Passage Molière
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Entre un et deux mètres au-dessus des pavés, ombre cassée, une œuvre déborde sur la vie et voit la lumière du passage Molière qui regarde sous les crânes. En ce lieu, la musique ne sert à rien. Même la littérature importe peu. Ce qui importe, c'est ce que disent les écrivains sur la littérature. Néo-allégeance. Extraits provisoires. L'indéfinissable allié à l'innommable appelle à disparaître et laisse croître des verdeurs à l'acidité sucrée, comme une âme en péril.
D'une vantarde gouttière coule des flots de recueils. Vite. Si peu lus et vite oubliés. La densité des instants développe des langues voulues indépendantes qui se croient inaliénables parce qu'elles s'espèrent infranchissables. Sous une chaise pliante, les yeux d'un lecteur sculptent des sens inavouables. Sur les vitres perlées s'échappent des contraintes implicites comme des traducteurs en péril placardés à un pénitencier. Quelques syllabes relèvent le sang des porteurs de soi affublés d'une étoffe Kafka et d'un chandail oublié.
Soirs d'automne. Pierres de théâtres. Les dealers d'opinions vendent la mort du poète. Dans l'ordre du principe aux ongles rouillés, la distorsion de l'inconnu rencontre une postface à la vie. Il est regrettable d'attendre. Pas plus que les textes n'ont de paradis, le bonheur n'est pas fait pour être vécu. Il est regrettable d'attendre. Pourtant la pluie cesse d'obéir. Il est regrettable d'attendre. Pourtant il faut se découvrir, endeuillé jusqu'au cou. La gorge râle. Les mots se vident de leurs sens. Après réflexion, il manque des pièces. Et la plus belle d'entre elles est le regard intransigeant du dramaturge.
- auteur : Desman
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