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Lettres imaginaires

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L’ouverture des barbes laides se répète jusqu’à l’autre versant de la vallée. Les pierres cessent de voler et se posent dans le lit défait du ru pontife. Les hautes aiguilles tricotent des échappatoires aux nuages indifférents. Ce qui reste du soleil s’évapore jusque sous mes aisselles. Déboussolée, la dernière girouette hulule tandis que le thym te ment, me ment, nous ment dans un brouhaha de plus en plus incompréhensible. Chacun parle et veut imposer son choix, mais je vois qu'il ne t’en faut pas tant pour quitter les vieux. Aucun ne te retient, pas même moi. Mais je te suis. J’ai toujours attendu ce jour avec appréhension tout en sachant que, de loin, je te laisserai faire ton petit réseau de chemins.

Cela fait frémir. Cela fait peur. Cela donne des frissons à la hauteur des côtes flottantes. Des îles flottantes aussi. On n'a pas fini de moucher les mouchards et d'empocher les pochards. Tout cela finira mal, souvenez-vous en, on vous l'avait bien dit. Sonnez, sonnez toujours, trompettes de la renommée. On t'a donné un nom, un prénom, puis tu as eu un renom. Crénom ! Nom d'un petit bonhomme ! Tu es capable de voler la carotte qui sert de nez à un bonhomme de neige ! Sans vergogne ! A la consigne il ne reste plus qu'une valise en carton ondulatoire, qui contient le manuscrit d'un roman gothique écrit par une religieuse portugaise.

Avec ses réseaux multifonctions, Jean Nicolas Arthur se prend pour l’hagard du Nord-Est qui passe de câble en câble en poussant son vieux cri de guerre dont nous ne pouvons nous permettre de répéter en ce lieu de sainteté digne des futurs reliquats des rimes opposées, des rimes orthogonales, et des rimes booléennes. Ici, les preux lépreux soignent les animots blessés dans leur signification. Les bras tombent des brancardiers. L’ascenseur échafaude des révolutions cuisant dans le sang sonné croupi des jugulaires de transmission. Personne ne pleure la prime ôtée à tous ces trappeurs qui vendent la peau des animots plutôt que de leur offrir la liberté en des pages immaculées et sans limite ?

Dans mes rêves d’enfant, les animots me mangeaient dans leurs mainmortes comme la lune usée par le vent. Ils vivaient en troupeaux et fredonnaient des chansons écrites grâce à eux. Certains, plus expérimentés, avaient subi une évolution plus prometteuse quant à la jouissance intellectuelle et formaient des tribus voire des villes entières où la rigueur était de mise, où le savoir était leur religion, où le plaisir était secondaire. Pourtant leur culture voyageait dans des tubes dont je ne comprenais pas le fonctionnement. C’était une sorte de toboggan où ils entraient pour ressortir à différents endroits en même temps selon leur bon vouloir. Ils pouvaient aussi y rester cachés et ne plus en sortir. C’est ainsi que je me suis lancé à leur recherche. Dès que mes pensées ont pénétré à l’intérieur de ces tubes, je e me suis plus appartenu aux parois qui m’aspiraient.



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auteurs : Desman, Fuligineuse

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