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Une nuit peu coutume
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À midi, pour une fois non coutume, il fait noir. Un noir de ténèbre sans aucune étoile qui ne perce de leur faible dard lumineux. Et pourtant, je ne me sens pas angoissée.
Le devrais-je ? Peut-être ?
Certainement, moi qui n'aime pas me sentir enfermée, je ne me laisse pas impressionnée !
Au contraire, je sens en moi comme un instinct de chasseur, de fauve...
Face à cette obscurité soudaine, quelque force en moi me surprend et me prend pour me libérer et libérer une énergie qui m'est peu coutume. Rapidement, j'en fini avec mes tâches ménagères et coutumières, puis prend mon manteau, mes gants et je sors dans la rue pour affronter les murmures de celles-ci.
Etrange impression que ce silence soudainement tombé que je remarque dès ma sortie.
Comme si le temps, les évènements, les choses, les gens, le nature s'étaient figés face à mon entrée en scène. Comme une attente qui se ferait de part et d'autre ; comme l'attente guerrière qui s'apprête à pourfendre sa proie ; comme l'attente d'une seconde suspendue en l'air pour tomber sur la suivante.
J'hume profondemment l'air de mes deux narines, aspirant l'odeur de la flore environnante. De subtiles touches rosacées se joignent à des odeurs de muscs sauvages. Mon attention se poursuit au fil des contacts divers. Ces herbes, plantes et baies diverses ne font qu'accroître l'effet olfactif. J'y vois, j'entends de furtifs déplacements. Une ombre, un mouvement léger à peine perceptible font monter en moi une certaine méfiance.
Un danger ? Que sais-je ?
Saurais-je l'affronter ? Qu'en sais-je ?
Une impression en moi, comme un flot qui m'envahit, me rassure. Tel un sentiment de puissance, tel un guetteur qui ne peut se laisser surprendre, mes sens, totalement aiguisés, me mettent en confiance pleinement. Je me sens d'attaque. Pas forcément prête à l'attaque, mais prête...
Je comprends en moi cet instinct de maître qui sait attendre sans peur que frappe l'invisible, le sournoi adversaire, afin de mieux démettre celui-ci pour le jeter à terre, le soumettre deux pieds sous terre !
S'il en est ainsi, que soit sa mort sans nul doute puisqu'il est venu la chercher. A moins qu'il ne mette un genou à terre, et reconnaisse sa faiblesse ; sur quoi d'un geste féodal, je puis lui accorder le repentir de son âme sans en être blesser dans mon estime. Nul vainqueur ne peut-être raisonnablement meilleur que s'il ne sait reconnaître toute la valeur de celui qui lui a permis de s'élever à ce rang ! Ainsi en est-il donc du félin qui majestueusement sait reconnaître sa faiblesse lorsque sa proie lui échappe...
La partie n'en est que remise plus tard !
Fugace instant qui n'a d'éternité le temps, la durée de la pression, d'une envie sous le flot pulsé d'adrénaline, pour accroître la faculté des sens vers la détente, pour la conquête de la performance.
Puis l'oubli frappe, les sens s'endorment, la fatigue s'installe, le félin s'étire, prend toute la place qui lui faut, qui lui revient. En a-t-il le droit ? N'est-il donc pas le soumetteur ? Alors, laissons-le agir, à sa guise... Qu'il dorme s'il le souhaite, qu'il gise donc là où bon lui semble. Ainsi, le félin dans son étirement, baille, grogne, se détend, tombe et s'endord.
"Hum, hum" Soupirais-je donc.
Agréable moment, magnifique instant où cette conquête m'a prise, dans laquelle je me suis délectée. Que la force soit avec moi !
Agréable... ron, ron, ron, ron... mfum, mfum...
Si, après tout, tout cela n'était qu'un rêve, au demeurant merveilleux, car sa réalité m'a prise toute entière.
Etonnant...
Oui, en tout cas, étonnant, car même si ce n'est qu'un rêve, je me sens tout autre, bien autre... Comme si...
Cette nuit peu coutume a certainement réveillé en moi de drôles instincts qui je dois l'avouer me furent bien agréables, bien agréables.
Une fois, n'est pas coutume, qui sait ?
Stepfane HACHE...
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