Pour une écriture collaborative pensez aussi à Wikinouvelles.

Spruime Gelsemazir

Respectez les droits d'auteur de ce texte (récupéré sur le site Wikimaginaire).

Jump to: navigation, search

Spruime Odaspek Trillol Gelsemazir ou plus simplement Spruime Gelsemazir, né à Brüg, est connu dans la réalité et dans les contes comme étant le premier des Authentiques validé par le Comité National d'Authentification des Historiens (CoNaHist). Bien sûr, il fut durant de nombreuses années un dja de haute renommée. Fidèle à une tradition propre au quartier de Burburüg, sa grandeur morale basée sur les valeurs qu’il défendait en les vivant le poussa à s’investir aussi hors de sa famille. Il devint une force active d’une pensée maîtrisée et digne du concept « Observer, faciliter ».

Biographie

Origine et apprentissages

Spruime Gelsemazir est issu d'une famille de bûcherons. Son arrière grand-père, Marozn Gelsemazir, le boiteux, est devenu un fda qui quitta la forêt et s’installa non loin de Brüg dans une maison qu’il construisit lui-même et qui devint la première de l’actuel quartier de Burburüg (« l’homme qui boîte », en diaphère). Ses enfants et petits-enfants devinrent des fdarim.
Parmi ceux-ci, Rip Gelsemazir devint un dja réputé qui, par passion pour sa vocation, abandonna Aztille, sa femme, et ses deux enfants, Spruime, l’aîné, et Depazz qui n’était pas encore né. Aztille Gelsemazir sut élever ses deux enfants. Lorsque Spruime eut dix ans, Aztille offrit à ses enfants les activités d’une préceptrice, Filiadine Ferste (originaire de la capitale Mondoria), avec laquelle elle se maria plusieurs années plus tard. En plus des langues odoise et diaphère, ils apprirent le français et le grec ancien du monde imaginaire de la Terre, ainsi que l’Histoire du Kaydrüm.

Spruime Gelsemazir se fit très tôt remarquer par son aptitude à mémoriser et à utiliser à bon escient ce qu’il apprenait, ainsi que par sa capacité d’imaginer, d’inventer des variantes, des styles et même des langues. Il travailla toute sa vie à l’amélioration de l’une d’elles, qu’il nomma le Basterphüg. Cette langue a la particularité d’utiliser en plus des sons de base à la plupart des langues, des claquements de langue et des sifflements dont la plupart copient ceux des oiseaux. Son frère, Depazz, préféra rejoindre ses cousins, bûcherons, pour devenir menuisier et sculpteur. Les relations des deux frères furent complexes tant ils étaient différents de goûts et de caractères, cependant ils savaient tous deux garder en haute estime ce lien privilégié. Ils se séparèrent douloureusement pour la première fois lorsque Depazz refusa de suivre Spruime à Mondoria sous la tutelle de Filiadine Ferste. Jamais plus les deux frères ne vécurent sous le même toit tout en privilégiant un respect et une admiration réciproques.

De la qualité de dja à l'activité d'Authentique

Pendant de nombreuses années, Spruime tergiversa. Sa vie était partagée entre les contes et celle qui deviendra son épouse, Oria Ysstenbokle. Dans l’un des ses plus beaux contes, il nous fait partager ce dilemme entre deux grandes passions. Pour ne pas reproduire ce que lui a fait subir son père, Spruime renonça à épouser Oria avant de vivre loin de son foyer en tant que dja. Ce périple dura cinq ans. Cinq ans durant lesquels sa renommée s’amplifia. C’est à cette époque qu’il se lia d’amitié avec Pellikoko, un autre dja qui s’était spécialisé dans les contes de la vie quotidienne qu’il égrainait avec un savoir-faire impressionnant. Leurs discussions, qui semblaient banales, exploraient les recoins d’une vie saine et ouverte aux sensations. La mort de cet ami fut un élément déclencheur d’une grande souffrance puis à l'origine d’un recentrage sur l’essentiel de ce qu’il voulait faire de sa vie.
De retour en sa ville natale de Brüg, où il arriva incognito et masqué, il surpris tout le monde lors d’une parerga mémorable. Sa voix ne sut tromper longtemps ses proches puis ses cocitadins. Dans un conte qu’il n’exprima que cette fois-là, il parla de sa propre vie, de cette vie éloignée d’Oria et de l’impossibilité de continuer de sacrifier son temps si loin d’elle. Alors, bien qu’elle fût passée par tous les sentiments possibles, puisque Oria l’avait attendu, ils se marièrent dès la semaine suivante, ce qui occasionna, à ce jour, l’une des plus grandes fêtes de la ville. Après plusieurs fausses couches, ils eurent enfin un garçon, Xaz, et une fille, Iliaz.

Admirateur de Liokt Liamsorg, de Plouhat et d'Octavo Sigduel, Spruime fut aussi et surtout celui qui permit aux Kaydrümmgar de prendre profondément conscience de leur biotisme. Le biotisme est ce courant de pensées et d’actions qui place la vie diversifiée et ses sensations au cœur d’un système hiérarchique de valeurs. En tant que dja, Spruime s’est souvent moqué de l’humanisme et de l'anthropocentrisme qu'il implique, alors qu’il savait que ce dernier était une étape incontournable des préoccupations humaines. Il inventa le personnage de Montaigne qu’il aimait particulièrement tout en le moquant, en restreignant sa pensée à l’homme. Les contes comiques et philosophiques de Spruime participèrent à sa notoriété. À l’époque il employa souvent cette annonce : « Je désire qu'on voit la vie en sa façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention ni artifice : car c'est la vie que je peins  ».
Son projet commençait à le sortir de son rôle de simple dja. Cette position de conteur le contraignant de plus en plus, il voulut étendre ses perceptions et mieux ressentir celles des autres. D’où sa nouvelle vie et sa volonté de fonder une famille. D’où son implication de plus en plus grande dans des projets communautaires bien réfléchis et allant dans le sens du bien commun. D’où ses heures passées à observer les habitants du quartier de Burburüg où il s’est définitivement installé. Il accueillait l’art de vivre des Burburügggar d’un regard vif et entraîné. Comme il ne craignait pas la mort, il passa plus de trois ans ainsi, sans exprimer ses pensées profondes, tout en pratiquant, à son tour, le métier de précepteur. Trois ans où son projet a mûri de lui-même dans son esprit. Trois ans où il accumula les expériences perceptibles de sa famille, de ses voisins, de ses « élèves », de ses amis, de ses connaissances et des conteurs en tous genres. Trois ans d’une richesse qui lui servit de base à un état d’esprit conscient des capacités de la plupart des Burburügggar à se fondre dans la nature, à en jouir et à la servir.

Un jour, dès le petit matin, il se sentit prêt. Prêt à s’ouvrir. Prêt à parler de son ressenti. Prêt à exposer son vécu qui était en fait celui des Burburüggar. Chaque jour durant plusieurs semaines, il prit place sur la parerga du quartier et s'exprima, discuta, détailla, argumenta, échangea avec quelques personnes puis une foule de plus en plus dense. Ce qu’il espérait arriva : des groupes se formèrent et s’emparèrent des sujets de conversations. Ils se les approprièrent, les développèrent et les améliorèrent. Ce qui était révolutionnaire était cette prise de conscience du rôle de chacun et de son importance dans cette vaste vie. Dorénavant chaque acte, chaque parole, chaque non-acte et chaque silence étaient perçus comme appartenant à une communauté qui s’étendait aux animaux et autres espèces vivantes. Étendre les communications entre toutes ces « oasis vivantes » (comme Spruime appelait chaque être vivant), devenait un plaisir où l’expérience permettait de savoir se limiter lorsque cela était nécessaire. Il devenait de plus en plus facile, d’un seul regard ou au pire, d’un seul mot, de deviner qui était ouvert aux autres et à quel degré. Cette activité de fourmis permit à la ville de Brüg de mieux fusionner avec la nature.

Parmi toutes ses activités, la préférence de Spruime allait à l’écoute des oiseaux et à la recherche de la compréhension de leurs chants. Malheureusement pour lui, il mourut avant de percer leurs langages.

De nombreuses années après sa mort, Spruime Gelsemazir fut choisi comme étant le premier Authentique digne de cette appellation.




auteur : Desman

88x31.png
Cette création est mise à disposition sous le contrat Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France License.

Respectez les droits d'auteur de ce texte (récupéré sur le site « http://wikimaginaire.free-h.org/index.php/Spruime_Gelsemazir »).
Pour une écriture personnelle, collaborative ou bien collective : http://wikimaginaire.free-h.org/