela marche aussi pour les nouveaux articles, le bouton [Marquer cet article comme vérifié] se trouve alors en bas de la page). En faisant cela, cela fait disparaître le "!" pour tous et ça indique à tous les utilisateurs que l'article à été vérifié par un autre utilisateur. Ceci facilite ainsi le travail de vérification.
Le seul intérêt pour nous vu le peu de textes et de participants serait de rapidement savoir si l'un de nous deux au moins a lu chaque texte, histoire d'éviter les textes irrespectueux. Mais je crois que pour l'instant nous arrivons à lire l'un et l'autre chaque nouveau texte sans problème. --Desman 13 avril 2007 à 17:38 (CEST)
En fait de mon côté les ! sont gris. Et maintenant que j'ai vérifié cette page je vais voir si lorsqu'on fait une nouvelle modification le ! revient. --Desman 13 avril 2007 à 17:42 (CEST)
Oui, il est revenu ! --Desman 13 avril 2007 à 17:43 (CEST)

Accueil

Très jolie, la nouvelle présentation de l'accueil ! Bravo. --Fuligineuse 18 avril 2007 à 18:56 (CEST)

Oui, je fais dans la dentelle en ce moment ! --Desman 19 avril 2007 à 07:31 (CEST)

Les amis, vous êtes formidables

Desman, Fuligineuse, un colossal merci à vous deux pour ce nouvel espace littéraire particulièrement prometteur !
Ce soir je revis un peu, j'ai pu remettre un peu en ordre leverbal.org, et le laborieux defi-intensif.com (qui porte ironiquement bien son nom) est enfin en ligne. Je relève un peu la tête du guidon pour vous dire BRAVO et A BIENTOT ! Leverbal 19 avril 2007 à 00:08 (CEST)

Leverbal, ta "présence" ici est un bon signe et elle est plus qu'agréable. Un grand merci à toi pour ton avis. Fuligineuse et moi sommes ouverts aux critiques constructives pour améliorer encore Wikimaginaire.
Donc, à bientôt l'ami ! --Desman 19 avril 2007 à 07:31 (CEST)
Leverbal, voilà un message qui nous encourage grandement à poursuivre. Merci à toi et bon courage pour ce que tu entreprends de ton côté. --Fuligineuse 19 avril 2007 à 09:32 (CEST)

Résumés de qualité

Après avoir demandé sur les sites Wikisource et Wikibooks, s'ils pouvaient accueillir des résumés de textes libres de droit, je me dis que Wikimaginaire pourrait accueillir ce genre de textes. Le but serait donc de donner un accès supplémentaire à certaines oeuvres et d'essayer de donner envie de les lire en version intégrale. Wikimaginaire peur devenir le lieu d'accueil privilégié des résumés d'oeuvres tombées dans le domaine public. Et donc Wikimaginaire pourrait accueillir des résumés de différentes tailles. Il serait possible de faire un classement de ces résumés selon leur style : style simplifié (au niveau grammatical, du vocabulaire) pour permmetre une lecture par des enfants (suppression de certains passages peut-être ?), ou bien style proche de celui de l'auteur. Un autre classement pourrait être fait par pourcentage de la quantité de mots ou de caractères de l'oeuvre originale de base, ou bien encore par nombres de mots ou nombre de caractères du résumés. C'est un travail de titan pour les jours sans inspiration. Ces textes seraient bien sûr disponibles sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL). Qui qu'en pense quoi ? --Desman 8 août 2007 à 19:14 (CEST)


Wikimaginaire, encyclopédie imaginaire de l'imaginaire

Projet 1 : Continuer à publier selon notre convenance sur Wikimaginaire.
Projet 2 : Faire une campagne informative afin de rechercher des auteurs qui publient sur le Net et qui accepteraient de placer sur Wikimaginaire leurs textes (francophones et contemporains) en Copyleft ou en Creative Commons, ou autre.
Projet 3 : Écrire des résumés de textes littéraires francophones du domaine public ou libres de droits (voir ci-dessus).
Projet 4 : Écrire des textes de fanfic.
Projet 5 : Écrire des articles sur un mode "fictionnel" sur les textes et les auteurs, réels ou imaginaires, de Wikimaginaire.


Pour le projet 2, que pensez-vous d'envoyer le courriel ci-dessous aux internautes qui publient sur le Net et qui seraient succeptibles d'accepter d'être publiés sur Wikimaginaire ?


Bonjour,

vous écrivez et publiez vos créations sur Internet, aussi je me permets de vous signaler le site Wikimaginaire ( http://wikimaginaire.free-h.org/ ).

Wikimaginaire sert uniquement à publier et ne s'octroie aucun droit d'auteur. Le but de ce wiki francophone, non commercial et gratuit : écrire des textes de fiction à vocation littéraire en collaboration sous la licence de son choix (ou sans licence). Cependant vous pouvez aussi y publier vos textes personnels.

Notre but est notamment de respecter la liberté d'expression créatrice des auteurs. Si vous acceptez d'y publier certains de vos textes, sachez que vous pouvez le faire librement sans mon intermédiaire. Pensez surtout à préciser la protection de droits d'auteurs qui vous convient.

Par souci d'honnêteté je préfère vous dire que je n'ai que survolé vos écrits par manque de temps.

Cordialement,
Desman

--Desman 16 août 2007 à 00:43 (CEST)

Collectives ? Collaboratives ? Composites ?

Pour un véritable statut des « œuvres wiki »

Un cadre juridique créé avant l’apparition d’Internet peut-il être réellement adapté à ce nouveau média ? C’est, finalement, la question de fond qui sous-tend la problématique que l’on peut rencontrer aujourd’hui sur plusieurs sites utilisant le principe du wiki, et notamment le logiciel MediaWiki.

Les modalités de création offertes par le web sont plus larges que tous les autres types de médias. Il serait donc pour le moins surprenant de constater que, au final, quand la radio et l’audiovisuel ont développés des règles spécifiques régissant les œuvres de collaboration les concernant, le web pourrait sans aucun problème se contenter de l’une ou l’autre des définitions existantes de l’œuvre collective, composite ou de collaboration.
Bien sûr, dans le cas d’un site d’informations scientifiques ou juridiques, la question des droits d’auteur est souvent négligeable. La diffusion de l’information prime alors sur la reconnaissance de l’identité de son auteur. En revanche, lorsqu’on touche au domaine de la création littéraire, et qu’un contrat d’exploitation commerciale est envisagé pour une telle oeuvre, ce point devient largement plus épineux !

Concrètement, quel est le processus minimal de création propre à un site wiki ?
A crée un site à partir du logiciel MediaWiki ou autre.
B, qui connaît ou non A, s’inscrit sur son site, et y publie un texte.
C, qui connaît ou non A ou B, modifie le texte de B.
A présent, voici la question « Bonto » : Où est/sont le ou les auteur(s) ?

Première hypothèse : L’auteur du texte est A.
Est-ce que cela existe ? Oui. Selon les fondateurs du site wikipen.org, l’ensemble des textes qui y sont publiés constitue une œuvre collective, dont l’auteur est Wikipen, c’est-à-dire la personne morale Wikipen, représentée par l’association qui la gère.
Est-ce que cela est légal ? Difficile à dire ! Suivant le site Jurispedia, deux conceptions de l’œuvre collective s’affrontent (fr.jurispedia.org/index.php/%C5%92uvre_collective_(fr)). Le cas de Wikipen ne peut être légal que si on considère la conception la plus large de l’œuvre collective, où « la coopération entre les contributeurs [A, B et C] lors de la création de l’œuvre n’est plus l’élément essentiel de la qualification ».
La qualification d’œuvre collective s’attacherait alors à l’impossibilité d’attribuer à chacun des contributeurs un droit distinct sur l’ensemble réalisé, même si certain considère que cette qualification peut également correspondre à une œuvre de collaboration !
Mais quand bien même on exclurait la qualification en œuvre de collaboration, à la différence d’un dictionnaire papier, il est tout à fait possible d’attribuer à chaque contributeur la paternité de sa contribution, par le biais de l’historique du texte publié !
L’élément essentiel de la qualification de Wikipen en tant qu’œuvre collective serait donc à chercher dans un autre critère, celui de la direction d’un entrepreneur. Tout serait donc une question d’appréciation dans le rôle joué par A dans l’élaboration du texte publié par B et modifié par C ! Selon les fondateurs de Wikipen, le simple fait d’avoir définit une ligne éditoriale à l’origine de la création du site suffirait à considérer que l’entrepreneur assure un rôle moteur dans l’élaboration de tous les textes du site. A vous de juger !
Cette hypothèse a-t-elle des limites ? Même en admettant les suppositions ci-dessus, oui. Si le texte publié par B a auparavant été publié sur un autre support où il a été reconnu comme l’auteur du texte, il ne peut légalement pas être publié sur le site de A, puisque celui-ci ne respecterait pas les droits de paternité acquis par B.

Deuxième hypothèse : L’auteur du texte est B.
Est-ce que cela existe ? Suivant la lecture que l’on fait des licences de type CC utilisées sur la plupart des sites wiki, on peut considérer que le seul auteur du texte reste B, quelque soit les modifications effectuées par un tiers. En effet, le « respect des conditions initiales à l’identique » inclut la paternité de l’œuvre. Or le texte, avant l’intervention de C, est l’œuvre de B. S’il fait une modification mais doit respecter la paternité de l’œuvre à l’identique, cela sous-entend qu’il ne peut pas intervenir sur cette paternité, et donc faire que l’œuvre devienne une œuvre de B ET C !
En fait, reconnaître que C puisse être co-auteur du texte qu’il a modifié place l’œuvre de B dans le registre des œuvres de collaboration. Œuvres qui, pour d’autres supports, comme la radio ou le cinéma, sont en général contractualisées avant leur diffusion. Dans ce cas, C ne pourrait être co-auteur que si B, avant de publier son texte, avait indiqué qu’il souhaitait que C soit co-auteur de son texte !
La « nétiquette wiki » préconise parfois que C propose à B une modification de son texte via une page de discussion, avant de modifier le texte en lui-même. De cette façon, on peut considérer qu’il y a bien eu concertation avant publication, et donc collaboration.
Est-ce que cela est légal ? Oui, cela prémuni B contre toute appropriation abusive de son texte. Mais c’est bien sûr sans aucun intérêt pour C, qui endosse au mieux le rôle de correcteur ! Cette hypothèse a-t-elle des limites ? Pas vraiment, mais on peut imaginer des abus, comme dans la propriété des noms de domaines. Ainsi, B pourrait publier sur un site 10000 textes qui ne soient que des titres…

Troisième hypothèse : Les auteurs du texte sont B et C.
Est-ce que cela existe ? Oui. C’est la situation constatée sur la plupart des sites de type wiki. Le texte est alors considéré comme une œuvre de collaboration ou une œuvre composite, suivant que B et C aient collaboré ou non.
Est-ce que cela est légal ? Oui, mais à vos risques et périls ! Dans leur ensemble, les sites concernés par cette hypothèse placent leurs contenus sous une licence qui couvrent la plupart des éventualités dans le cas d’une reproduction non commerciale de l’œuvre. Il y est très peu question de la notion de hiérarchie des auteurs entre eux, pour établir par exemple des pourcentages de royalties. En général, cette hiérarchisation se limite au nombre de contributions. Ainsi, dans le cas d’un texte écrit par B et C, si B a publié la première version du texte en une seule fois, puis que C a effectué 100 modifications sur le texte, qu’elles soient importantes ou toutes mineures (ajouté puis supprimé un espace, par exemple…), C peut être considéré comme le contributeur principal du texte !
De même, si C crée une œuvre composite à partir du texte de B, qui soit parodique, déstructurée, ou en contresens total avec le texte original, à partir du moment où C cite B comme auteur original du texte, B n’a aucun moyen pour faire respecter son œuvre ! D’un point de vue anglo-saxon, cela ne semble pas poser de problème. En revanche, en France, le droit d’auteur inclut certaines particularités, comme pour les auteurs dramatiques, qui peuvent interdire une représentation théâtrale d’un de leurs textes s’ils jugent que celle-ci ne le respecte pas !
Cette hypothèse a-t-elle des limites ? Du fait qu’elle recouvre deux statuts d’œuvres différents (composite et de collaboration), on peut rapidement arriver à des impasses entre les volontés de B et C sur la paternité de l’œuvre, faute de précisions de la part de B ou de collaboration de la part de C…

Quatrième hypothèse : Les auteurs du texte sont B, et C sous certaines conditions.
Est-ce que cela existe ? Oui. C’est la situation de certains textes littéraires « à contraintes », qui inclut des conditions sur les contributions, leur forme ("une phrase minimum", par exemple) et/ou leur fond ("un personnage par contributeur", par exemple). Est-ce que cela est légal ? Oui. Même si ce n’est pas simple, c’est légal. En fait, il s’agit plus ou moins d’une évolution des licences utilisées actuellement de telle sorte qu’elles incluent des règles concernant les modifications autorisées de l’œuvre. Bien évidemment, pour que cela soit facilement abordable, l’idéal serait de définir un statut générique des œuvres de ce type, par exemple en utilisant le terme de « contributif », qui donnerait toutes les précisions nécessaires pour comprendre ce que ces règles recouvrent.
Cette hypothèse a-t-elle des limites ? Cela dépend des règles fixées ! Plus les règles de contributions sont simples, moins il y a de problèmes d’interprétation !

L’idée de ce nouveau statut se pose souvent aux groupes qui créent des sites utilisant MediaWiki ou autre système wiki, surtout quand ceux-ci ont une dimension artistique. A présent, que faut-il faire ? Essayer de se tricoter un statut sur mesure de ces œuvres à partir des outils législatifs existants, au risque de rendre leur circulation et leur évolution encore plus ardue ? Tenter de faire évoluer la législation, pour faire reconnaître les spécificités de la création sur Internet ? A chacun de se faire son opinion ! Internet est encore un média naissant, qui sait ce que nous réserve l’avenir ?

--Desman 12 juillet 2008 à 00:35 (CEST)

Saint Finnian et le Necronomicon du Copyright

http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/fr/

http://scinfolex.wordpress.com/2009/08/13/saint-finnian-et-le-necronomicon-du-copyright/#

Il y a quelques temps, je me suis demandé si le droit d’auteur ne rendait pas fou, face à la multiplication d’affaires traduisant un dérapage de la propriété intellectuelle. Le copyright dégénère de plus en plus souvent en copyfraud (revendication abusive de droit), avec les conséquences néfastes que l’on sait pour l’accès au domaine public, à la connaissance et à l’information. Pour essayer de mieux comprendre ce phénomène, je me suis replongé dans l’histoire du droit d’auteur, exercice toujours instructif pour prendre un peu de recul et redonner du sens lors des périodes tourmentées (je vous recommande à cet effet l’ouvrage de Françoise Chaudenson A qui appartient l’oeuvre d’art ?).

Et de fil en aiguille, j’en suis venu à me demander jusqu’où on pouvait rembobiner ainsi l’écheveau du copyright. On fixe traditionnellement le début de l’histoire du droit d’auteur en 1710, avec l’édiction du Statute of Anne en Angleterre, premier texte à reconnaître des droits au profit des auteurs. Mais je voulais aller plus loin et rechercher si possible le tout premier litige en matière de propriété intellectuelle. Qui le premier s’écria “Tu ne copieras point car ceci est à moi !” en cherchant à appuyer ses prétentions sur le droit ? Quel était donc cet Adam qui a voulu garder pour lui seul les fruits de la Création ?

Finalement, c’est en Irlande au 6ème siècle que l’on trouve la trace de cette querelle originelle survenue à propos d’un livre et de sa copie, mettant en scène Saint Colomban, futur fondateur de l’abbaye de Luxeuil, et un certain Saint Finnian de Moville dont l’histoire n’a guère retenu la mémoire mais qui mériterait sans conteste le titre de Saint Patron des Copyfraudeurs ! (Note : la véracité de cette histoire est mise en doute par les spécialistes, mais comme dit Victor Hugo, il faut savoir parfois “écouter l’histoire aux portes de la légende” !)


st_columba_icon.jpg

A ma gauche, Saint Colomban : premier pirate de l’Histoire ?

finnian2.jpg

A ma droite, Saint Finnian : premier copyfraudeur de l’Histoire !

livre-dor5.jpg Entre les deux, un livre "maudit" qui n'a presque rien à envier au Necronomicon de Lovecraft !


L’histoire se situe dans le contexte de l’évangélisation de l’Occident par les moines, tâche dans laquelle l’écrit et le livre jouèrent un rôle fondamental pour la diffusion du Christianisme. Saint Finnian est connu pour avoir rapporté en Irlande depuis Rome la première copie manuscrite de la Vulgate de Saint Jérôme en latin. Saint Colomban, son disciple le plus talentueux, fut de son côté un grand passionné de livres. Poète autant que moine, il contribua à la diffusion de la connaissance de son temps par les copies d’ouvrages qu’il réalisa inlassablement (il aurait recopié dans sa vie plus de 300 fois les évangiles !). Il encouragea aussi sans relâche ses confrères moines à étudier, copier, disperser et faire connaître les livres. Cette attitude n’est pas anodine à une époque où les livres, objets de savoir mais aussi de pouvoir, étaient conservés jalousement dans les bibliothèques des monastères. On raconte que Saint Colomban toujours en quête d’ouvrages à emprunter et à copier, essuya de nombreux refus lorsqu’il demanda à consulter des livres, comme ce fut le cas avec un certain moine nommé Longarad aux jambes velues (sic!) (anecdote à lire dans “Les moines d’occident depuis Saint Benoît jusquà Saint Bernard” par Montalembert)

http://books.google.fr/books?id=y6UPAAAAQAAJ&pg=RA1-PA124&img=1&zoom=3&hl=fr&sig=ACfU3U3fAKby2Jshq_yPUv3PmP4DXbB4UA&ci=50%2C216%2C901%2C861&edge=0


Or un jour, alors que Colomban rendait visite à son ancien maître Saint Finnian, il s’introduisit subrepticement dans une chapelle à la faveur de la nuit pour copier un précieux psautier (recueil de prières) que Finnian refusait de montrer. La légende dit qu’il ne fallut qu’une seule nuit à Colomban pour recopier l’ouvrage, éclairé par une mystérieuse lumière jaillissant de sa main gauche tandis que de sa main droite, il ornait la copie de superbes enrichissements calligraphiques. Craignant que ce geste ne fasse perdre sa valeur à son livre, Saint Finnian se mit hors de lui et réclama à Colomban le nouveau manuscrit, en arguant du fait qu’une copie réalisée sans autorisation du propriétaire de l’original équivalait à un vol. Saint Colomban refusant d’obtempérer, l’affaire tourna vite à l’aigre et il fut décidé d’en appeler à la justice du monarque suprême de l’Irlande, le Roi de Tara.


chaine-hereford-cathedral-chained-library.jpg On imagine bien Finnian en adepte des DRM rustiques de l'époque !

Ce roi, Diarmait mac Cerbail, trancha l’affaire par le biais d’un très intéressant raisonnement par analogie. Un proverbe coutumier irlandais énonçait “A chaque vache son veau” (ce qui signifiait en fait que le propriétaire d’un animal était naturellement le propriétaire des rejetons que ce dernier engendrait). Or à l’époque, on considérait que la copie d’un livre était son fils (Son-Book), argument que Saint Finnian invoquait. Le roi de Tara proclama donc la sentence suivante : “To every cow, its calf, to every book, its copy” : à chaque vache son veau et à chaque livre sa copie, ce qui revenait à créer un droit exclusif au bénéfice du propriétaire d’un original sur la production et la diffusion de reproductions. Mais Saint Colomban refusa de se plier à ce jugement qu’il estimait inique, sur la base d’arguments qui valent le détour (je tire le passage suivant de cet excellent article historique en anglais) :

“Les livres sont différents des autres biens et la loi devrait reconnaître ce fait. Les lettrés comme nous, à qui une nouvelle somme de connaissances a été transmise grâce aux livres ont l’obligation de transmettre ces connaissances à leur tour, en recopiant et en distribuant ces livres aussi loin que possible. Je n’ai pas consumé le livre de Finnian en le recopiant. Il possède toujours l’original et cet original n’est pas à moi. Il n’a pas plus perdu de sa valeur parce que j’en ai fait une transcription. Le savoir qui est contenu dans les livres devrait être disponible pour tous ceux qui veulent les lire et qui sont capables de le faire ; et il est injuste de dissimuler cette connaissance ou d’essayer de cacher les choses divines que les livres contiennent. Il est injuste de m’empêcher, moi ou quiconque, de les copier ou de les lire ou d’en faire des copies abondantes pour les disperser dans tout le pays. Pour finir, je soutiens qu’il devrait m’être accordé de pouvoir copier ce livre, car bien que j’ai beaucoup appris du travail difficile qu’impliquait sa transcription, je n’ai tiré aucun profit vénal de cet acte ; je n’ai agi que pour le bien de la société dans son ensemble et ni Finnian, ni son livre n’eurent à en souffrir”.

(NDT : Bon sang que c’est beau et moderne ! Le fair use avant l’heure ! L’exception culturelle déjà et toute la doctrine des biens non rivaux en gestation !)

le Roi de Tara tenta alors de reprendre le livre par la force et l’affaire prit une vilaine tournure politique. En réaction, Saint Colomban appela aux armes d’autres clans irlandais qui se rallièrent à lui et livrèrent combat contre l’armée du roi de Tara lors de la bataille de Cul Dreimhne en 561, aussi connue sous le nom de “Battle of the Book“, au cours de laquelle les forces du Roi de Tara furent complètement défaites. Saint Colomban ne profita pas longtemps de son exemplaire retrouvé, puisqu’il fut envoyé en exil sur le continent pour évangéliser et expier la faute d’avoir appelé à verser le sang pour un livre …

Il me semble que par une curieuse méandre dont l’Histoire a le secret, cet épisode nous ramène tout près de ce que nous vivons actuellement à l’heure du numérique. Car nous en sommes toujours à discuter de la légitimité de la copie comme moyen de diffusion des œuvres et des connaissances. Et plus que jamais, le droit d’auteur est instrumentalisé par certaines puissances pour maintenir artificiellement un état de rareté des biens culturels et limiter le nombre de copies qui peuvent être mises en circulation. Ces puissances (ecclésiastiques naguère, économiques aujourd’hui) usent de leur influence pour rechercher l’appui du souverain et faire en sorte que leurs intérêts obtiennent force de loi. Et au final, il en résulte un état de guerre et de violence entre ceux qui veulent multiplier et diffuser les œuvres et ceux qui souhaitent maintenir un contrôle sur la circulation du savoir. Rien de nouveau sous le soleil !


Battle%20of%20Books.jpg To every cow, its calf and to every book, its copy. Ce jugement plongea l'Irlande dans la guerre civile et porta une première tache sur l'histoire du Copyright;


Même légendaire, l’histoire de l’affrontement entre Saint Colomban et Saint Finnian est très éclairante. Finalement, Saint Colomban représente une menace pour les puissances de l’époque incarnées par son maître, car il possède un pouvoir de copie quasi instantanée qui ruine leur prétention à enfermer la connaissance dans des supports matériels (les livres). En fait, au delà de l’épisode miraculeux de la copie nocturne du manuscrit, il est attesté que Saint Colomban faisait travailler des ateliers de moines pour copier à une échelle supérieure les textes et être en mesure de les diffuser largement. C’est certainement cette nouvelle démarche qui a suscité des tensions avec les responsables locaux de l’Eglise. Ce pouvoir magique de Saint Colomban, nous le possédons tous à présent, grâce aux facultés quasi-infinies de reproduction et de diffusion des oeuvres que nous offre le numérique. Et l’analogie ne s’arrête pas là, car Saint Colomban ne se contente pas de recopier servilement : sa copie enrichit l’œuvre initiale par les innovations calligraphiques qu’elle introduit. Elle prouve que loin d’appauvrir la culture, l’acte de copie peut l’enrichit et l’augmenter (auteur, auctor provient du terme augere = augmenter). Et ce qui était déjà vrai à l’âge de la copie manuscrite l’est encore plus à l’ère numérique : pour des milliers d’utilisateurs, la copie est l’occasion de créer à nouveau par le biais du Remix. Face à ces nouvelles formes de créativité, les puissances conservatrices de l’ordre ancien en sont réduites à des manœuvres juridiques pour revendiquer abusivement des droits sur ce qui devrait rester libre. Car Saint Finnian n’est même pas l’auteur de son propre Psautier : les prières qu’il contient appartiennent à tous et sont destinées par essence à circuler le plus largement possible. Elles sont l’incarnation même de ce que nous appelons aujourd’hui le domaine public ! Saint Finnian n’est propriétaire que de l’enveloppe matérielle et non de son contenu ! Ce qui fait de lui le tout premier copyfraudeur de l’Histoire (et j’y vois une analogie plus que certaine avec toutes les institutions culturelles ou toutes les sociétés (voir dernièrement l’Associated Press) qui multiplient les atteintes au domaine public pour des motifs économiques !).

A vrai dire, théoriquement notre droit est censé avoir accompli un progrès décisif qui devrait nous garantir des excès du copyright. Il existe en effet un principe d’indépendance des propriétés matérielles et intellectuelles en vertu duquel posséder un support ne confère aucun droit sur l’oeuvre que ce support véhicule. C’est le BA-ba de la propriété intellectuelle. Mais avec le numérique, on assiste à une formidable régression et à un retour à l’époque de Saint Finnian et Saint Colomban : les utilisateurs qui possèdent un support (CD, DVD …) agissent comme s’ils avaient un droit sur les oeuvres en les copiant et en les échangeant librement. En réaction, les titulaires de droits manoeuvrent pour enfermer à nouveau les usages dans des supports donnés malgré le passage au numérique, à grand renforts de DRM et de verrous sabordant l’interopérabilté. Le problème est le même avec les oeuvres du domaine public, qui retombent sous de nouvelles restrictions lorsqu’elles sont numérisées par des institutions publiques. Il est fascinant de constater qu’à l’heure où la technique explose et devrait libérer les oeuvres de leur enveloppe matérielle, le droit régresse et brouille le sens de cette révolution … Quant à la “Bataille du Livre”, elle redevient une réalité très préoccupante avec l’enjeu nouveau du e-book et la lutte que se livrent des géants comme Google, Amazon, Sony, Barnes & Nobles pour contrôler contenus et usages …

De cette histoire, je veux aussi retenir que dans cette Bataile - cette guerre des Copyrights contre la Culture et la Connaissance – au final le Roi a été défait et avec lui les Puissances qui le manipulaient. Une morale que feraient bien d’entendre tous les gouvernements qui multiplient en ce moment les lois cruelles et absurdes pour maintenir en l’état une propriété intellectuelle qui doit être réinventée. L’Histoire, dit-on, a l’habitude de se répéter …


29283.jpg Le livre de Saint Finnian serait-il le Necronomicon du Copyright ? La boîte de Pandore d'où sont sortis les maux avec lesquels nous nous débattons aujourd'hui ?

Le livre de Saint Finnian serait-il le Necronomicon du Copyright ? La boîte de Pandore d'où sont sortis les maux avec lesquels nous nous débattons aujourd'hui ?

Tout cela nous entraîne assez loin de la copie du Psautier de Saint Finnian, et vous devez peut-être vous demander où se trouve aujourd’hui cet artefact, ce livre maudit, véritable Necronomicon du Copyright (ou plutôt Ne©ronomi©on !), pour la propriété duquel les hommes se sont déchirés. Montalembert nous apprend quelle fut sa destinée funeste suite à la bataille gagnée par Saint Colomban :

Quant au manuscrit qui avait été l’objet de cet étrange conflit de propriété littéraire dégénéré en guerre civile, il fut depuis lors vénéré comme une sorte de palladium national, militaire et religieux. Sous le nom de Cathac ou Batailleur, le psautier latin, transcrit par Columba, enchâssé dans une sorte d’autel portatif, devint la relique nationale du clan des O’Donnell. Pendant plus de mille ans, il fut porté par eux à la guerre, comme un gage de victoire, à la condition d’être posé sur la poitrine d’un clerc aussi pur que possible de tout péché mortel. Il a échappé comme par miracle aux dévastations dont l’Irlande a été victime, et il subsiste encore pour la plus grande joie des patriotes érudits de l’Irlande.

En fait, le Batailleur ou An Cathach,considéré aujourd’hui comme l’un des éléments les plus importants du patrimoine irlandais, est conservé paisiblement au National Museum of Ireland, à Dublin. Excellent épilogue, me direz-vous, pour ce gri-gri guerrier enfin rendu à sa juste destination culturelle. Que nenni ! Poursuivi sans relâche par la malédiction dont il est l’objet, c’est désormais la version numérique de ce livre qui porte la marque funeste de l’appropriation, sous la forme d’un copyright apposé par la Royal Irish Academy (sur un livre vieux de plus de mille ans ! quelle ironie !). La guerre au Savoir n’est pas finie …

Cathach-Psalm-56.jpg

Ô Saint Colomban, délivrez-nous des excès du Copyright !

http://scinfolex.wordpress.com/2009/08/13/saint-finnian-et-le-necronomicon-du-copyright/#

Auteur de cet article : Lionel Maurel 88x31.png http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/fr/

_________________________________________________
Saint Colomban, le saint patron des copywanteurs :-)

L'Open Source de fil en aiguille détricote le droit d'auteur !

L'Open Source de fil en aiguille détricote le droit d'auteur !

Après la bière libre, voici que l’un des plus grandes maisons de création de patrons de couture, l’allemand Burda, décide de passer à l’Open Source !

C’est annoncé cette semaine sur leur blog, d’une bien jolie façon :

“En créant BurdaStyle, nous avons été captivés par la philosophie ‘Open Source”: le partage de la propriété intellectuelle, ouverte et disponible selon les besoins spécifiques du public. Nous avons assimilé le concept à Burdastyle, supprimant les droits d’auteur de nos patrons: ils sont disponibles en tant que base pour vos propres designs. Cependant, cela ne signifie pas qu’ils soient totalement gratuits, les bénéfices effectués couvrent les coups de production de nos patrons haute gamme. Néanmoins, et c’est là que cela devient excitant, qu’importe ce que vous créez, vous pouvez le vendre, si vous le voulez! Nous croyons qu’en supprimant les droits d’auteur nous émulerons : créativité et multiplication de nouveaux designs, et ça, c’est simplement merveilleux!”

Les patrons resteront donc payants, mais l’acheteur est libre de les réutiliser comme il l’entend, de les modifier, de les adapter et même d’en faire un usage commercial.

On est complètement dans la ligne de l’Open Source et des 4 libertés fondamentales du logiciel libre. Car Free en anglais ne signifie pas gratuit, mais bien libre.


presentation-du-libre_01.jpg


Une démarche assez logique pour cette firme qui s’était donnée pour but à l’origine de démocratiser l’accès à la mode. Et la preuve, si besoin était, que l’on peut tout à fait concilier l’esprit du libre avec un modèle économique.

Etonnant la manière dont la Culture Libre gagne peu à peu notre quotidien et commence à produire ses effets kjusque dans la sphère matérielle…

(Merci à Aline de m’avoir signalé cette info !)


88x31.png

Cette création par calimaq est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité 2.0 France. Auteur de cet article : Lionel Maurel

Source : S.I.Lex

Respectez les droits d'auteur de ce texte (récupéré sur le site « http://wikimaginaire.free-h.org/index.php/Wikimaginaire:Agora »).
Pour une écriture personnelle, collaborative ou bien collective : http://wikimaginaire.free-h.org/