Pour une écriture collaborative pensez aussi à Wikinouvelles.
Les mensonges bruissent dans la forêt
Respectez les droits d'auteur de ce texte (récupéré sur le site Wikimaginaire).
Éleusis dort dans la ramure. Ne la réveillez pas. Elle a la forme — et le nom — d'une cité. Les sages en toges vertes, les bardes en robes de bure, les druides vêtus de sacs de jute, et enfin les prêtres aux pourpoints de velours s'allongent autour d'elle et s'endorment. Les mensonges bruissent dans la forêt, et, sur le coteau, un pic épeiche a volé sept fois de suite dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Les sages ont brisé le grand sablier, les bardes ont fracassé leurs lyres, les druides ont dévoré le gui, et enfin les prêtres aux pourpoints de velours ont louvoyé sept fois treize secondes avant de se décider à manger leur chapeau. Tout cela dans ton rêve, ma belle éphémère.
- Tandis que les mensonges agitent leurs élytres, je polis mes ongles et mes arguments. Des fragments de rêve traversent encore les quais déserts de mon espace mental, leurs écharpes bleues flottant dans la brise. Il y avait bien un homme dans ce rêve, un homme qui me regardait... étrangement vêtu... mais où était-ce donc ? Peu importe ; si cela me paraît utile, souhaitable, ou simplement plaisant, j'y retournerai à la première occasion. En attendant j'ai beaucoup à faire ; il faut que je range mes simulacres, que je nettoie mes préambules et que je prépare quelques élixirs, je n'en ai plus guère. Sept fois cela s'est produit, à la huitième j'ai changé de ménisque. Le téléphone vibre comme la peau d'un tambour aztèque ; est-il temps de répondre ? Point encore.
Sa présence-absence me perturbe. Elle pense dépenser l’Univers et user l’apanage antique. Les jeunes générations n’ont plus de moelle comme mes contemporains en avaient, en ont, en ont eue. Mettre les poings sur les hanches et se faire Halliday ne suffit plus. Il faut vaincre les douze travaux d’Alcide Héraclès dans la chambre vide 5143. Est-ce là que se situe son côté chamane ? Défie-t-elle réellement les divinités ? Je la ressens fugace, virtuelle, furtive et théoriquement fuligineuse. Les rhododendrons s’effeuillent et les poires pointent avec dextérité. Les marches qui mènent au temple s’embrouillent et me font de subtils crocs-en-jambe. Je me déchausse et plonge dans la foule. Ni vu, ni connu je foule d’autres lieux revendiqués par aucun distributeur automatique de sourires moqueurs, de masques fallacieux et apocryphes. J’escalade ce cauchemardesque promontoire et le brise à jamais avec ma gueule de métèque. De volubiles vobulations me déroutent. Que va-t-il subsister de moi ?
- À l’hôtel des douze Dieux, le cœur mordu, les plaisirs se plient en quatre, les douleurs s’ensablent, le barbare se barbarise, le Gargare se gargarise, la réjouissance vomit avec talent et les lambeaux de mon âme préludent aux baignades interdites. La mer hégémonique hausse les sourcils et scie les colonnes du moindre temple oublié par les Dieux incertains de leurs pouvoirs. À chacun d’eux je fourni un strapontin orange et à l’odeur de figue. Ils se ruent dessus comme les paroles d’un orateur démagogue. Ils avancent sans être purifiés de toutes leurs nuances iconoclastes. La parole prend le pas sur l’homme. Les immortels se confient aux citoyens affamés de revendications bruyantes. Par équipage de dix-huit fanfarons les drachmes couvrent les chariots de paille pendant que le vin se cristallise. Les outres merveilleuses se gonflent et je me rassasie volontiers. Nulle moquerie le long des remparts. J’envoie le héraut infesté les complaisants et le palais royal. À l'ombre des bruits, une fontaine armée l’assaille de part en part. Je contemple ces soldats, je revendique la victoire et me prosterne devant leurs pointes aigues-marines. Il est temps de fuir derrière le rideau de feu.
- À l’hôtel des douze Dieux, le cœur mordu, les plaisirs se plient en quatre, les douleurs s’ensablent, le barbare se barbarise, le Gargare se gargarise, la réjouissance vomit avec talent et les lambeaux de mon âme préludent aux baignades interdites. La mer hégémonique hausse les sourcils et scie les colonnes du moindre temple oublié par les Dieux incertains de leurs pouvoirs. À chacun d’eux je fourni un strapontin orange et à l’odeur de figue. Ils se ruent dessus comme les paroles d’un orateur démagogue. Ils avancent sans être purifiés de toutes leurs nuances iconoclastes. La parole prend le pas sur l’homme. Les immortels se confient aux citoyens affamés de revendications bruyantes. Par équipage de dix-huit fanfarons les drachmes couvrent les chariots de paille pendant que le vin se cristallise. Les outres merveilleuses se gonflent et je me rassasie volontiers. Nulle moquerie le long des remparts. J’envoie le héraut infesté les complaisants et le palais royal. À l'ombre des bruits, une fontaine armée l’assaille de part en part. Je contemple ces soldats, je revendique la victoire et me prosterne devant leurs pointes aigues-marines. Il est temps de fuir derrière le rideau de feu.
Cette création est mise à disposition sous le contrat Creative Commons Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France License.
Auteurs : Desman, Fuligineuse, Guillaume Cingal
