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Terra In-Cognitum
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Terra In-Cognitum
Tout commence lorsque l'agent Stan-Lee Malone vint me voir et me parler de cette étrange affaire de monde souterrain plus dangereux que la réalité actuelle. En effet, après des millénaires d'une étrange paix, froide, voire glaciale, l'humanité que je vis au quotidien est régie de spasmes d'une violence sans commune mesure.
Sans en savoir la raison, les hommes politiques se sont mis à faire la guerre à toute forme de religion, quelqu'elles soient, plongeant l'être humain dans un chaos sans mesure. Pour se réfugier, d'aucuns se sont enfouis sur Terra pour échapper à la vindicte viscérale et meurtrière. Les hommes de paille, guerriers de renom, se montrèrent hautement cruels et digne de "meurtres contre l'humanité". Il n'était vraiment pas un temps à aimer le Divin, et ce quoi que ce soit que l'on y mette derrière ou devant.
Stan-Lee était un de ces hommes cruels et froids ; quand il arrivait dans une pièce, c'est comme une tombe qui vous réfrigérait. Stan-Lee est largement la caricature du héros sur-dimensionné, qui tiraille à lui tout seul un peloton ennemi, fier de sa rage furieuse. Ce même héros, tout droit sorti d'un cinéma infernal ; de ceux-là, qui vous donne un "Rambo XX - le retour surnaturel", que l'on a beau essayé de détruire, qui survit à l'ennemi en surgissant de n'importe où, voire nulle part, et vainqueur embrochant de la tête au pied ses adversaires, les laissant, là, pendouiller vigoureusement, au vent asséchant la contrée. Imaginez la scène bestiale et l'odeur surannée du sang souillé à la boue. Un fauve.
Et pourtant ce jour-là, ce roc de la nature, face à moi, était entrain de s'écrouler dans une forme de crise psychotique grave. Tout en me parlant, il n'arrêtait pas de vérifier autour de lui, par des regards à la fois hagards et suspicieux, prêt à sursauter et à l'affût du moindre ennemi potentiel. Conditionnement de "vaincu".
Le plus petit bruit lui faisait arrêter son récit, portant la main à ses armes, et tout en respirant lentement, attendait le silence suivant, afin de continuer... Conditionnement de "vainqueur".
Il me raconta donc cette surprenante histoire, d'autant surprenante qu'elle révèle d'une forme de religion, religion en un passé censé avoir exister et futur à venir ; un drôle de mélange qui vous pousse à agir et à aller vérifier par vous-mêmes les élucubrations d'un être qui est entrain de "perdre sa tête".
Voici son histoire :
Nous étions en haute-mer, mon escadrille et moi-même. Le haut commandement avait remarqué une activité hautement anormale, une sorte de champ terrestre se déformant sous la nouvelle conjoncture de la voûte céleste. On n'en avait pas assez de ces guerres bestiales, tribales contre les "évangélisateurs" qu'il nous fallait en plus vérifier une déformation quelconque au fin fond du globe. Et, pour tout vous dire, bien que vaillants, mes hommes et moi en avions un peu marre et avions besoin de répit bien mérité. La "kommandantur" en avait décidé autrement. Il nous fallait y aller, nous sommes partis.
Le temps était encore plus maussade que nos mines fatiguées, et plus rageur que nos galops assoiffés de purge religieuse. Nous étions fortement secoués, malgré le confort assez relatif de nos engins furtifs, naviguant sur les flots. Nos casques rythmaient les coups et ressorts que nous affligeait l'eau en furie. Pire cela fut, à partir du moment où ces "bâtiments de guerre" se mirent à l'arrêt, et que nous reçûment l'ordre de plonger.
Nous fîmes surpris de devoir plonger dans cette houle inhospitalière. Nous venions d'écouter un speech de notre supérieur qui nous disait que nous ne devrions rien trouver de spécial, néanmoins qu'il fallait OBLIGATOIREMENT informer IMMEDIATEMENT en cas contraire. Ceci étant dit, il nous ordonna de plonger.
Mes compagnons et moi-même plongèrent comme à l'accoutumée en piquet, histoire de s'enfoncer le plus vite. Du bleu houleux nous passâmes lentement au bleu nuit de la mer ; celle-ci nous avalant plus profondément à chaque seconde passée. La descente était anormalement lente, le "fond de l'air" anormalement électrique, la tension de la profondeur s'ajoutait à celle que nous éprouvions à la montée de ce bleu nuit, qui commençait à nous submerger.
"La mort nuit bleue", nous l'appelions ainsi entre nous. Comment ne pas la concevoir autrement ; nous étions dans le silence le plus profond, au point que nous pouvions entendre nos cœurs "battre la coupe" sous la pression de celle-ci. Nous commencions à discerner des formes, étonnement cylindriques ; immédiatement, nous avons pensé et cru à des bombes sous-marines, et, c'était bien là une partie de notre erreur. Ces boules cylindriques nous apparurent sombres, un premier instant, pour nous rendre compte qu'elles étaient translucides.
"Que pouvait bien faire de tels engins à ces profondeurs ? À quoi pouvaient-ils bien servir ?"
À peine m'étais-je posé ces questions que je vis un grand arc électrique, bleu azur et jaunâtre à la fois, foudroyait un de mes compagnons. Le temps de réaliser, ce sont deux et trois autres camarades de plongée qui se faisaient électrocutés. Des chocs d'une telle violence que les corps se tendaient, comme un soldat expérimenté peut tendre un arc. Tous les membres étaient pris d'une convulsion à la rupture.
Chaque émission électrique nous assourdissait les oreilles, faisant perdre la notion de l'environnement, et des sens ; déjà que, dans cette "mort nuit bleue", ce n'était pas aisé de s'y retrouver, mais là, la perte était complète. Les autres compagnons non touchés par une de ces boules étaient happés par une onde de choc sous-marine et se faisaient propulsés encore plus profondément, ajoutant à la perte sensorielle.
La dernière chose, que je sentis, fut le toucher du sol marin. Enfin, le croyais-je !
Malgré moi, je perdis conscience quelques instants, me sembla-t-il. La notion du temps est complètement distendue, au fond des eaux, tellement fine qu'elle en disparaît.
Je me réveillai entrain de faire surface dans ce qui paraissait être une sorte de piscine, à première vue. La vision des alentours étaient digne d'une vision cauchemardesque, telle celle qui devait assurément se passer, là-haut sur Terra avec son fléau de destruction. Des murs de pierre et de plâtre rougeâtre, ouverts béants sur deux des côtés. Un vent frais et fort soufflait au-travers d'une des ouvertures, au point d'avoir l'impression d'être dans une colonne à air mugissant ses flots.
Face à moi, trois balustrades telles des jetées qui ne demandaient plus qu'à être agrippées. Je m'approchai de l'une d'elle. Dans ce laps de temps, deux de mes compagnons, qui avaient eux aussi survécu, se relevaient. Je sentis un vent d'air frais proche ma joue, et une déflagration dont je reconnu le bruit. Dans une sorte de guitoune, devant les balustrades, un homme apeuré criait après nous. Il nous demandait de déguerpir, partir de là, de ne pas l'approcher.
"Partez ; foutez-le camp de là ; n'avancez pas ; je vais tirer. Partez ; ne restez pas là ; vous allez les faire venir ; partez" nous dit-il secouant son pistolet, en faisant des cercles à notre encontre.
Je savais qu'il me fallait, assurément, m'approcher, le désarmer, avant qu'il ne nous blesse ou se blesse lui-même. On voyait très vite qu'on n'avait pas à faire à un professionnel, ou à un militaire, juste un humain tiré de son ordinaire et obligé à se protéger du mieux qu'il lui semblait. Je m'agrippai à une des rambardes. Un second coup partit ; "Le crétin, il va finir par nous flinguer ..." me dis-je.
"N'ayez pas peur, on ne vous veut pas de mal ; n'ayez pas peur. On est là par hasard ; on est en terre inconnue, ici." En disant cela, j'ouvris la porte derrière laquelle il se trouvait, et me jetai sur lui. Il n'offrit pas de résistance particulière, effrayé qu'il était, d'un danger qu'il lui paraissait certain et immédiat.
J'ouvris à nouveau la bouche, et, n'eus pas le temps de prononcer un mot, qu'il s'exclama. "C'est malin, maintenant, ils nous ont forcément repéré ; ils savent où nous sommes ; ils vont arriver dare-dare ; on va tous se faire bouffer et mourir." Je n'avais pas le temps dans l'immédiat, ni les compétences, de servir de psy à un névrosé qui se faisait dans son froc. Des bruits de cavalcades commençaient à se faire entendre. Et lui, encore plus agité, se jeta contre une autre porte en nous disant : "dépêchez-vous, vite, il faut se protéger ; suivez-moi ... par là !"
Après avoir barricadé tant bien que mal la seconde porte que nous venions de traverser, il nous plongea dans un couloir sombre, à partir duquel on entrapercevait une lueur jaunâtre. Durant la traversée de ce tunnel, nous entendions les coups de butoir contre la porte et les plaintes de celle-ci. À peine étions-nous entrés dans une des pièces adjacentes au couloir, et avions nous monté des escaliers, que la porte céda ; elle vola en éclats, et les corps s'engouffrèrent dans la brèche, la déchirant encore plus. Trois corps monstrueux passèrent et s'ensuivit une cavalcade dont le but était nous autres.
Nous avions juste eu le temps de monter les escaliers et de rentrer dans la première pièce de gauche, que la première bête se jeta sur nous. Un de mes compagnons fut sa cible principale, elle se mit en joie d'en faire une charpie. Pendant que nous l'entendions hurler à sa mort, les deux autres bêtes surgirent et essayèrent de nous attraper. Je retournai mon arme contre la première et lui fracassai la tête à coups de crosse.
Ce ne fut pas simple. Elle avait une protubérance enflée, sur celle-ci, qui la protégeait naturellement contre les coups. De forme ovoïde, luisante, et légèrement glissante, mon arme rebondissait naturellement contre. Je dus m'y reprendre à trois ou quatre fois avant d'entendre un crac significatif. Pendant ce temps-là, mon ultime collègue "survivant" se débattait avec la dernière furie. Il lui asséna un tir en bonne et due forme, qui l'a fit à peine reculée. Je vins à se rescousse et exécutai l'immonde bête de la même manière que la précédente. Puis nous exécutâmes la première qui s'était jeté sur notre compagnon, le laissant exsangue, au moment où elle commençait à s'intéresser aux alentours, c'est-à-dire nous.
Nous poussâmes un "ouf" de soulagement, reprîmes nos esprits pour analyser la situation. Nous avions en face de nous trois monstres à peine plus gros qu'un castor, ayant le corps de rat, avec des jambes arrières plus développées, à l'avant des dents proéminentes et cette fameuse protubérance crânienne que nous avions précédemment remarqué. Nous étions soulagés d'en avoir finis et de ne pas avoir eu le triste sort de notre compagnon.
Le trouillard s'était muré dans un coin, espérant bien y réchapper par je ne sais quel miracle. Il nous était pas très utile, sur ce coup, celui-là.
L'analyse de la pièce nous montra une "quatre murs" branlante, à peine fignolée, avec une fenêtre légèrement entrebaillée. Nous ouvrâmes celle-ci et entreprîmes de balancer par dessus bord les corps des bestiaux morts. Nous dûmes nous y prendre à deux pour lever les corps et les jeter à terre. L'un après l'autre, ils allèrent s'écraser pour former une masse visqueuse et difforme, cinquante mètres plus bas.
Nous décidâmes d'un commun accord, de rester nous reposer ici quelques instants. Certains de nous en avaient bien besoin ; le poltron n'en était pas le dernier. Je me surpris à me prendre d'une forme certaine de léthargie, un léger brouillard appelé "somnolence" là-haut, chez nous.
Au bout de quelques temps, nous commençâmes à entendre des rauquements sourds, et une cadence qui faisait sursauter l'ensemble du bâtiment dans lequel nous nous trouvions, ainsi que certainement ceux aux alentours. Au-travers de la fenêtre, je vis une énorme masse sombre s'approcher ; je n'en croyais pas mes yeux. Un dinosaure ... exactement un T-Rex, enfin presque, il avait tout des dimensions du Roi-Tyrannosaure mais il avait quelque chose de non conforme. Je n'arrivais pas à assimiler quoi exactement, mais il me paraissait une différence notable.
Le dinosaure s'approcha de la fenêtre ; je fis signe à mes collègues de ne pas bouger. Il la renifla, sentit l'odeur des bêtes mortes, s'en éloigna. Je le vis descendre sa tête vers l'immondice écrasé plus bas ; il fit pareil. Je m'attendais à ce qu'il happe tout d'un coup de son énorme langue, mais non, il n'en fit rien. Il leva sa patte droite et piétina majestueusement l'ensemble, histoire de montrer qu'à sa manière, il s'en foutait royalement. Je le vis s'éloigner un peu, projetant de son gigantesque pied des miasmes de la bouillie monumentale qu'il venait de créer.
D'un coup, la maison se mit à trembler, à hurler comme si on lui arrachait ses tripots. Quelque chose en elle la raclait et lui faisait jaillir des bruits de terreur. Le T-Rex avait enfoncé sa tête dans un renfoncement de ventilation, tel un canal artériel. Pendant que sa tête s'enfonçait, son coup s'allongeait, flottant. Elle passait un coude, puis un second pour finir par s'encastrer contre un des murs, celui où se trouvait être notre "pleureur" et notre compagnon mort. Je vis un bout de sa langue essayait de happer l'ensemble. La terreur prit notre "convive", en se sentant humilié par la bave qui venait de l'ensevelir. Pendant que nous nous demandions comment cela était réaliste ; de sa langue, il avala le corps chaud et mort de notre compagnon exsangue, dans un souffle qui sentait le souffre, puanteur dans son état primaire. Nous reprîmes au pas de course l'escalier, pour monter à un étage supérieure espérant obtenir un abri digne de ce nom, ne rêvant pas.
Le dinosaure vexé d'être privé de son dîner de gala humain, fit le chemin inverse ; les murs hurlèrent de plus bel, mais sa tête prit un autre couloir et s'y engouffra en toute hâte. Nous arrivâmes dans ce qui paraissait être une cuisine, et vîmes sa tête entrait dans une baie. La vitre semblait d'une épaisseur conséquente puisque malgré les coups de butoirs de sa langue, il ne put la casser.
Notre "hôte" reprit ses esprits. Réalisant la situation, il nous demanda d'agir avec urgence par l'appui sur un bouton clignotant, sur le côté de la façade.
Nous vîmes un embrasement soudain, puissant et flamboyant, s'appesantir dans l'espace vitrée où résidait la tête du monstre, d'un rouge luminescent à vous rendre aveugle. Sa tête explosa littéralement, mais de manière "atomique". Aucune trace résiduelle de celle-ci après le flash assassin. Et nous entendîmes pour la dernière fois les murs se déchiraient de l'intérieur et le choc du corps, plus bas. La soufflerie interne avait expulsé ce qui restait, vers l'extérieur.
Face à l'entrée de la cuisine, une grande baie vitrée à hauteur d'homme et courant sur tout le long du mur. La vue donnait sur une autre batîsse conjointe à celle où nous résidions. Le toit de celle-ci était à ciel ouvert ; une brèche nous laissait entrevoir un ciel d'un bleu pur, que des nuages blanchâtres zébraient. Nous trouvâmes de quoi nous faire un repas frugal ; ce que nous fîmes. Au bout d'un certain temps, nous entendîmes un vrombissement dans le ciel et voyez, il y avait des engins spatiaux de toutes formes : des cigares, des ovoïdes, des "ailes volantes" ... toute la panoplie de ce qu'on appelle OVNI, ici sur Terra.
A moment donné, on crut reconnaître un "frelon" - une sorte d'hélicoptère mastodonte - lui aussi, nous aperçut. Nous vîmes un laser pointer vers nous. Il balaya la zone et toucha mes deux derniers soldats, les découpant en deux, instantanément. Ce fut avec un fort étonnement que je vis la scène. Tout ce qui était inerte ne risquait apparemment rien, ce n'était pas le cas de tout corps vivant. Impressionnant !
Le "pleureur" à son accoutumé se planqua contre un meuble hors de "vision" du champ ennemi. Ne voulant pas finir comme mes deux compagnons, je me mis hors de portée. Je tirai ce qui me restait de minutions en direction de l'engin volant. La baie vitrée vola en éclat. Il sut éviter mes tirs concentrés et se mit sous un autre angle d'attaque. N'ayant plus d'armes efficaces, sauf celles pour le corps-à-corps, je pris la décision de redescendre l'escalier, les étages que nous avions monté précédemment, et de plonger dans la piscine par laquelle nous étions arrivés. Laissant là ainsi tout seul notre apeuré de service.
Ensuite, ne me demandez pas comment je suis revenu ... je me suis réveillé sur une plage. Et je suis là maintenant face à vous" me dit Stan-Lee, notre héros guerrier international. Je le regardai légèrement suspicieux, interrogatif devant un tel récit : "N'avez-vous pas tout simplement rêvé ?". Je senti le canon d'une arme froide et brute se collait au niveau de mon coup, sous la mâchoire, et lui de me répondre : "Monsieur le "Cognitif", tout cela ne peut exister, ce n'est que billevesée pour des "croyants", n'est-ce pas ?" Je n'eus que le temps d'ouvrir la bouche quand j'entendis la déflagration de l'arme. Ainsi était arrivée ma propre mort. Je ne pus comprendre ce qui m'avait trahi, je n'étais plus ... un "zombie", un de ces hommes répugnants pour l'Etat.
Stan-Lee passa son arme en mode "atomisation" et la déchargea sur ce qui restait de mon corps. "Je ne peux laisser de témoin quant à mon histoire..." dit-il. Ce faisant, il tourna ses talons et sortit de la pièce en fermant derrière lui.
Un soldat sortant d'une maison ne pouvait signifier aux yeux des autres qu'une et une seule chose en ces temps non sereins, surtout si le ou les spectateurs avaient aperçu le flash bleuté de l'atomisation. Personne ne se posait plus de questions.
EsteBaN Hache.
Le 31 Janvier 2007.
PS : Rêve d'une nuit qui imagine un monde peut-être pas si différent du nôtre !
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