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Poumons calcinés

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Mon trouble perdurait ! Loin des yeux, proche du foie ! Il puait la vinasse ce clown. Sacré spécimen ! Il s’agissait forcément d’un cracheur de feu avec de tels poumons calcinés. Je poursuivais mon circuit touristique assis à bord d’un autobus à impériale. Le vendeur de glaces parlait trop vite dans un anglais mirobolant. C’est ainsi que j’ai contracté la plus grosse dette de toute ma vie passée. Oh, pas de soucis, il me présenta des formulaires à compléter avec précision, et sa femme qui le suivait partout par jalousie possessive. À cause de lui, j’ai loupé le survol des gorges du clown ainsi que la montée en ascenseur dans la tour de contrôle. Frustré, je dus descendre en marche et attendre à la gare provisoire. Je suis alors allé à l’accueil pour me signaler. Personne ne te connaissait dans ce lieu aussi stupide qu’insipide. Arriverais-tu à trouver cet oiseau de malheur ? Pas moyen de me faire passer pour un immigré clandestin. Dès que je perdais mes papiers une grosse alarme se déclenchait en allumant mille guirlandes de Noël. Il allait bientôt neiger et tu n’étais toujours pas là ! Comment sortir de ce clown irrespectueux de ma liberté de mouvement ?

En deux temps trois mouvements, emballé c'est pesé, je l'ai largué. Fini, le clown ! Bon vent ! J'en n'avais rien à faire que le poisson climatiseur veuille transférer ses références sous la tonnelle. A tous les coups je préférais le petit vin blanc. Avec un goût de pierre à fusil. Ils n'étaient pas venus depuis longtemps, ces nuages rêveurs, mais ils contenaient suffisamment de métamorphoses pour nous éplucher. Mais l'autre, vous l'avez vu ? Qu'est-ce qu'il trimballe encore ? Je vois mal d'ici, on dirait un cheval à bascule... Bon, c'est pas un problème, il y a bien assez de place ici. En fait, vous avez remarqué ? Plus on y met de trucs (notamment des trucs verts et dorés, genre crabes), plus il y a de place pour en mettre. Au niveau musical, c'est parfois un peu bruyant, mais il faut savoir ce qu'on veut. Et nous c'est ça qu'on veut, la montée en ascenseur dans les pâturages, les escarpolettes et les chaudrons. Viens par ici, tu as les cheveux pleins de glissades.

Nos avions, qui dataient du quaternaire, inversaient mes ineptes coiffures. Ils me tiraient afin que je fasse du ski céleste à travers les nuages grisonnants aux barbes fournies comme des romarins enguirlandés de fruits rouges. Hum ! Les délicieuses framboises ! Et ces cerises succulentes ! Hummm ! Et ces fraisiers qui grimpaient jusqu’à sur tes bras et tes épaules perdues dans le brouillard matinal d’une future longue journée printanière. Au troisième rugissement du coq éphémère les jeux étaient faits. Preuve que l’incommensurable nie tout subterfuge. Il était temps d’alpaguer les chaudrons qui paissaient, prudents comme des ignames imberbes. Nous suivions cette transhumance dans notre roulotte poussée par des escargots veloutés et pointus. Nous approchions ! Enfin !

Apaisés, nous nous abreuvions à l’éternelle source jaillissante subliminale. Nos lanternes insalubres niaquaient nos ventres à tour de principe. Pour une fin de soirée, c’était une sacrée fin de soirée. La lune s’était pendue au bout de son fil d’Ariane. Telle un yoyo elle montait et descendait dans d’interminables sarabandes cachées par moment par le grand chêne. Celui à côté des trois pommiers porteurs de trombinoscopes. L’estafette tardait à partir. Elle se métamorphosa en édredon coulissant. (Car cela se passait au Panthéon.) Nous étions là, l’un à côté de l’autre. Qu’aurait-il eu besoin de se dépêcher ? Ta préciosité l’endiguait derrière une haie encastrable. Il ne bougeait pas un poil, même contre le vent. Immobile il se croyait au centre de ton univers. Il s’est trompé de parallèle. Tu étais en face mais injoignable. Il sortit sa camisole de force et y plongea les coudes les premiers. Pas besoin de l’enfermer, il était plus fou dedans que dehors. Nous le guidèrent jusqu’au bord du ciel et il s’envola à la suite de nénuphars dingues. Et nous ? Nous ressemblions, en fait, à des crêpes futuristes.


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auteurs : Fuligineuse, Desman

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