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Qui était Obbyz ?

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Vratislav Milos Obbyzevkov, dit Obbyz, était né vers 1145 ou 1150 en Bohême dans la petite ville de Strakonice, qui commençait alors, au début du 12e siècle, à prendre de l’importance. Ses parents étaient des paysans, Josef Obbyzevkov et son épouse Libuse. On sait très peu de choses de ses jeunes années. Il est probable qu’il étudia au séminaire pour devenir moine, et y apprit l’art de l’écriture. Mais il quitta son pays natal avant son vingtième anniversaire et parcourut à pied une grande partie de l’Europe, ne laissant guère la poussière s’accumuler sur ses bottes. Il arriva à Laon vers 1170 et y vécut de petits travaux de copie en latin, langue qu’il maitrisait fort bien. C’était un homme sec, brun, grand et maigre, et quelque peu misanthrope. Il vivait assez isolé et ne lia d’amitié qu’avec quelques autres copistes et notamment Jilleil, l’Irlandais, établi dans la région quelques mois après lui. Ensemble, ils élaborèrent le concept de la Guilde des Copistes Lumineux, à partir d’une organisation similaire qu’Obbyz avait vu fonctionner en Lombardie. Obbyz s’habillait toujours de noir ; il avait dans la région une réputation de grande érudition et en même temps il était soupçonné de sorcellerie. On ne lui connaissait aucune fréquentation féminine et cela aussi le rendait suspect aux yeux des Picards.

A ses moments perdus, Obbyz étudiait quelques manuels d'alchimie cachés dans le grenier de sa masure, et rêvait de se lancer dans le Grand Oeuvre. Il avait lu la Table d'Emeraude, le Dialogue de Marie et d'Aros, l'Entretien du roi Calid et du philosophe Morien, traduit de l'arabe en latin par Robert de Chartres dans les années 1180, et même, semble-t-il, le traité d'Artéphius. Craignant les persécutions, il ne parlait à personne de cet intérêt pour les sciences occultes ; et si l'on connaît aujourd'hui cette inclination, c'est grâce à des carnets secrets qu'Obbyz a laissés, qui ont été retrouvés et déchiffrés au 19e siècle par Astolphe de Barnegise, un lointain cousin de Champollion. En effet, Obbyz avait rédigé ces carnets en latin, évidemment, mais de plus il les avait codés selon un algorithme de cryptographie symétrique particulièrement complexe, si bien que le jeune Astolphe mit quelque dix-sept ans à en trouver la clef.

Parmi les éléments découverts par Astolphe de Barnegise figure la liaison secrète d'Obbyz avec Aliopse Mirabelle Sicre, née en 1163 à Lectoris. Obbyz entretenait délibérément sa réputation de misogyne pour mieux dissimuler leur amour. Ils s'étaient rencontrés au début des années 1180 dans des circonstances qui demeurent mystérieuses, car la page du carnet où Obbyz relate cet événènement a été par endroits mangée par les souris. Il semble que par la suite ils aient collaboré (toujours dans le secret le plus absolu) à des études de sciences occultes qui devaient amener Aliopse Mirabelle Sicre à élaborer la théorie justifiant la délivrance des Kaydrümmgar. En 1193 Aliopse eut un fils, Frénézil Sicre, né de père inconnu (mais tout porte à croire que ce père était Obbyz). Un an après, elle quitta la région et on perd sa trace ensuite.

(à suivre)


auteur: Fuligineuse, Desman

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