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Ton sentiment

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Les pages s'envolant en brise
Il me reste ton sentiment
Ton sentiment qui se déguise
Dans chaque souffle chaud du vent
Ton sentiment qui tourbillonne
À en déchirer les tympans
Comme feuille morte à l'automne
Ou plume légère au printemps
Ton sentiment qui déshabille
Ton sentiment qui se nourrit
De cette nudité de fille
Qui sur ta peau a fait son lit


Ton sentiment d'entre tes cuisses
Ton sentiment d'entre tes seins
Ton sentiment toujours propice
À balancer dans ton bassin
Ton sentiment qui se fait femme
Au milieu de mon féminin
Ton sentiment pénétrant l'âme
De mes désirs intra-urbains
Les pages s'envolant en brise
Sous les caresses des amants
Il reste ta Terre promise
Ton sentiment ton sentiment


Et mes rives bleues se colorent
De ces parfums que tu habites
Ton absence m'est indolore
Car ton sentiment ne me quitte
La ville s'est faite sensuelle
En pleurant ta beauté subite
Qui s'incruste dans mes prunelles
Que ton seul sentiment excite
Ton sentiment d'entre tes cuisses
Drapé de soie et de satin
Comme un baiser sur ta peau glisse
Comme une source entre tes reins


Mon bel oiseau ô ma tendresse
Que n'avons-nous assez volé
À travers ces cieux de caresses
Que ton sentiment sait trouver ?
Que n'avons-nous écrit les ailes
Pour doucement un peu planer
Sur ton sentiment où si belle
Tu viens chaque nuit te poser ?
Et mes rives bleues se colorent
De ces ailes jamais écrites
Quand ton sentiment prend encore
Vers mes verts rivages la fuite


Ton sentiment calme et tranquille
Adossé sur le sable fin
Dont nos rêves couvrent la ville
Lorsque tout le reste est éteint
Ton sentiment sur ta poitrine
Soulevant une inspiration
Comme une muse en mandoline
Venant aiguiser mon violon
Mon bel oiseau ô ma tendresse
Repose-toi à mes côtés
Laisse doucement sur tes fesses
Ton sentiment s'ennaviguer


Et dans sa jeunesse éternelle
Ton sentiment a tant nagé
Que la vie éprise et fidèle
Vient chaque jour le raviver
Émergeant de chaudes abysses
Il prend son souffle à respirer
Et dans l'azur de tes iris
Ton sentiment bat ressourcé
Ton sentiment calme et tranquille
D'un rire s'éveille soudain
Écarquillé comme une pile
Ton sentiment luciole enfin


Les pages s'envolant en brise
Il me reste comme un délice
Ton sentiment d'entre tes cuisses
Dans une steppe qui me grise
Et mes rives bleues se colorent
De ton sentiment ma princesse
Mon bel oiseau ô ma tendresse
Je m'enivre de ton aurore
Ton sentiment calme et tranquille
Chaque nuit me refait pucelle
Et dans sa jeunesse éternelle
Sur mon corps il vague gracile


12/08/04







Auteur : Gérald Sédrati-Dinet

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