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De SCDUGSDD, simple caissière dans une grande société de distribution, je suis vite devenue la CC. La chômeuse coqueluche. Grillée ou pas, je n’avais aucune envie de rester caissière. Cela venait peut-être aussi de mon dégoût prononcé de l’argent pour l’argent. J’avais besoin de mieux vivre ma vie. Grâce à l’assemblée je sus que certains échangeaient leurs appartements ou leurs maisons. C’est ce que je fis !... avec une autre femme. Pour quelques temps encore je préférais limiter les contacts trop personnels avec des hommes. Nous ne nous connaissions pas. Nos renseignements se cantonnaient à l’adresse et à un ou deux détails. Cela me convenait. Elle était hôtesse d’accueil. Nous avions convenu de ne prendre que quelques fringues et nos affaires d’hygiène corporelle. Elle devait être plus chargée que moi. Tout ce dont j’avais besoin tenait dans mon petit sac à dos. Oh, ce n’était pas le grand saut. Il n’était pas encore question d’abolition de la propriété privée. Juste un essai de deux mois. Le temps de faire un pas de côté. Il me fallait bien ça pour me décloisonner. Partir d’Angers pour finir à Toulouse. J’étais gagnante ! Du moins en ce qui concerne le climat. Je me demande encore ce qui a bien pu l’attirer plus au nord, cette nana. Peut-être qu’elle en avait marre de se faire suer à Toulouse ?

À pied sur le bord de la route, je m’imaginais un amoureux. Le parfait amoureux qui offre encore des fleurs après une relation de plus de trente ans. Je délirais, quoi ! Cela avait du bon. Je me sentais bien. Sans voiture, comment faire pour aller aussi vite que mon envie de le voir? Me connecter par la pensée. S’aimer à distance c’est plus excitant que l’automobile. Malheureusement pour moi, mes petites jambes étaient encore moins sportives que mon cœur. Je fis donc du stop. Obligée ! Je n’avais pas assimilé tout de suite la signification profonde de ce mot. Faire du Stop ! Faire de l’ « Arrêtons tout » ! Je jubilais ! Comme c’était agréable de commencer à ressentir mes plaisirs devenir de plus en plus subtils et légers. Je fis donc du stop et n’accordais ma confiance qu’aux femmes. Ah, nan, je n’étais pas devenue misandre, j’avais juste l’épiderme tellement sensible que j’étais devenue aussi fragile qu’une porcelaine dans un magasin d’éléphants. Par contre j’avais des convictions que je voulais égrainer avec générosité le long de mon cheminement. Comme ces Indiens d’Amérique du Sud qui mangent des fruits lors de leurs déplacements quotidiens et qui défèquent sur les bords du sentier afin de laisser une chance de se développer au noyau qu’ils ont avalés. Et là mes besoins étaient imposants. Non, pas imposés. À chaque nouvelle gentille automobiliste qui m’ouvrait sa portière droite je peaufinais mes propos. Je les aiguisais. Je les emmaillotais. Je les enrichissais. Non, ce n’était pas de la masturbation intellectuelle. J’écoutais aussi. Beaucoup. Ces différentes femmes avaient fait la moitié du chemin. Elles ressentaient que leur vie valait mieux que ce qu’elles en avaient fait jusqu’alors. Peut-être est-ce que je fus leur déclic, leur grain de sable, leur passe-partout, leur sésame. Peut-être pas. En tout cas, qu’est-ce qu’on a ri. De vraies gamines. Pourtant à l’époque je n’étais déjà plus toute jeune. Pas encore défraîchie, mais ridée. Les pattes d’oies, je trouve ça beau, mais quand je regardais mon cou je regardais derrière moi et chacune des années passées me semblait pauvre. Oui, c’est ça. Pauvre de moi !

Cette espèce de road-movie devenait de plus en plus un road-live. Cette vie était la mienne et je n’avais plus envie d’attendre qu’on me jette mes meilleurs sentiments, mes plus belles sensations à la figure dans des salles obscures ou bien installée confortablement sur mon canapé devant un écran petit ou géant, en stéréo ou en home-vidéo. Je n’avais plus envie de payer ma place aux spectacles de ma vie. Je devenais actrice ; l’actrice principale de ma vie. Plus d’intermédiaire. Plus d’attente. À moi les studios ! En tout cas, mes échanges verbaux fructueux m’auront au moins permis d’assumer mes blondeurs. J’étais loin encore du nu intégral et du naturisme. Mais je m’en approchais à chaque tour de roue. J’étais encore loin de ne m’adonner qu’aux activités strictement nécessaire à mes besoins animaux. Oh, comme j’aurais déjà voulu acquérir de nombreuses nouvelles connaissances. Cela m’aurait convenu, m’aurait plu, m’aurait enthousiasmé. Je n’étais pas encore prête. L’inertie s’imposait malgré ma volonté d’y échapper. J’avais faim ! Pas moyen d’y échapper. Pas de stop fringale ! Pas de pilules miracles ! J’ai demandé à descendre à une aire de repos. Ma meneuse, j’adorais les appeler comme ça ces généreuses automobilistes qui m’ouvrait leur portière droite et leur cœur… ma meneuse voulu venir avec moi. Nous sortîmes de la voiture afin, malgré moi, d'alimenter nos corps et la vertigineuse machine économique. Nous n’allions pas en rester là.


***

Mes entretiens avec les sans-abri étaient fructueux. En quelques jours j’avais noué des contacts solides et surtout instauré une confiance absolument nécessaire au bon déroulement de l’expérience. J’avais trouvé cinq volontaires dont un qui m’avait donné du fil à retordre. Son esprit était si aiguisé que j’avais envisagé comme une défaite l’impossibilité de le convaincre de participer à l'expérience cependant ma motivation avait eu raison de ses réticences. La plupart des gens qui m’accompagnaient désormais étaient relativement jeunes, entre vingt et trente cinq ans. Les plus âgés étaient trop attachés à leurs vies, à leurs milieux. J’étais déçu car certains étaient vraiment exceptionnels. Le goût de l’aventure leur semblait fade, insipide… Qu’importe puisque l’expérience avait pour but, justement, d’exalter les papilles ! Je reviendrai les voir plus tard avec des arguments irréfutables…

Le déménagement fut achevé en quelques jours. J’avais tout vendu au plus vite ce qui me permit de rentrer dans mes frais. Au final l’opération équivalait au troc de mes possessions contre une bâtisse dans La Creuse, le terrain ainsi que la grange et tout ce qu’elle contenait. J’avais eu la chance de trouver le lieu idéal. En effet la grange contenait des trésors : Une vieille 603 Peugeot ainsi qu’une dauphine et une traction avant. Dans un coin reposaient les carcasses de deux side-cars allemands datant du troisième reich. En plus de cela s’entassaient partout des objets hors d’âge tous plus utile les uns que les autres. J’avais convaincu les propriétaires de me vendre le tout, c’était la condition sine qua non pour que je leur achète la maison. Les seules choses que j’achetai en plus furent un panneau solaire de trois mètres sur trois et une pompe à eau électrique. Le coût de ces acquisitions étant financé par ce qu’il me restait de la vente de tous mes biens. Il me restait finalement l’équivalent d’un SMIC en espèce que je conservais précieusement.

L’expérience imposait l’évincement de la notion d’argent, ainsi le fait « d’échanger mon patrimoine » contre un autre était une garantie d’indépendance vis-à-vis du système. En aucun cas l’humanité ne pouvait se passer d’échanges. Ma démarche prenait alors l’allure d’un pied de nez au système capitaliste. Aucun profit, juste l’échange. Point barre.


***

Un autre fait remarquable de la négligence générale à l'égard des surdoués était l'attitude du monde politique face au phénomène. En fait, on peut résumer leur raisonnement à une posture sociologique, selon laquelle l'intelligence était liée à deux facteurs : travail (héritage chrétien) + milieu social (héritage historique et capitaliste). Ainsi, de la même façon qu'un fils de roi était destiné à être roi, un fils de pauvres idiots était destiné à être un pauvre idiot. De nombreuses batailles entre sociologues et psychologues se livrèrent sur le terrain de l'intelligence. Nous savons aujourd'hui que le milieu social est un facteur secondaire du développement de l'intelligence. Il est d'autant plus amusant de constater que, alors même que plusieurs expériences tentant de faire apprendre à des singes le langage des signes avaient donné des résultats extraordinaires, démontrant l'absence de logique héréditaire dans le phénomène de l'intelligence, aucune conclusion n'en fut tirée concernant le développement intellectuel des enfants, au grand bonheur des banques de sperme prêtes à vendre le liquide séminal des prix Nobel au prix de l'or en barre !

Alors même que, de manière très hypocrite, certains politiciens pleuraient la fameuse "fuite des cerveaux" (qui ne cachait, en somme, que les propres fuites du leur...), de l'autre côté, le black-out sur la condition des cerveaux qui restaient en France s'étendait d'année en année. L'orchestration la plus contre-productive restant celle organisée par les médias de masse autours d'émissions pseudo-culturelles permettant à chacun de tester son intelligence, en mélangeant dans un fouilli sans queue ni tête culture générale, maîtrise de la langue, logique, connaissances mathématiques et physiques, le tout dans des conditions de chronométrage insensées ! Et combien de sites Internet proposant pour quelques euros de faux tests de QI !


***

Pendant que Fleur, ma meneuse se refaisait une beauté aux toilettes pour femme de l’aire de repos de l’autoroute A10 entre Niort et Saintes, je remarquais à quel point nous étions conditionnées toutes les deux. C’est alors que j’ai décidé de changer d’identité. Pas officiellement. Par envie. C’est la plus belle des raisons. Cet instant fut un des plus importants de ma vie. J’aurais bien choisi Aleyna s’il ne m’avait pas fait penser aux accords commerciaux américains. Pourquoi pas Ambre ? Trop solaire ! Je préférais Iléana ! Iléana Sanayava ! Je ne sais toujours pas d’où je sortais tous ces a ? Ma meneuse ne comprendrait plus rien. Comme son toilettage la retardait, je continuais à réfléchir sur moi-même. Pas par égoïsme. Par charité bien ordonnée. On m’avait tellement bassinée avec la morale. J’avais du mal à en sortir. Je ne supportais plus le « Je pense donc je suis » et encore moins le «  On me pense donc je suis ». La serveuse que j’observais depuis mon arrivée devait en être à «  On me pense donc j’essuie ». Trop ! Je voyais bien qu’on lui en demandait trop. Et personne pour l’aider. Elle ne cessait de courir. Il fallait que je parle avec elle. Qu’elle puisse exprimer ce qu’elle gardait pour elle-même. Ma meneuse venait de me rejoindre. Nous parlâmes de la serveuse, sprinteuse, endurante, résistante, marathonienne aussi. Et qu’allait elle décrocher ?

Je ne pouvais, ni ne voulais profiter de la situation. Au sein de notre assemblée nous ne faisons pas de prosélytisme. Nous ne détenons pas la vérité. C’est chacun qui la détient. Nous apprenons des autres. C’est essentiel. Nous échangeons nos valeurs, nos informations, nos peines et nos envies. Nous ne cherchons pas à convaincre. Nous vivons en collant au plus près de nos principes. En les mettant en applications. On arrête tout ça veut dire rester tranquille, afin de couper net le système nocif à sa base, mais surtout commencer à respecter nos vies et nos plus belles pensées noyées volontairement dans la cours à l'inutilité. Pensons ! Tout est là. Ça fait mal au début. Notre cerveau quitte son inertie et puise dans ses meilleures ouvertures d'esprit. Alors on peut commencer à se parler et sortir de l'inconscience individuelle et collective. Nous nous nourrissons de l’expérience des autres. Enfin prendre son temps et se lancer, ensemble, dans l'aventure de l'imagination créatrice de nouvelles techniques d’expression corporelles et spirituelles. Arrêter tout et se parler !


***

Nous partîmes un matin, la fleur au fusil, chargés comme des baudets. Direction la Creuse. J’avais réussi à trouver une camionnette auprès d’un ami qui se rendait justement dans le département. Il avait accepté de nous conduire à la maison. Nous prîmes donc place à l’arrière, entassés avec les chiens et le matériel. En effet Lucien et Jérôme possédait chacun un énorme molosse et ils avaient accepté de me suivre à condition que les toutous restent avec eux. Je n’y voyais vraiment aucun inconvénient, au contraire, l’expérience n’en serait que plus éloquente !

Ainsi nous arrivèrent dans l’après-midi sur le terrain. Il fallait trouver un nom pour ce lieu. J’avais proposé Christiania en référence au quartier libre et autogéré de Copenhague. Il serait toujours temps de renommer ce havre par la suite… L’expérience débuta immédiatement. Nous prîmes place dans la maison, et commencèrent à aménager les lieux. Nous nous rendîmes au village et j’achetai chez le fermier plusieurs poules et un coq, deux chèvres et un petit âne. De plus j’achetai des semences, des croquettes pour chiens ainsi que des graines pour les gallinacés. Enfin il me restait tout juste de quoi acheter un sac de 50 kilogrammes de farine, de la levure et du sel ainsi qu’un fusil de chasse avec des cartouches. J’avais bien négocié et surtout j’avais présenté toute notre bande aux habitants clé du village, le fermier et le boulanger. Je repasserai les voir tous les jours pour leur expliquer notre démarche…

Le soir venu nous étions tous dans la salle à manger et une première discussion était nécessaire. Mes amis étaient inquiets, ce que je comprenais sans mal. Nous étions paumés en pleine brousse, sans électricité ni eau courante. Certes leurs vies de sans-abri n’étaient pas faciles m’expliquaient-ils mais à Paris s’ils avaient faim ils trouvaient de la nourriture. Et puis ici il n’y avait pas d’alcool, ni de drogues ! Ils paniquaient, la pièce puait l’angoisse. Calmement j’entrepris de regagner leur confiance. Tout le succès de l’expérience reposait sur la confiance que je réussirai à instaurer entre nous. À l’opposé du système capitaliste où nous n’avons pas à nous soucier de la matérialité de l’argent il fallait ici se soucier de la matérialité des biens. L’individu qui possède un compte en banque, lorsqu’il à besoin d’argent il va à la banque. Il ne demande pas à la banque « SON argent ». Son argent n’existe pas plus que le mien ou le vôtre, il s’agit d’une suite de zéro et de un perdue dans les tréfonds d’un disque dur. L’individu qui « possède » de l’argent à la banque n’est pas inquiet car il sait que la banque dispose de suffisamment de moyen pour lui donner de l’argent là où il veut et quand il le veut. Cependant l’argent n’existe pas en tant que matière. Même un billet finalement n’est que fiduciaire. L’argent fonctionne car les gens ont confiance dans le système. Dès lors que la confiance quitte le navire les rats fuient aussitôt ! Il fallait que je leur donne confiance, que je les rassure. Si nous avions faim il fallait que nous ayons les moyens de nous nourrir. Si nous étions malades il fallaient trouver des remèdes. Si nous avions soif il fallait trouver de l’eau etc.

En fait cela s’appliquait également à moi. Je devais également me rassurer !


Je leur expliquais donc que nous avions largement de quoi manger. Demain, disais-je confiant, nous aurons des œufs frais et du lait de chèvre pour préparer du fromage. J’avais ramené des boîtes de pâtés que j’avais récupérées dans ma cave à Paris. Nous avions du pain pour ce soir et de quoi en préparer pour demain. La maison était équipée nous ne manquions de rien. Bientôt nous irions chasser mais avant nous devons monter le panneau solaire et la pompe à eau. Faire les travaux d’électricité et les tuyauteries. Nous devons retaper la maison. Labourer la partie agricole du terrain et semer avant le 15 pour rester dans les temps. Nous devons réparer les vieilles voitures et les side-cars. J’avais vu un alambic en bon état dans la grange nous devons le faire fonctionner et nous aurons de l’alcool. Et puis le fermier nous aiderait, etc. Pendant des heures j’occupais leurs esprits avec tous ces projets. Ils étaient motivés. Nous nous endormîmes souriants.


***

La serveuse accepta de boire un verre avec Fleur ma meneuse, et moi… après son service. Elle ne savait pas pourquoi. L’instinct de survie de son âme sans doute. Nous fîmes vite connaissance. Elle n’avait jamais entendu parler de l’assemblée. Ma meneuse trouvait utile de lui préciser certains éléments qu’elle avait appris les heures précédentes. Histoire que je rectifie ses propos si elle avait mal compris. Nous restâmes des heures à échanger nos points de vue. Le mari de la serveuse s’impatientait au bout du portable. Elle lui expliqua qu’elle avait retrouvée deux amies de longue date ce qui aurait pu être vrai tant nous étions complices toutes les trois. La conversation était en flux constant. Myriam, la serveuse nous invita chez elle afin de ne plus être dérangée par le bruit des clients. Avec Fleur, nous savions qu’elle était habituée au brouhaha. Lorsque nous arrivâmes chez elle, son mari était, un verre à la main, scotché devant la télé. Une série américaine remplaçait sa femme. Il nous fit à peine signe bonjour, et peine à voir. Il en était encore là. Nous le laissâmes et nous installâmes dans la cuisine. Nous passions du bon temps.

Le moment arriva où il fallut crever l’abcès psychologique qui défigurait l’âme de Myriam. Elle n’attendait que ça. Parler de ses conditions de travail ! Aussitôt, elle accéléra son débit de paroles. « Aller vite sinon : virée !! Et si vous allez vite, la direction se permet de supprimer des postes. Le rythme du travail entraîne le rythme à la maison. Trop, c’est trop ! J’en peux plus. Je prends sur moi, une fois, dix fois. Je suis robotisée. Ça chauffe dans la tête. On s’accroche avec les chefs. On prend sur soi. On est humilié. C’est aussi pour faire peur aux autres. Et certains veulent faire leur place. Alors qu’il suffirait de se contenter de moins. On se déchire entre nous. Les fayots montent plus facilement que ceux qui disent la vérité. C’est à la tête du client. On est devenu du bétail. On s’acharne sur nous ! On souffre ! Un but : dépêche-toi ! Puis : Encore plus vite ! Et mieux ! Et puis quoi ? On n’a même pas le droit de dire qu’on souffre. On n’a pas le droit de parler. Alors dans ma tête je pense à autre chose. Enfin, j’aimerais. Je n’y arrive pas. Je me dis que je n’ai pas le choix. Je dois nourrir mes gosses. »

Nous en revenions encore à ce problème qui nous assaillait depuis des millions d’années. La bouffe ! Se nourrir, se loger, se soigner. Nous en étions encore là ! Et à quel prix ! J’étais encore en train de faire mes classes au sein de notre assemblée. Et j’étais loin d’avoir pensé à tout. Je ne pouvais pas avoir réponse à tout ! Encore moins maintenant que je sais à quel point je ne suis rien sans les autres.








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Auteurs : Desman, Sylvano, Leverbal

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