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Une ligne à haute tension

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Si par hasard une nuit d'été, un fil de lin se déroule jusqu'à la cabane, un félin fellinien peut alors parvenir jusqu'à la concrétion des musaraignes ; il ne lui en coûtera guère que le prix de son temps, celui que le tanneur de temps lui donnera sans doute en prime de risque pour sa traversée des élégies. Il n'en va pas de même pour le navigue hâteur qui compte sur ses voiles de lin pour le porter au-delà de la mer vineuse. Celui-là devra tisser et ratisser jusqu'à ce que mer s'ensuive. Mais tout cela, Stan, Lothar et les autres ne le savent pas encore. Dans un instant, ils vont ouvrir le coffre du pirate et découvrir le mors aux dents. Mais pas encore.

Lorsque par contre, le jour anniversaire de l'escalade du K8 par la voie Nord, les musiciens se rassemblent pour tisser leurs échantillons, il n'y a pas de doute que les espadrilles sont à la fête. Les otaries ont jeté dans le fossé, celui qui est derrière la grange, le reste des neiges éternelles qui n'intéressent plus personne. Elles distribuent aux spectateurs des petits ballons d'occis gènes marqués de leurs initiales. Le charmeur de serpents leur donne le programme des réjouissances : il est écrit à l'envers et les bas d'haut se mettent la tête en bas pour le lire. Stan ouvre la marche et Lothar la referme. Ils sont accompagnés de toute une compagnie de manchots en smoking.

Lentement, très lentement, les apparences se mettent en place. Les plus petites devant, avec leurs longs tabliers. Dans le sous-bois, les chouettes hulottes chuchotent furieusement. Il paraît qu'elles n'ont pas été invitées : désespoir et navrement... Lothar, grand seigneur, les invite à rejoindre la tribune des VIP. Elles forment un escadron frénétique qui s'installe tout en haut de la construction de bois précieux. La cérémonie va bientôt commencer, les musiciens assemblent leurs instruments, qu'ils ont apportés dans de petits sacs de cuir repoussé à Tolède. Le chef d'orchestre, armé d'une baguette de coudrier, cherche en vain une source d'eau fraîche. Stan lui fait passer une calebasse de jus de grenade démantibulé et additionné de glaçons valétudinaires. Il remercie avec un grand salut de son chapeau pointu.

Voilà déjà que lui vient poème en tête. Poème qu’il ne voudrait pas prémonitoire. Poème écrit par dame Nature en mémoire de l’espèce humaine, comète morte à bout d’haleine. Sa fille préférée. Victime d’une divine pichenette, il entre dans le sortilège, s’habille d’une forêt et, l’espace d’un temps, devient un auteur coucou à la tête pourrie comme un moustique qui ronfle. Le voilà adepte du charognage. Il dépose ses œufres dans la bibliographie d’autres auteurs et mange les leurs. Pfffttt… Stan comprend qu’il a un cerveau pour se perdre dans son image. Il est comme un écrivain qui écrit un texte en se plaignant qu’une des touches de son clavier ne fonctionne plus et écrit ce texte comme si cette touche fonctionnait. D’une pensée, il efface physiquement et avec précision la mémoire des souvenirs qui l’encombrent, le dérangent, l’importunent afin de devenir d’une modestie fanatique dont il sera la seule victime.

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auteurs : Desman, Fuligineuse

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