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Sébastien Vaupier

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Sébastien Vaupier fut un intellectuel iconoclaste jusqu’à ce qu’il découvre en 1980 les FoPros dont l’un des buts est de construire avant de détruire. Il a peu publié, cependant son influence, appuyée sur une curiosité éclectique, est reconnue comme essentielle par ses amis avec qui il vient de signer ce 8 mai 2007 le Manifeste des Forces de Proposition.

Il est né le 26 mai 1946 sur le bateau Eztanza qui emmenait ses parents, lors d’une croisière, de Marseille à Saint-Denis de la Réunion. « Si j’avais pu, je me serais sacrifié pour que ma mère ne meure pas alors qu’elle me mettait au monde prématurément », affirme-t-il comme une litanie. Son père s’est jeté à l’eau, entraînant avec lui l’homme qui tentait de le sauver.

Le sort de Sébastien fut délibéré pendant plusieurs mois. Ce n’est que courant octobre que sa famille fut retrouvée par l’administration française. C’est la sœur de sa grand-mère maternelle, Emilie Bargelon, et le mari de celle-ci, Charles, qui l’accueillirent. « L’Islande fut mon rude cocon ». Isolé du reste du monde dans ce foyer chaleureux, situé à 3 kilomètres du port de Raufarhöfn, non loin du cercle polaire, Sébastien Vaupier y apprit l’islandais, les travaux de la ferme et l’ennui. Il lu, et relu les mêmes livres, au nombre de neuf, toujours les mêmes. Seule l’école lui ouvrit un peu l’esprit.

En 1960, alors qu’il n’avait que 14 ans, tout s’effondra autour de lui avec le décès de ses protecteurs. Il apprit grâce à leurs testaments qu’il était maintenant propriétaire d’une belle villa française à Aix-en-Provence et d’une petite fortune qui venait de ses parents. Il décida de partir pour la France, ce qui lui fut impossible. Il dut attendre d’atteindre sa majorité dans un petit orphelinat de Reykjavík. Sa déception se transforma en enthousiasme lorsqu’il découvrit l’immensité de cette ville pour la première fois. Il se débrouilla pour apprendre le français de son mieux, grâce à ses meilleurs amis, les livres, ce qui lui donne un accent si particulier.

Dès sa majorité, Sébastien Vaupier fit le voyage jusqu’à l’ancienne maison de ses parents, où rien n’avait été bougé depuis leur départ. Ce fut un choc pour lui de découvrir pour la première fois, les photos de ses parents, la chambre qu’il lui avait préparée, leurs vies encore si présentes. Il n’osa rien toucher pendant une semaine. Chaque soir il revenait « visiter ce musée affectif ». Il prit beaucoup de photos qu’il regardait le soir sur le lit de l’hôtel où il résidait. Petit à petit, il réaménagea le jardin et rénova l’extérieur de la villa. Lorsqu’il eut mémorisé l’intérieur, il se permit de toucher les objets par curiosité. Il les scrutait sous tous les angles pour ne rien louper. Une griffure. Une signature. Une date. Un mot. Il déplaça chaque pièce de ce puzzle parental dans un ordre précis. L’émotion le gagnait tant parfois qu’il lui fallait plusieurs jours pour continuer ; surtout lorsqu’il trouvait des lettres que ses parents s’étaient envoyés pendant la guerre alors que son père était prisonnier du côté de Mayence et que sa mère devait survivre grâce à sa seule force de caractère, dans une fidélité à toute épreuve.

Environ dix mois après son arrivée, Sébastien Vaupier commença à s’occuper de la bibliothèque boisée, lustrée, riche. Dès la lecture du premier livre, assis dans le vieux fauteuil usé et confortable de son père, il se rendit compte qu’il devait franchir un cap et habiter sur place. Sans réfléchir, il s’installa dans la chambre d’ami. C’était sa façon de ne pas s’imposer aux lieux. Cette pièce avait vue sur son ancien hôtel, sur la place du village et ses curieux badauds, avec lesquels il avait sympathisé. Les heures du fils orphelins se prolongèrent de nuit en nuit jusqu’au jour où il rencontra Daphné, une jeune femme qui passait ses vacances dans ce petit village ensoleillé. L’idylle dura de nombreux mois. Sébastien refusant qu’elle rende l’endroit impur par sa seule présence, Daphné insista chaque jour davantage pour s’y faire accepter. Un soir où ils avaient bu, le couple visita la villa et fit l’amour dans le lit parental. À leur réveil, ils comprirent le drame. Sébastien devint comme fou. Les voix s’élevèrent et Daphné fut mise à la porte. Trois jours plus tard, Sébastien avait quitté la maison définitivement et avait mis en vente la propriété.

Sébastien Vaupier pris le train pour de lointaines destinations à travers l’Europe puis l’Asie. Il fit connaissance avec de nombreuses personnes dans le seul but de ne pas s’attacher. C’est dans l’un de ces trains, qu’il commença à écrire ses souvenirs pour lui-même. Il écrivait indifféremment en islandais ou en français. Il s’arrêta au Pakistan oriental (actuel Bangladesh) et y demeura jusqu’à que ce que le temps de la nostalgie rejoigne le temps présent, c’est-à-dire en 1975. C’est à cette date qu’il claqua la porte du parti communiste.

De retour en France, il ne lui restait plus que l’argent de la villa vendue. Il s’installa à Marseille où il devint guide touristique le jour. La nuit, il déambulait dans les rues et rentrait dans son petit appartement pour écrire son premier roman dont nul ne sait le nom. Il en écrivit cinq dont on ne sait rien sinon qu’ils ont été refusés par les éditeurs. Le sixième fut le bon : « D’autres parts », publié en 1980. Quinze jours après, il s’en mordait les doigts. S’il en avait encore eu les moyens, il aurait racheté l’ensemble des exemplaires de ce roman qu’il renia. Entre temps il avait rencontré les FoPros et aurait voulu faire machine arrière. Il renia aussi ses autres ouvrages qui ont été publiés par de petites maisons d’édition sans lendemain : « L’assassin était mort quand le crime se produisit », « Anonymat, déversoir du trop plein de nos ego », « Rallonge poétique » et « La première femme velue ». Ces cinq essais critiquent, et même, vomissent la société comme l’auteur, « abject observateur "dont" tout événement devient devant ses yeux, une phrase, un bon mot. »

Dès 1984, Sébastien Vaupier se rend en Inde. Son but ? Enquêter sur l’explosion de Bhopal. Et cela jusqu’en 1990. Toutes les maisons d’édition refusèrent le roman sur ce sujet. Non pas à cause de l’œuvre mais parce que Sébastien Vaupier voulait imposer, en tant qu’auteur, une préface critique et une postface constructive que tous savaient sous la menace d’un procès de la part du groupe propriétaire de l’usine défectueuse. Ce n’est qu’en 2004 que fut publié ce roman, avec préface et postface. Aucune plainte ne vint le sanctionner puisque chaque fait relaté était véridique et prouvé par des documents.

En 1997, il croise Rose Drymoon et lui présente Nadège Opilandre. Elle les suivra dans leur volonté d'innovation, littéraire, politique, relationnel, sociologique, etc.




auteur : Desman

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