Pour une écriture collaborative pensez aussi à Wikinouvelles.
Une excroissance protéiforme
Respectez les droits d'auteur de ce texte (récupéré sur le site Wikimaginaire).
À la terrasse d’un égoutier, Stan prend une crème en glaise et vide ses idées noires à l’aide d’une pompe électrique. Pas d’erreur, c’est le sieur qui s’encombre de plaies psychologiques. Il tourne son esprit trois fois avant de penser et, le vague à l’âme, il se remémore Nats dont il ressent de moins en moins la présence. Il va jusqu’au quai et monte dans un train mini-nature, aux fines herbes, suspendu en haut d'un promontoire. Dans l’extrême droite lignée de l’abject, il court de travers, se cogne, on le bouscule, on le pousse, il tombe, on le piétine sans s’en rendre compte et sous la pression des pas sans pitié, des mots dégoulinent de sa bouche et brûlent le plancher tant ils sont acides. Un trou s’agrandit où il tombe. Stan se réveille fragile comme une âme dévoilée, retournée, mise à nu. Il ouvre les yeux et se façonne un nouvel avenir, resplendissant.
- Stan sort son crayon nucléaire et décrit une belle pensée comme un beau panorama, jusqu’à ce qu’il aperçoive que dans le coin en haut à gauche rôdent la mort sans désir et le vivant devenir d’un presti(di)gi(tat)eu(r)x aguerri qui remet en cause les alinéas réunis sur les marches de l’amphithéâtre pour y jouer une samba endiablée prévue pour durer toute une nuit et qui s’agrandit à écoute des oreilles que chacun s’est percé pour y suspendre des signes ostentatoires circulaires en papier mâché orange, jaune et vert, et qui ne seront mûrs qu’au printemps prochain, lorsque les souffrances annuelles seront décloisonnées sous les pluies voulues purificatrices.
Tandis que l'inavouable abjection rôde encore dans les lobes démultipliés de son cerveau raie/petit lien, Stan s'élance en avant vers les verts pâturages de l'épanouissement immodéré. Il songe intensément à trouver une manière de pratiquer le tropalisme avec modération, oxymoron dont la seule idée déclenche chez lui des éclats de rire démesurés. L'image de Nats chevauchant le tandem indemne des indemnisations équilatérales traverse son esprit à la vitesse d'un cheval au galop. Se saisissant d'un catalogue légèrement avarié, mais encore frétillant, il se colle une mouche au coin du menton et se sent prêt désormais à soutenir les mensonges les plus décoratifs.
- Stan s’offre une perfusion de phrases incompréhensibles : un régal ! Le voilà au sein de l’assemblée de la Trépa Nation, où chacun des acteurs aimerait provoquer une hécatombe d’utopies auto-réalisatrices où seraient réinvestis les nouveaux talents littéraires, loin de la gestion immatérielle de l’oralité subaquatique. De prépositions en postpositions, il sent son esprit s’engouffrer dans un trou sans fond qui le vide de sa consistance, l’aspire longuement et le fait rejaillir au-delà des sens. Une fontaine, une allée ombragée, un banc où se reposer, des roses odoriférantes. Comme un somnambule, il avance des mots sur la pointe des lettres et tombe en avant sans jamais toucher le sol, il roule sur lui-même et finit recroquevillé en un taijitu blanc et noir sans bagua.
- auteurs : Desman, Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous le contrat Creative Commons Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France License.
