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Proximité
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Dans le dictionnaire elle se définit par un voisinage immédiat. Ma propre définition est plus vers moi-même en tenant compte que la fiction est une forêt où il faut savoir couper des arbres, créer une clairière pour pouvoir sortir de sa condition de loup artistique. Depuis mon périple commencé en 2004, dont ce passage fait partie de la liste de mes écrits terminés, proche de l’autre a suscité bien des recommencements saisissants avec le temps, qu’en vivre de rapprochements avec moi-même se devaient pour aller vers ce que je désirais vivre. Trois années ont suivi pour y vivre ce qui appartient à des évènements hors de tout entendement.
Mon espoir de changer le monde s’amenuise, alors pour mieux choisir ce qui entre dans ma tête, j’apprends à mieux discerner de nouvelles prothèses affectives, prolongement à cœur d’homme de mon moi attentif. Aujourd’hui l’autre est à venir et ce qui étonne, proximité fait partie de ma réalité où la vie me présente des occasions par des échanges informatiques et à d’autres, un souper entre amis, un évènement social attirant ces gens proches d’eux-mêmes ou en quête. Ces flux de confiance réfléchie me soufflent de nouvelles perspectives dans un doux ravissement. Certains diraient que je papillonne d’évènements du quotidien, ouvert aux émotions, à d’autres petits bonheurs que je mets en valeur comme de brillantes pépites. Je tamise mon âme et celles de mon entourage, les goûte une à une, les apprécie selon des critères qui me sont inconnus et ressens le passage de leur traversée. Souvent loin des profusions océanes, je préfère la douceur des rus tranquilles et vaillants, sans arrogance, sans ce besoin de démonstration de force. Et lorsque cette envie d’être envahi se présente je me fais petit et saute en esprit, tel un brin d’herbe, dans cette vigueur déroutante.
Mon plaisir à l’imagination n’a pas fait de moi un auteur qui jouit de la vie et qui ne fait ou ne voudrait faire que ça au mépris de tout ce qui ne l’amène pas à ça. Parvenir à mélanger imaginaire et réalité est une pratique à laquelle j’adhère sans sacrifier l’un à l’autre. Proximité m’a permis de poser des gestes vers des directions hors des sentiers battus de mon point de vue. Aujourd’hui, proximité m’invite à mettre les voiles une fois de plus car proche de soi c’est aussi en être plus conscient de ce qui m’anime et qu’aventurier, fait partie de ce que je suis vraiment.
Comment serais-je lors de sa rencontre ? Je me pose cette question des fois et je me mets à rire aussitôt car scénarios se défilent évitant des situations m’éloignant de moi-même l’ayant expérimenté en permanence. C’est donc facile de scénariser lorsque l’autre se veut à l’imaginaire mais bon, de me souvenir de ce temps de grandes proximités vis-à-vis à celui qui est à écrire ce texte, j’aimerais le garder tout près de moi. À côté de moi, la proximité est cet autre, ce miroir brisé, aux morceaux éparpillés, ramassés, recollés, certains à l'envers, d'autres perdus. La proximité est un abandon fondateur, atelier du vivre ensemble, photocopieuse qui déraille, qui s'imprime elle-même, qui s'exprime en couleur à ma place. Les feuilles s'entassent, s'épousent, se poussent, jouent des coudes, s'envahissent, l'encre s'use déjà, blanchit, disparaît. La réalité bat. Elle me contourne, m'enlace, m'accompagne et me grise, s'essouffle, et meurt comme un présent. Son souvenir m'offre son héritage, me calme, me dégrise et me colorie.
À ce décembre de 2007, proximité suscitait des actions mettant un terme sur une amitié déguisée qui au fond, en attente j’étais, sachant fort bien que j’étais dans l’illusion. À d’autres situations, fermer la porte faisait en sorte de saisir qu’un prix était nécessaire pour demeurer proche de soi et qu’un retour en arrière était exclu. À toutes mes actions, je m’en portais au mieux et de la proximité elle me conduisait à la fierté d’être à ce bénéfice à vivre dans cette réalité.
J’en débute 2008 et déjà des portes ont commencé à s’ouvrir comme si le vent commençait à remplir cette voile occasionnant un autre mouvement. Ce texte en sera à la proximité épousant ce nouveau temps et souhaits d’en vivre bien des cadeaux tels des présents inconnus.
À celles et ceux qui parcourent ce texte, ce vent dont je mentionne l'arrivée, une bourrasque m'est parvenue par un envoi d'un éditeur faisant mention d'un intérêt à un manuscrit que je faisais parvenir fin novembre 2007. En un peu moins de temps qu'il m'en a fallu, excitation a tôt fait de me projeter en avant. Fait étonnant, cette nouveauté m'arrivait deux jours après avoir écrit l'introduction à la proximité que je faisais parvenir à « Desman ».
Ce mouvement proposé par cet éditeur où contrat était joint à la lettre suscite en moi d'en garder cette proximité vis-à-vis mes propres conditions pour respecter mes propres directions. Faisant appel à différentes personnes pour un avis et ce, compte tenu d'une inexpérience à ce monde de l'édition, j'ai constaté que seule la proximité avec moi-même se voulait à poser mes propres gestes car ces autres se justifiaient par des références venues d'auteurs reconnus communiquant conseils et façons de faire, sans avoir lu le document. À cela, il revient à dire que proximité se doit d'être en soi d'où une grande facilité vers l'autre. Est-ce que l'évènement donne l'indication de suivre le courant à ma guise? Proximité m'en donne déjà réponse. D'autres bourrasques se sont ajoutées...
Proche d’une direction littéraire où un ensemble s’y prête, se veut pour moi une bénédiction. Avant même d’en continuer la proximité, tout au long de ma lecture dont certains en ajoutaient leurs propres teintes précisant ces moments à de grands rapprochements, douceurs et stimulations ont tôt fait d’y ressentir une grande joie et vous en remercie très sincèrement.
Proche d’une situation inconfortable où je m’accrochais, un événement se présentait pour me faire prendre le large pour une semaine et ce, à la suite d’une invitation d’un bon ami. Dans un autre lieu, dans une autre réalité entourée de jeunes adolescents, dans de nouvelles actions découvrant qu’une simple marche avec « Jonas », le chien de la famille, faisaient en sorte de prendre la décision. Je me souviens que je n’avais pas hésité une seconde à sa suggestion et je me souviens aussi qu’à des événements dans le temps, tout en moi se propulsait sans savoir le résultat mais au fin fond, j’en éprouvais déjà une grande joie. Je conviens que désirs sont bien présents et que joie souscrit le pas vers ce qui m’anime à cette couleur qui m’est nécessaire dans un ensemble désirant l’accomplissement. C’est pour moi, l’essentiel.
Aller de l’avant avec ses propres convictions, proximité d’en demeurer ouvre déjà la voie vers celles et ceux qui ont décidés de s’y aventurer et ce avec fermeté. La vie m’a amené vers des groupes qui voulaient faire partie de cette catégorie et étrange, pendant mon séjour, que mon quotidien me dirigeait à susciter mon attention vers ces émissions décrivant, par une biographie, l’essence même, à l’importance de consentir à garder le cap même au péril d’y perdre sa chemise. À ce point, chacun de ces personnages avaient été propulsés qui vis-à-vis un autre, ces actions occupaient de grands risques.
J’en suis à la septième page à ce nouveau manuscrit d’où ce départ durant ce voyage. C’est par un concours de circonstances, que ma plume s’est articulée. Ça toujours été le cas d’ailleurs, les circonstances, où vent dans les voiles, suscitait en moi ce désir d’en parcourir le blanc pour y apposer le noir, me permettant d’y voir ce rapprochement de ma vision.
Une vision personnelle… émotive… offerte à mes meilleurs amis, et à ceux qui trouvent de l’originalité et de la sincérité dans mes récits, à ceux qui ne fuient pas parce qu’ils courent après leur vie dont ils veulent étendre les contours. À ceux qui piétinent ou qui sont perdus, je ne peux rien pour eux. Mes témoignages ne sont pas un guide de survie, ni même une fontaine désaltérante. Je n’ai rien à proposer que mon regard indéterminé, mon bonheur affectif et ma passion de décrire.
Le pas m’est proposé et risques font partie de ma réalité mais bon, on ne fait pas une omelette sans casser des œufs. D’en demeurer convaincu et de sentir en moi que joie m’habite, ceci est et a été ce qui m’a toujours guidé. On a souvent cette impression que l’on perdra et la vie m’a permis de constater après un temps, que j’avais perdu ce que je n’avais plus besoin étant à une autre étape me rapprochant de moi-même.
En visite chez un bon ami la semaine dernière, qui de temps à autre, s’offrir une pause à nos habitudes où l’écran en compose de notre réalité quotidienne, sa façon d’être suscitait en moi la question à son faciale différent non loin du rayonnement. Celui-ci avait trouvé un site lui permettant l’échange dont plusieurs messages avaient modifié son quotidien éprouvant ce vide à l’isolement. Beau à voir, échanges le conviaient à s’ouvrir davantage pour constater que même si son travail le stimulait, une autre avenue agrémentait une nouvelle action d’en être en communication auprès de cette inconnue. Tout avait débuté par une curiosité pour au moment où je le voyais, continuité devenait apparenté à un rapprochement suscitant une proximité en arrivée.
Content pour lui et heureux de constater qu’alternative à ce désir de vivre ce côté proche de l’autre, ce fait ouvrait en moi le geste malgré une certaine appréhension qui, dans un temps passé, illusion m’avait ramené à demeurer déconnecté pour mieux vivre ma propre connexion.
Passant par un dédale de particularités propre à ma personne, description convoitait avec détermination d’en être à ma propre proximité suscitant l’importance que le beau et le moins beau, faisaient parties de mes couleurs. À ces réseaux, beaucoup en sont à la carrosserie et en vivront bien des surprises. Heureusement, millage fait partie de mon odomètre et falsification est hors de question.
La suite, je vous le donne en mille… Rencontre outre mer non loin d’un échange proche à une période de ma vie qui m’avait fait faire ce bond dans l’inconnu et à cette autre dont, ce rapprochement à ce temps, temps à mon quotidien de maintenant. À cette dernière, échanges me transportant ou plutôt me faisant découvrir une plume d’une intensité telle, que novice je m’y suis senti sans pour autant me dévaloriser car chacune et chacun, a en lui, sa propre couleur.
On aura beau en dire de ces réseaux que temps à un dénouement à un présent, évoque en moi un ingrédient. Proximité à ce qui m’habite, ne comporte pas de risques car je suis et désire y demeurer. Je dis merci à la vie, car elle a su par l’expression de cet ami, me faire connaître qui sait, une amie à en devenir et qu’importent les événements, bien des présents m’ont permis de savourer de par la lecture de ce qui l’anime, sa propre couleur.
Je ne sais pas pour vous, mais pour moi la vie me réserve des fois des leçons d’humilités et je dois bien l’avouer, proximité me fait défaut ouvrant ce passage à ce côté bousculant et non accessible abusant un siège éphémère d’un auteur, s’y croyant.
L’auteur demeure à la proximité infiltrant bien des couches pour nous arriver comme ça, à l’improviste sans pour autant y faire de bruits. Vous l’aurez possiblement entendu à ce silence inspirant en vous, de changer de pouffe (siège) pour justement convenir qu’hauteur, il l’est.
À ce dernier, inspiration se produit tout naturellement mais parfois, un guide nous arrive et ce, venu de nulle part mais se présente. Gestes s’en suies sans savoir pourquoi et bon, il doit y avoir une raison mais quoi… ? Concours de circonstances mais notre vie est faite de ce genre de séquences et heureusement, j’ai écouté. C’est quand même spécial d’avoir affirmé à une personne que critiques face à mes écrits, celles-ci pouvaient me permettre d’apporter une touche particulière ou de ne pas tenir compte d’un commentaire croyant à une banalité sans grande importance de là, vous savez, cet air hautain d’auteur en hauteur.
Bien voilà, on me prêtait un commentaire sur l’un de mes ouvrages et patience à cette personne m’expliquant un ardu à la compréhension d’un sens à son contenu. Bref, pensées allaient plus vite que mes doigts à ce clavier, propos m’étaient partagés par cette personne bien intentionnée. Dans un certain sens, je me disais que chacun avait des préférences littéraires bien définies et qu’en imiter ces autres à leurs façons d’y décrire le dénouement pour en respecter un similaire, personnellement cette idée enrayait des changements. Par contre, je décidais de prendre le siège du lecteur qui tout bonnement, en emprunte ce livre laissé sur une tablette.
Et oui, cette critique venait d’une personne s’étant intéressée à aller voir ce contenu et qui pouvait après trois reprises à un même paragraphe, laissé ce livre au même endroit. Changements se sont enchaînés apportant ce fluide tout en demeurant ce lecteur et de temps à autre, en demeurer ouvert à se voir critiquer.
Y a de ces événements qui cimentent une direction à continuer de l’avant et ce, suite à ce qui suscitait en moi le geste sans savoir son résultat. À cette mention dont je faisais l’éloge à ce risque d’en perdre sa chemise par un geste fait de proximité à mes propres convictions et bien, c’est ce que je convenais de faire par l’envoi d’une lettre à cet éditeur spécifiant une objection face à une clause du contrat.
Il est vrai que le monde de l’édition m’est inconnu et de me permettre cette opportunité à communiquer mon désaccord sachant fort bien que mon geste pouvait rompre une possibilité, inconnue à la résultante ne m’indisposait guère concevant que le respect à mes propres directions avaient beaucoup plus d’importances.
La suite et bien, je suis à même de vous en donner le résultat car la semaine dernière je recevais par courrier prioritaire, un envoi de cet éditeur pour constater que la modification avait été apportée face à ma demande de là, ce bénéfice d’être près de mes conviction et d’agir en ce sens. À cet événement, j’estime qu’il n’est pas nécessaire de connaître tout, par contre il est prioritaire d’agir selon ce qui nous habite. À ce contrat, je m’y suis investi davantage et à ce jour, négociations se veulent maintenant à une conclusion d’un partenariat durable car certains petits points sont à être précisés avant de procéder.
Oser être, encore une fois la circonstance me propose à voir autrement et ce, sans savoir le résultat ou plutôt le nom de l’éditeur soutenant son auteur. Un élément me rapproche de celui-ci car la vie m’invite à demeurer à l’écoute de ma propre proximité.
À cette nouvelle lancée d’idées face à un manuscrit déjà entreprit, une autre me parvenait allant tâter une direction m’entraînant sans le savoir au gré de ce qui me venait, lors de son introduction. J’avais cette impression, ce sentiment que l’on me dirigeait pour aller plus profondément vers mes propres fondations. À toutes histoires qui avaient parcouru l’imaginaire où fiction d’événements à l’éveil, cette nouvelle me dirigeait à m’investir dans différents véhicules de recherches et ce, en quête des causes à ma culture. D’ailleurs, l’histoire projette le personnage principal à s’en prévaloir. À venir jusqu’à ce jour, je n’avais eu ce besoin de connaître mes origines à ce point. Faut dire que cette nouvelle histoire ouvrait le chemin, se prêtant à ce savoir d’une cause.
Faisant partie d’un peuple pour qui québécois signifiera le lieu de ma contrée, insistance à ce pourquoi de mes origines d’où de grandes convictions, je plongeais à corps décidé, ce retour dans l’histoire à son début dont la découverte d’une nouvelle terre ouvrant l’espoir de cette Nouvelle France. Est-ce que cette voie à l’écriture m’arrivait pour susciter en moi, la découverte ? Tirez-en vous-même votre interprétation…
Parcourant dates et circonstances qui pourtant, comme tout le monde, j’avais été à bien des cours d’histoire lors de mes études, je prenais conscience que la cause à l’intérêt de connaître justement nos origines se voulaient d’une grande importance saisissant qu’à notre temps, nous étions à ses effets. Combien disent que le meilleur temps est d’une période passée car celles et ceux qui en témoignent, vivent notre temps. À certaines et certains rencontrés dans ma réalité, beaucoup me partageaient l’incompréhension face aux valeurs humaines troquées à l’indifférence au profit du pouvoir et de la possession.
Aussi drôle que ça puisse paraître, je fais partie d’une organisation qui rend hommage à celles et ceux qui se racontent à ces temps d’hier, à ce quotidien d’un temps où émotions, sentiments, personnages, échanges et entraide passent en priorité à se souvenir donnant plus de saveur et de couleur aux contours d’événements historiques. Le personnage principal à cette histoire, est justement à cette occupation d’activité professionnelle. Où cela le conduira…
C'est à venir !
Tout porte le personnage à faire une rencontre que je pourrais qualifier d’extraordinaire dans un lieu qui aujourd’hui, peu existe encore soit un phare. Pour ma part, trop de souvenirs se sont effacés de nos paysages enterrant de surcroît l’histoire de ceux qui ont maintenu la lumière par temps foncé et tempête. Peut-être que la vie me dirige vers celles et ceux qui encore aujourd’hui, les souvenirs, ils me les témoignent et à d’autres, ils s’appliquent à nous les laisser par écrit. Si vous prenez le temps de faire la jasette avec celles et ceux que l’on dit vieux, vous serez surpris de constater que nous le sommes avant notre temps, car on court encore après.
Depuis le début de ce récit suscitant la proximité, celle-ci m’a amené dans un tout petit village pour aller voir mes propres racines. Partir vers un autre lieu, peut faire en sorte d’éprouver une forme de déracinement mais en est-elle vraiment ? Personnellement, j’estime que les habites seront issues d’une nouvelle terre, terre inconnue.
Dans la plupart de mes ouvrages, changement de directions provoque le personnage principal à un déracinement complet qui par la suite, trouve le pourquoi à sa raison d’être d’où une telle proximité découlant à un idéal sans frontière. À ce dernier mot, limite n’existe pas étant donné que l’événement se présente et dans un autre sens, si nous demeurons dans nos enracinements d’une ancienne terre, limites nous limiteront.
Je reviens à ma réalité de maintenant. Je suis ce personnage qui s’est déraciné volontairement tout en faisant confiance à la vie pour m’apporter ce lieu à l’idéal. Dans le cours de mes activités, un événement est en route pour un lancement de livre. Ce livre est issu d’une personne avec qui, j’ai eu le bonheur d’être non loin et ce, lors d’occasions spéciales. Plusieurs s’étonnaient dans son entourage lors de la nouvelle à ce côté littéraire d’autant plus son âge très avancé de là, l’importance que le nombre d’anniversaires n’empêche pas au contraire.
Dans ce village, tout est possible pour innover la façon d’être. Imaginez une mise en scène théâtrale, improvisant une rencontre entre cinq personnes discutant justement de l’œuvre de ce monsieur pour l’introduire et que celui-ci soit prit en charge par un journaliste venu de la ville pour en savoir un peu plus. Ce rôle de journaliste est justement la personne qui a aidé l’auteur dans le contenu. Que dire lors de l’organisation où une personne m’arrivait m’affirmant qu’elle avait composé une chanson sur notre auteur. Justement hier nous avions une pratique et à ce groupe d’improvisateur, les arrêter ne fut pas une tâche facile. La moyenne d’âge se situe à 70 ans. Sincèrement, je fais partie de ces privilégiés qui sont en contact avec ces gens de vécu et qui osent se produire devant un auditoire, tout en restant eux-mêmes.
Oui, je me suis déraciné sans savoir ce pourquoi à ma raison d’être en ce lieu et aujourd’hui, je peux vous affirmer que proximité m’a fait faire un énorme bond en avant sans pour autant, en savoir à l’avance.
Par contre la vie nous amène cette longueur d’avance car, à cette soirée de lancement étant organisateur, mon côté perfectionniste me rendait dans tous mes états le jour précédent l’événement. Même si tout avait été fait au quart de tour dans sa préparation, les imprévus m’insécurisaient. Lesquels, me direz-vous ? Je les inventais de là cette grande importance de ne pas en savoir trop à l’avance. Bien des gens de mon entourage me signifiaient ce côté tendu. Pourquoi choisir un tel état de tension ? Je m’apercevais que je voulais prendre le contrôle des événements à venir et ce, lors d’un moment de réflexion à la toute fin de ma journée. À mon coucher, j’abdiquais au déroulement à venir et qu’adviennent les événements, je garderais mon calme croyant au mieux du lendemain tout en suivant le cours du temps. À ce mot dont je fait l’éloge depuis son début, proximité à se voir aller est aussi important que de garder contact avec ce qui nous anime. La proximité ne se compose pas avec la division ou le contrôle de ce qui appartient à ce qui est à venir mais bon, c’est en le vivant que l’on peut en tirer nos propres leçons.
Le lendemain à mon réveil, je posais un geste différent par une activité physique en allant prendre une grande marche. Même avec bien des choses à faire avant le début de l’activité, un grand calme m’habitait. Dans le cours de ma journée, toutes assistances m’arrivaient comme par magie et à un problème où panique aurait été ma réaction, j’acceptais la situation pour voir un peu plus tard, tout s’arranger sans aucune intervention de ma part. On dit souvent qu’il y a un temps pour tout mais voilà, nous n’avons aucun contrôle à ce qui est hors de notre portée. Aussi spécial que cela puisse paraître, j’avais tout complété en peu de temps pour me laisser bien des moments avant le début de la soirée. Cette soirée fut à l’image de la journée, teintée de succès. La pensée qui m’était venue se référait à la gratitude de toute l’équipe, témoignant une grande proximité rendant hommage à un homme dégageant humilité et simplicité.
En ce jour, je crois utile de vous faire part que proximité s’est développé à partir d’un temps où la réflexion me demandait un arrêt, m’arrêter. Cette action fait partie maintenant d’une habitude.
Au tout début de ce texte que vous parcourez actuellement, je vous ai mentionné que depuis l’année 2004, bien des changements s’étaient orchestrés dans le cours des événements. J’estime important de vous partager les prémisses à cette nouveauté qui encore aujourd’hui, sont présentes étant donné qu’elles font parties de mon cheminement. C’est pour moi, un cadeau à me faire et qui sait, peut-être qu’il en sera un pour vous aussi ?
Je profite donc de ce site, pour en faire l’éloge…
Pour permettre à celles et ceux qui ont la tâche de gérer ce réseau, le contenu de mon récit, se transférera graduellement.
Lâchez les amarres… pour l’aventure.
MOT DE L'AUTEUR
En aucun temps lors de l’écriture de ce récit, je n’ai pensé que son contenu me ferait vivre autant de changements dans ma propre vie. Un décor très différent, de nouvelles habitudes de vie et un environnement où seul avec le présent, en moi-même les réponses me venaient. Certains jours me rendaient heureux de ma décision alors que d’autres, ce que j’avais laissé me remplissait de doutes.
Nous sommes tous différents d’où notre propre raison d’être et vient des événements où la destination peut être différente en apparence sauf qu’elle est souvent ainsi pour nous indiquer notre propre place.
Dans ma vie, j’ai toujours été ce gars un peu retiré, observant sans pour autant m’imposer. Ce que je retiens depuis le début de mon aventure qui a débuté dès ma naissance, vient des moments où nos besoins changent et l’estime de soi devient la motivation de chaque choix. Je me suis aperçu que tout ce que mon existence m’avait montré jusqu’ici, se devait, m’amenant graduellement à ce bonheur d’être, m’appréciant comme j’étais.
Ce qui est bien réel en moi, c’est de rester en contact avec ce qui m’habite tout en restant éveillé à tous événements favorables m’incitant à passer à l’action. Le passé est souvent garant de l’avenir comme dit si bien l’adage. Maintenant, peut-on vivre autre chose?
INTRODUCTION RÉCIT
Lorsqu’il a passé les rapides, j’ai eu peur de le perdre car plus il avançait, plus cette crainte m’envahissait.
Ce périple m’apportait par moment, le bonheur de le voir passer les obstacles en douceur, et tout en l’observant poursuivre son chemin, j’appréhendais les embûches qui se dressaient devant lui. Déjà je me demandais comment ferait-il pour les éviter. Je ne pouvais rien y faire et mon impuissance face à sa direction suscitait en moi une incertitude.
À plusieurs reprises dans ma vie, je m’étais arrêté pour faire le point sur ma propre direction ainsi que le pourquoi de mon existence. Comme le besoin s’en faisait sentir de nouveau, un séjour de deux semaines en pleine nature devenait nécessaire pour retrouver le calme disparu. En prenant une marche près de la rivière, une idée me traversa l’esprit.
Sans savoir ce qui pourrait en résulter, je sentais la nécessité de passer à l’action pour façonner un petit bateau à partir d’un simple morceau de bois et cela sans raison apparente. Cette idée me procurait déjà de la joie et du plaisir.
Sans résister je me suis laissé aller. Avec le silence de cette nature paisible, cette aventure m’apporta ce que je recherchais… une direction.
À la suite de cette expérience, une personne me proposa de l’écrire pour en faire profiter à d’autres et j’ai trouvé l’idée fantastique d’autant plus qu’écrire ce récit devenait pour moi une autre aventure.
Celui-ci vous révèlera peut-être la direction qui vous fera passer à l’action pour l’aventure. L’important est de prendre le temps…votre temps!
Un décor nécessaire
En juillet 2003, je décide de faire un retour à la nature dans un endroit qui m’avait permis de faire relâche du quotidien de plus en plus envahissant. À ce moment, je sentais qu’un changement s’amorçait. Déjà la crainte semait le désordre et l’inquiétude face à l’inconnu. Malgré un environnement sain, ma façon d’être se résumait à faire des choses pour combler un vide que je ne pouvais identifier. Même en action, ce vide persistait et je n’arrivais pas à m’en détacher. Malgré une situation financière difficile, le besoin de me retrouver face à moi-même, m’incitait à passer à l’action dans ce sens. Cette idée me réconforta et me permit de savourer un sentiment de légèreté, éloignant ainsi une sensation de lourdeur.
En début d’été, je m’étais mis à l’écriture car celle-ci me permettait de me libérer tout en m’aperçevant peu à peu que j’avais une tendance à l’isolement et à l’indifférence. Je constatais ainsi que le cheminement que j’avais commencé depuis quelques années, était parsemé de périodes où l’affirmation me faisait défaut et cela, par habitude.
Pourtant mon passé m’avait appris que me fondre sans trop de turbulence ne m’apportait rien de bon; laissant le doute prendre la place à l’estime de moi-même. En jetant par écrit ce qui m’envahissait, l’action devenait nécessaire pour reconquérir le mieux-être. Ainsi je décidai d’aller m’écouter dans un lieu où le calme et la paix me donneraient peut-être le courage de m’engager. À mon arrivée, le soleil marié au paysage, faisait en sorte de m’apaiser, tout en me sentant à mon aise. Avant mon départ, je prévoyais n’y passer qu’une semaine tout en ayant en tête une idée : faire le vide du quotidien où souvent je me sentais obligé de… faire…pour être. Ce que je découvrais, même aujourd’hui, c’est que je mettais beaucoup d’importance sur le paraître et que mon attitude trahissait ce que je voulais démontrer.
Cet endroit mettait beaucoup l’accent sur le laisser aller en douceur. Seul le silence habitait le quotidien, tapissant ainsi chaque moment de la journée, à l’écoute d’une nature apaisante, là où la parole n’avait pas sa place.
Comme l’écriture devenait l’outil idéal pour calmer « l’embrouille » qui m’habitait, le calme s’installa sans trop de difficulté. Je constatai qu’un besoin personnel devenait persistant : la tranquillité. À maintes reprises dans ma vie, j’avais essayé de rendre celle-ci plus facile à ceux qui m’entouraient et je découvrais que ma façon d’être avait comme condition…l’attente. Plus j’adoptais ce rôle, plus je m’étouffais en m’ignorant. Mon comportement pouvait laisser présager des signes de ruptures momentanées découlant à une tempête dans un verre d’eau.
En milieu de semaine, alors que je prenais le temps de parcourir différents chemins, je me rendis au bord de la rivière. Le soleil était au rendez-vous. Devant moi des roches se dressaient comme un barrage au courant. Celui-ci suscitait en moi l’excitation de m’y aventurer. Rendu au milieu, je me suis assis savourant ce qu’un simple geste me permettait de vivre… l’authenticité. Ce merveilleux sentiment me permettait d’apprécier le bruit de l’eau glissant entre les roches, lui laissant le passage. Une libellule vint se poser sur une roche voisine. Ses ailes étaient noires et je distinguais un point blanc situé à l’extrémité supérieure. Elle les ouvrait et les refermait tout en douceur comme si elle voulait me les montrer. La joie de voir un tel spectacle si près de moi me fit sourire. Le temps avait fait relâche à ce moment, étant séduit par sa beauté et sa grâce. Elle reprit son envol pour se diriger vers ma direction. Elle fit un tour complet tout autour de moi et se posa sur mon bras. Je me sentais privilégié de vivre ce moment fait de calme et de paix. Je m’éveillais peu à peu au plaisir qu’apporte chaque moment et cela, sans attente d’aucune sorte.
Au retour, je passai devant un abri de bois cordés. Une idée me traversa alors l’esprit comme un vent du large… Faire un petit « bato » dans un bout de bois avec un canif que j’avais dans mes bagages…
Oser le moment
Lorsque j’ai trouvé le morceau de bois, je l’imaginais déjà…
Je disposais d’un outil à multiples fonctions. L’une d’elles me permettait de le sculpter pour lui donner une certaine forme. Je commençai par la coque. À ce moment, je sentis le plaisir de le travailler et j’y pris goût sans effort. Le temps n’existait plus. J’étais assis confortablement et plus mon attention s’amplifiait, plus je sentais en moi la joie augmenter… quel sentiment merveilleux. Malgré les gens qui passaient près de moi, je restais concentré à ce petit bout de bois qui me rendait tellement heureux. Par ce qu’il me procurait, je le dégageais sans le savoir. À ce moment, je m’appréciais, car j’étais. Je décidai de mettre de côté ce petit bato imaginaire pour regarder autour de moi.
Le soleil avait baissé légèrement puisque l’ombre s’installait peu à peu. Bien assis en savourant le bruit de la rivière et les oiseaux, je vis venir une marmotte se faufiler à dix pieds de mon chalet, pour y savourer quelques feuilles fraîches. Elle se régalait et à tout moment, elle se relevait pour surveiller en cas de danger imminent. En la regardant faire, je me rendais compte que j’avais le même réflexe.
À maintes reprises dans mon quotidien, je surveillais la réaction des autres autour de moi et comme la marmotte, cela m’insécurisait. Sa visite me permit de prendre conscience d’un fait façonnant une partie importante de ma vie jusqu’ici. Je constatais que m’apprivoiser comme j’étais, m’apportait déjà. L’imagination d’un petit bato, tout en me le permettant, faisait en sorte d’accueillir le laisser-aller et la joie d’être en toute simplicité.
Le lendemain matin, j’ai repris ce plaisir où je l’avais laissé. Je l’imaginais déjà voguer sur la rivière sinueuse. La rivière avait un débit d’eau constant. Le courant y était modéré dû à ses multiples courbes très larges, laissant s’élever une végétation très abondante de chaque côté. Dans la journée en marchant, j’avais remarqué une petite plage. Celle-ci pourrait devenir le point de départ de ce que j’avais entrepris.
Connaissant le chemin de la rivière, il y avait des obstacles majeurs à mes yeux : les rapides et plusieurs virages prononcés étaient précurseurs de difficultés. Le rétrécissement du chemin accompagné de grosses roches où l’emprise pouvait être possible, s’ajoutait à ma crainte. L’inquiétude fit son entrée, et l’incertitude me gagnait car les embûches avaient plus d’importance que le simple plaisir de voir flotter ce petit bato.
Déjà à cet endroit, l’eau prenait une autre vitesse. Le fond devenant de plus en plus perceptible, sa poussée serait augmenté. Pour ajouter à sa puissance, un rétrécissement du chemin de la rivière provoquait, un bruit de friction de l’eau entre les petits cailloux transportés, laissant place au silence d’un courant sans embûche à quelques pas.
Un peu plus loin, le courant de l’eau donnait l’impression que rien ne pouvait l’arrêter. Le sillon du courant traçait le chemin vers une nature grandiose et féerique. À cet endroit, ce petit bato appartiendrait désormais à un moment passé mais ceci appartenait au futur que je me disais. Malgré tout, un pincement au cœur subsistait.
Par ce pincement, je découvrais que souvent dans ma vie, je mettais beaucoup d’importance sur un futur qui m’apportait de l’inquiétude et que ceci empoisonnait ma qualité de vie du moment.
En revenant à mon chalet je me disais :
« Pourquoi sculpter un petit bato lorsque je sais d’avance que je le perdrai au bout du chemin? »
Ceci me perturbait et la joie faisait maintenant place au désordre.
Arrivé à mon chalet, je me prépare un petit repas tout en essayant de me détendre en douceur. = Une petite voix me traversa l’esprit pendant que je mangeais… « Comment te sens-tu actuellement? »
Je me sentais bien et c’est tout ce qui comptait…
« Pourquoi alors es-tu bien quand tu sais qu’au bout de ton chemin…tu ne seras plus? »
Parce que je ne sais pas quand!…
« Bien voilà! »
« Qu’est-ce que ce petit bateau t’a procuré jusqu’ici? » Du plaisir que je me dis…
« Donc, ce que tu en feras dans le futur, sera un choix… n’est-ce pas? »
« Ce qui compte, c’est maintenant. N’oublie pas ce que tu as entrepris… faire un petit bato ! »
Je m’apaisai aussitôt et je repris mon bout de bois qui commençait à prendre forme. =Le plaisir s’installa à nouveau ainsi que le calme.
Je le voyais solide et le bois qui avait subi l’humidité du temps, j’y découvrais une force nouvelle, en l’enlevant. Le bois se transformait comme mon état d’être d’autant plus que la joie avait pris le relais au temps.
À travers mes nombreuses marches, je visualisais ce petit bato prendre son chemin sur une eau calme, emportant en son temps, l’essentiel d’une nature paisible et accueillante, propice à ma qualité de vie.
Ce petit bato était maintenant assez fort pour prendre sa voie avec confiance. Le désir s’amplifiait vers le laisser-aller. Sa place était sur l’eau maintenant, alors qu’hier son utilité avait peut-être été d’abriter un insecte. Donc j’avais le choix entre le plaisir et la satisfaction de l’aventure ou éviter de le perdre en le gardant en ma possession. La joie de le voir flotter m’excitait et c’est tout ce qui comptait à ce moment. Ce plaisir avait plus d’importance que le reste.
La journée avait été ensoleillée et chaude. En après-midi j’étais bien assis sur une chaise de bois, près de la porte, à l’entrée de mon chalet. J’appréciais ce qui m’entourait avec calme. Je sentais en moi une paix et le bien-être m’illuminer. Plus tôt je m’étais assis près de la rivière où l’herbe était dense. Le gazon y était à profusion et les brindilles très tassées les unes contre les autres. Je me mis à regarder de plus près en quittant la chaise pour voir ce qui s’y passait, après avoir suivi des yeux une fourmi parcourant son chemin à travers une forêt vierge en apparence, qui à mes yeux, était du gazon de mes six pieds.
Je me suis mis à observer tout doucement l’une d’entre elles tout en m’approchant de plus en plus sans pour autant l’intimider. J’y découvrais un autre monde dans un pouce carré. Tout était en harmonie malgré la difficulté de celle-ci, à mes yeux, parcourant le chemin vers sa destination.
D’une brindille à l’autre, celle-ci semblait chercher le meilleur chemin. Elle empruntait souvent une brindille qui était plus haute et en redescendait pour en parcourir une autre. Par moment, j’avais l’impression qu’elle ne savait pas quel chemin prendre et je sentais en moi la panique. Poursuivant son aventure, je constatai une facilité vers une nouvelle direction. On aurait dit que le parcours devenait familier car je sentais une assurance tant qu’au choix du chemin à emprunter. À ce moment, elle parcourait alors beaucoup de distance et elle disparaissait sous l’épaisse végétation verte. Elle réapparaissait de nouveau toujours vers la même direction. Tout près de moi, il se dressait un petit sapin d’à peine un pied. Cette fourmi semblait s’y diriger et bifurqua pour prendre un autre chemin. Celui-là était encore plus dense avec ces tiges majestueuses bordant la rivière où je sentais une légère brise fraîche. À partir de ce moment, nous nous sommes séparés et je suis resté dans la même position pour regarder le sapin déjà mentionné qui, dominait l’herbe entremêlée. J’essayais de le percevoir de la même grandeur que la fourmi et j’y découvrais un arbre d’une immense hauteur. J’étais ébahi et je me permettais d’apprécier la vie d’un autre point de vue. Cette fourmi m’avait fait découvrir son monde et me remplissait de joie et d’émerveillement. Je me sentais comme un enfant qui découvrait la vie et ses habitants avec beaucoup d’authenticité et d’agrément.
De retour à mon chalet, je me faisais une tisane et je suivais des yeux une autre fourmi transportant un insecte trois fois sa taille. Ce que j’avais vécu au bord de la rivière m’avait fasciné et j’étais encore curieux de voir ce que celle-ci me ferait découvrir.
À huit pieds de mon chalet, une épinette était habitée par une colonie où chacune avait son rôle. Une avait une brindille, une autre transportait un bout de feuille et d’autres encore avec de la nourriture. Je ne pouvais différencier celle qui m’avait conduite jusque là car le tronc de l’arbre s’était transformé en une autoroute où toutes se ressemblaient.
Chacune savait ce qu’elle avait à faire et le but devenait la collectivité. Ce but se résumait à leur raison d’être.
Cette journée de juillet m’avait fait vivre des moments qui se présentaient tout près de moi juste en baissant les yeux, tout en osant prendre le temps d’observer. Cette journée n’était pas terminée car je décidai de mettre le petit bato à l’eau. Je m’y rendrais après le souper.
Au menu, soupe aux légumes, pain grillé accompagné de pommes en morceaux ajoutées de miel. Bien installé à l’intérieur, en mangeant tranquillement tout près d’une fenêtre, regardant le paysage, la marmotte se pointe le nez à nouveau.
Celle-ci semblait en confiance et mangeait avec appétit sans s’interrompre à tout moment pour surveiller. Je l’ai regardé pendant un bon moment en savourant comme elle la nourriture ainsi que le plaisir qu’apporte la tranquillité.
Vers de nouveaux paysages…
J’ai repris le petit bato et l’ai regardé. Je pouvais voir le poste de pilotage à l’arrière ainsi que sa coque devenir de plus en plus effilée vers l’avant. Je distinguais différents tons dans le bois passant du beige ombragé en filaments de brun clair. Des nœuds de chaque coté m’avaient fait travailler davantage compte tenu de l’outil dont je disposais. Je me disais que la forme que j’avais imaginée lui ressemblait. Sa couleur était naturelle et sa solidité faisait maintenant place, à la force du bois cachée, par sa couche d’origine ayant subit les intempéries du temps.
Cette protection lui avait permis de connaître une nouvelle destination ainsi qu’une beauté propre que seule la nature pouvait apporter en regardant et en écoutant. En lui permettant de le laisser aller sur la rivière, ce bout de bois transformé retournerait dans son élément tout en parcourant d’autres aventures dans de nouveaux paysages.
Je pris la direction de la rivière. Je pouvais emprunter différents chemins y menant. Étant décidé et surtout excité, je choisis un chemin qui me permettrait d’atteindre la plage assez rapidement.
En m’y dirigeant, je pouvais apprécier le soleil qui réchauffait la clairière, là où le gazon y poussait avec facilité et où la rivière avait fait son chemin avec le temps. Je sortis du chemin de terre et de sable pour marcher dans cette verdure abondante toujours vers cette plage. Un pont faisait le lien entre les deux rives. De l’autre côté j’avais accès à cette plage où j’avais prévu le départ de ce petit bato, que je tenais toujours dans la main. Je regardai tout autour et me rendais compte à ce moment qu’il y avait un autre endroit très facile d’accès tout près de moi. Je n’avais qu’à faire un pas de plus pour y accéder. Je prenais conscience que le point de départ que j’avais choisi au tout début, s’expliquait face à ma situation. C’est ce que j’y avais vu étant sur l’autre côté de la rivière. En d’autres temps j’aurais maintenu mon idée de départ. Heureusement, ma situation actuelle m’apportait plus de facilités à la mise à l’eau du petit bato et me permettait aussi, de découvrir de la flexibilité en moi.
En m’accroupissant au bord de l’eau tenant toujours à la main ce petit bato, un souvenir me revenait en mémoire. Je me voyais tout jeune jouant à faire flotter des bouts de bois, au bord d’un fleuve. Je les regardais flotter doucement, aboutissant un peu plus loin dans une petite baie où l’eau avait transporté le sable, formant de petit lacs dispersés.
La végétation était à profusion, abritée par d’immenses arbres déployant leurs branches qui avançaient, procurant une fraîcheur ainsi qu’une ombre douce. J’aimais m’y rendre. Je pouvais m’y baigner en toute sécurité, d’autant plus que le sable s’était amassé à l’entrée de cette baie pour former une barrière à l’eau, provenant du fleuve souvent froide. L’eau retenue dans la baie était chaude et agréable.
Dernier appel… pour l’embarquement!
Je dépose très délicatement le petit bato à l’eau où le fond était parsemé de petits cailloux transportés par une petite cascade à la sortie d’un boisé. Les témoins de ce baptême étaient bouleaux et autres essences profitant des rayons du soleil de fin de journée. L’ombre s’installait peu à peu car le terrain faisait place à une montée abrupte, là où de grands sapins s’élevaient à mesure que le soleil poursuivait sa course vers l’ouest, apportant la fraîcheur du soir.
À cet endroit, la rivière prenait un autre élan car à quelques pas, le fond devenait de plus en plus noir. Le petit bato flottait et avançait tout doucement, croisant à l’occasion les habitants qui donnaient l’impression de patiner sur l’eau. De l’endroit où j’étais, je pouvais le voir s’avancer avec le courant paisible et continu.
Déjà de longues tiges vertes situées sur le côté de la rivière obstrueraient ma vision du petit bato car celui-ci s’y dirigeait. « Si seulement il pouvait naviguer au milieu, ça serait plus facile de le voir! »… que je me disais. Ce que je désirais à ce moment devenait impossible parce que je ne contrôlais rien. Tout ce que j’avais à faire était de regarder et laisser aller. À ce moment, je me rendais compte que j’avais une grande tendance à vouloir tout contrôler et que le laisser-aller devenait difficile à réaliser. ... Je me mis à marcher pour le suivre. Chemin faisant, je m’aperçus que j’allais trop vite, le dépassant sans le savoir. À un moment, je m’arrêtai car je ne le voyais plus. J’étais trop loin; il était derrière moi. Je me rendais compte que j’allais trop vite même si pour moi, mes pas étaient modérés. Je fis donc marche arrière n’ayant plus le petit bato en vue. J’allais plus vite que le courant alors que lui, se laissait entraîner en douceur.
Je ne le voyais plus et je le cherchais. Il s’était arrêté non loin du bord où la végétation marine obstruait son chemin, d’où l’explication de sa perte de vue momentanée. À ce moment, je sentais l’obligation de le libérer de ce qui le retenait.
En l’aidant, la poussée fût trop forte et il se retourna, émergeant le poste de pilotage. Il reprit malgré tout, son chemin, laissant le courant le diriger à nouveau. En le regardant aller, je découvrais que même à l’envers il arrivait à naviguer. Je découvrais que j’avais aussi cette tendance à pousser pour aller plus vite, au lieu de suivre le courant de ma vie. Cela faisait en sorte que je devais m’arrêter pour faire le point.
...
Aussi je me mis à gamberger. Mon plaisir s'étendait de lui-même sur un autre projet. Cet autre bateau à ma dimension que je construisais de mes mains et de mon imagination n'était pas encore un symbole. Il n'avait aucune fonction de départ autre que celle de flotter sur l'eau et de me permettre de m'y tenir assis. Je ne savais pas encore s'il avancerait à l'aide d'une rame ou d'une voile. Je ne savais même pas si je parviendrais à couper du bois et à ajuster les formes particulières qui pour certaines n'auraient pu flotter que dans mon esprit. D'un coup, je me suis concentré sur la construction afin de ne pas être déçu au final, et en partie aussi sur le plaisir de construire. Me regarder agir, façonner la matière est un souvenir tellement agréable. J'en souris encore. Pro...fon...dé...ment.
Comment aurais-je su qu'il symboliserait tout un pan de ma vie à venir comme mon aptitude à l'écoute de ce que je suis, mon goût de la création avec un côté inutile et un côté contraire rattachés tous deux par leur aspect indispensable à tel point que ma certitude en l'existence d'un libre arbitre en a pris un coup. Même sans cette liberté potentielle je me sentais pleinement responsable de mes actes, pas en tant que décideur mais en tant qu'acteur. C'était bien moi qui construisais ce bateau. Comment savoir à l'époque qu'il symboliserait mon plaisir du moi dans un collectif festif, cet engagement au quotidien vers ue action réfléchie en perpétuelle réactualisation, ces heures de discussions constructives, ces promenades littéraires sous ces allées ombragées envahies par les cris perçants des corbeaux curieux et des enfants extériorisant leur hyperactivité, ces rares innovations originales, ces apprentissages pértpétuels, ces délires qui ne seront plus expiatoires, ces provocations aux usages, ces cohésiens passagères, ces avancées personnelles, et ces ressentis inoubliables ?
Par le passé, dans les mains qui se serrent comme dans les sourires complices, j’avais enfoui des moments de bonheur qui, à l’époque, ne me paraissaient pas tels. Bien d’autres instants s’étaient accrochés à ma mémoire et ne ressurgissaient qu’à ce moment-là où, seul, je cherchais à mieux communiquer pour mieux communier de façon athée. Mon regard intérieur portait sur des gestes et des non-gestes qui semblaient enfin jaillir du brouillard épais de mon ancienne indifférence à certaines de mes propres perceptions. J’en avais déjà tant qui resplendissaient dans des animations intérieures que j’aurais pu passer le reste de ma vie à l’écoute de mes sens et à en prendre soin en les revivant. Cela dura une journée entière.
Lorsque la nuit me rappela au monde extérieur, la faim au ventre, je me suis mis à courir comme un fou vers la cabane, laissant éclater ma joie dans des cris puissants et perçants. Ce repas fut l’un des meilleurs de ceux que je n’ai pas pu partager. Qu’avais-je besoin d’autres ? À cet instant prolongé, j’étais comblé.
Au réveil, l’envie de communiquer reprit le dessus, et l’écriture revint avec la conviction de son ressenti. Plusieurs jours passèrent ainsi auréolés de balades le long de la rivière, les pieds nus et l’âme attentive.
Il me fallut alors retrouver des amis qui comprendraient, et donc savoureraient, cette nouvelle façon d’être avec eux. Cette écoute de la proximité, parfois jouissive, parfois tranquille et délicate comme le rougissement d’une groseille.
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Auteurs: Dplumes, Desman
Catégorie(s): Récit | Dplumes | Desman
