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Raisonnement campanaire
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Pendant ce temps Stan s'est endormi à retardement. Son rythme cardiaque s'est ralenti et il respire avec candeur. La jeune femme aux cheveux roux et aux yeux verts - qui n'est autre, vous l'aviez sans doute deviné, que la fille du Gryphon - l'enroule dans une écharpe de matin brocardé de miel et l'emporte, sans autre forme de procès, jeté comme un chiffon à l'arrière de sa jolie voiture. Elle a mis la musique à fond mais Stan, enfin atteint par les vapeurs de l'ananas, ne se réveille pas. La fille du Gryphon enclenche le pilote automatique et le véhicule pointu se dirige tout droit vers le volcan, tandis que la belle se fait vernir les ongles par son major d'hommes.
- Grimpée dans le lustre en pâte de verre, la fille du Gryphon regarde Stan dormir. Elle le réveille en lui chatouillant la plante des pieds avec une plume de tatou. Stan ouvre les yeux et contemple le volcan qui crache des flots écumants de musique sérielle. Stan a besoin d'une injection de café noir. Il se souvient vaguement d'avoir rêvé de ce qui lui était arrivé après-demain. Il se demande où il a bien pu oublier sa partition et comment il va faire sans cela. Improviser, sans doute... Après tout ce n'est pas très différent de la situation des arènes suspendues. Il suffit d'ajuster le temps de pose pour que la photo soit floue à souhait.
Il entame un chant sibyllin aux sonorités hermétiques à tout plaisir. Sa voix se sépare en plusieurs bifurcations où il prend toujours à gauche et fini par se retrouver perdu à son point de départ. Il se force et son timbre éclate dans un souci de provocation. Les pleutres s’enferment chez eux, les autres l’enferment chez lui. Il rage, il désespoire, il vieillesse et ne mit plus les pieds dehors avant de s’être affranchi des contraintes pré-oulipiennes de la versification rimée et scandée entre d’insupportables gémissements esthétisés.
- Sur sa route d’ivoire, Stan polimâche des fenêtres épanouies qui s’ouvrent les unes sur les autres et défigurent l’ancien corollaire aux démonstrations subliminales, sous les faveurs avantageuses des première, deuxième et troisième fractales. C’est l’heure de s’octroyer les faveurs du dormeur du val et de rire de l’épaule de Monsieur Teste, qui occasionne de nouvelles performances angéliques et sanguinaires. Les phrases trahies sont écartelées sans cérémonie ni commentaire, les mots explosent les uns après les autres, les lettres prononcent une sentence exemplaire avec le plaisir de contribuer à l'inavouable.
- auteurs : Desman, Fuligineuse
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