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Un avenir à la syntaxe complexe et fainéante

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Le germe d’une graine - condensé de vie – est comme un maître qui surgit en soi. Il attend le porteur d’eau afin de devenir plus qu’un porteur d’avenir : il est l’avenir ! Un avenir à la syntaxe complexe et fainéante, sans relent de métro-boulot-dodo, ni ministre de l’Extérieur. Son génétisme galactique affiche l’opportunité douce, heureuse, de la naissance en quatrième dimension. Naître ou ne pas naître ? Tel est le retour à la source. Je revois ma mère antique surprendre le moindre hâbleur et lui tordre le couchis de ses belles constructions à lui surexposées à son propre égotisme. Je lui dois tant à cette femme qui a changé mes couches d’ozone successives et qui m'a défendu contre les yeux royaux, contre l’or des barbares, contre les baignades de dupes et les choux-fleurs teintés d’oripeaux vengeurs. Depuis, mon derrière épilé en a fait fuir plus d’un. Tous les fléaux se nourrissent dans la même auge. Ainsi les espérances sont restées sous la neige et pendant ce drame, Socrate, la vie dans l'âme, choisissait de valider sa cigüesque immortalité.

Ce matin, je n’ai pas encore croisé l’âme de Socrate, ce technocrate de la maïeutique. Je ressens seulement des piqûres maraboutées, des papiers froissés, des toboggans lunatiques, des ratons-laveurs prieurs et d’autres bondieuseries jaunes et écarlates. Tiens ! Une goutte d’eau du vase qui déborde m’a mouillé ! Puis une flaque d’écumes ! Puis un torrent de fuyards criant sous le manteau ! Puis plus rien ! Et puis un calme bienfaisant de trois goûts différents. Un calme plat à tartelette ! Un plat c’est beau quand il est bien rempli ! Un calme d’apparence protéiforme, effronté ! Et un calme andin comme seul les vulcanologues savent en trouver ! Je rase la campagne et survole les escourgeons maltais aux barbes dégoulinantes de caviar à raser. Je sors mon tranchet et exécute cette tâche et je reprends une portion fruitée qui me tente au fond de mon yoghourt à romaniser. Cette trêve déborde de platitude acérée et j’en profite. Je me rince l’oeil et, sans toucher, je contemple, d’Éphèse, une chaste et divine merveille.

Je vois certains messagers des Dieux aller plus vite que la lumière dont nous inonde Hélios. Les corbeilles champêtres fleurissent. Je sors mes lunettes ignifugées et discerne un endroit de rêve. Un lac immense où la jeunesse nargue les incertitudes et nage avec les jambes, vives, pendues dans la fraîche fumée. Je bois de cette eau et mon âme résonne avec douceur, mon esprit se délivre du reste de ses soucis. Je me fraye un chemin entre tous ces corps dénudés et inconnus. Certains me caressent, veulent s’unir malgré mon absence de désir. Je passe sans coup férir sur l’autre rive et j’atteins une auberge où d’infâmes vieillards me demandent d’écraser des pierres philosophales. Pas question ! Je ne suis pas là pour ça non plus ! Je lutte contre l’acharnement de leurs convictions et lance une pelote de laine au plus ancien d’entre eux. Tous la veulent et je quitte cette vallée par une sente ensevelie sous une quantité indénombrable de pastèques à la panse éclatée. Il me faut les manger toutes ! Qu’importe ! J’ai le temps !

Ah, Socrate, je m'en souviens, de ce type-là, je l'avais rencontré dans un autre voyage... mais il s'est suicidé depuis, il paraît... dommage. Brillant, vraiment. Mais je ne m'en souciais guère alors, je ne pensais qu'à la douceur de la mer et à la dureté du rocher, au moment fatal où midi nous assène ses congrégations emphatiques. Pour l'instant cependant, j'ai d'autres préoccupations, car les marchands de fourrures italiennes ne sont toujours pas venus, et j'ai reçu par contre un colis égaré qui contenait les minutes du procès de Jeanne d'Arc, traduites en mandarin par un poisson babélien particulièrement borné. Et ils veulent que je relise ça pour lundi ? Non mais, je rêve ! Que l'on m'appelle sur-le-champ une estafette, je vais le leur renvoyer, moi, leur chapiteau corinthien, ça ne va pas traîner ! J'ai mieux à faire... J'ai envie d'aller faire un tour dans mon rêve de l'autre jour et y retrouver cet homme étrange dont l'image me poursuit depuis...

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