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Les filles de l'orge
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Sous cette appellation se cacherait à la fois une ancienne religion, une ancienne civilisation, une ancienne culture, une ancienne écriture et une ancienne langue qui ont été découvertes en 1943 grâce à Pierre-Antoine Leokadich.
Situés entre Bordes-Bricard et Turcey, au nord-ouest de Dijon, ces vestiges d’une Bourgogne qui ne portait pas encore ce nom datent d’environ – 5.000 avant JC, c’est-à-dire du néolithique. La guerre mondiale et le peu d’éléments trouvés découragèrent Pierre-Antoine Leokadich. L’une de ses meilleures élèves, Karen Rolier, reprit les fouilles du site en 1952, l’année où elle soutint sa thèse pour la première fois sans succès. Elle réitéra son audace durant les cinq années suivantes avec la même conviction et les mêmes effets. Il est à noter que ce ne sont pas ses théories et déductions qui posèrent problèmes (et encore de nos jours), mais l’authentification des objets qu’elle aurait retrouvés et qu’on lui aurait dérobés avant qu’elle ne puisse les montrer à qui que ce soit. Seules subsistent des photos de qualités variées ainsi que des moulages. Nous tenons à signaler que notre but ici n’est pas de reprendre une enquête judiciaire donnée sans suite. À ce jour, aucune des pièces décrites par Karen Rolier et sa collègue et amie, Rose Couturier, n’a été aperçue par d’autres professionnels et aucun collectionneur n’affirme être en leur possession. Néanmoins, les six thèses soutenues par Karen Rolier apportent des éléments précieux, soit à l’histoire en général, soit… à la littérature. Cette dernière possibilité pourrait être créditée par la présence de Karen Rolier parmi les auteurs strapistes les plus doués de sa génération.
Commençons par décrire avec certitude le site archéologique tel qu’il se présente encore de nos jours et que nous nommerons le Pal, selon la dénomination donnée par Pierre-Antoine Leokadich. Entouré d’une forêt qui a repris ses droits depuis des millénaires, le Pal est formé d’un rempart extérieur en forme d’étoile à onze branches. Les travaux sur le terrain et les études en laboratoire ont révélé la présence, dès le Vème millénaire avant notre ère et jusqu'au IVème millénaire avant notre ère, d'une importante occupation humaine. Les vestiges mis au jour montrent que le Pal a connu une succession d'habitats fortifiés. À chacune des deux grandes époques d'occupation reconnues (Néolithique moyen et Néolithique final) correspondent un ouvrage défensif qui semble avoir servi de mur d’habitation. La fosse d’extraction des matériaux a été retrouvée.
Selon Karen Rolier et Rose Couturier, vingt-neuf armes et de nombreux mobiliers témoins de la vie domestique comme des objets d'art en pierre, en os, en corne et des outils ont été identifiés. Malgré les nombreuses fouilles récentes, aucun objet n’a été retrouvé pour confirmer ou infirmer la dernière thèse de Karen Rolier qui représente l’aboutissement de ses spéculations. Dans la suite de notre présentation, nous nous en tiendrons exclusivement à cette dernière thèse, ceci par défaut d’autres argumentaires, en rappelant que ce qui est reproché à Karen Rolier est l’absence de preuves de ce qu’elle affirme. Rappelons aussi que si des éléments viennent confirmer sa théorie, alors nous sommes devant une civilisation évoluée et inattendue.
Dans cette partie très localisée de la forêt du Néolithique, les éleveurs imposèrent leur mode de vie durant un millénaire, puis peu à peu les agriculteurs d’alors s’installèrent, repoussant les éleveurs. Éleveurs qui construisirent un rempart. La petite taille de ces pierres s’imposa à Karen Rolier comme preuve d’une évidence : seules des femmes et des enfants auraient eu la patience d’entasser autant de pierres et auraient choisi ce format. Elle exclut la présence d’hommes en ces lieux de par la taille des armes et l’absence d’objets à usage exclusivement masculin. Cette communauté de femmes et d’enfants avait d’autres talents que militaires et artistiques, ses membres connaissaient les secrets d’une première forme d’écriture. Écriture rudimentaire et symbolique racontant à l'aide de logogrammes de façon primaire et détaillée sa propre histoire ; les talents littéraires de Karen Rolier comblant, d’après elle-même, les lacunes de la seule forme.
En résumé, la communauté des filles de l’orge tuait les enfants mâles (les Lucides) vers treize ou quatorze ans après leur premier accouplement. Seules survivaient les filles (les Translucides) jusqu’à un âge avancé. Ces femmes connaissaient quelques secrets de la fermentation, de l’astronomie et de la divination. Leur religion était purement spéculative.
Le premier symbole de la communauté a été le fromage de chèvre au miel en forme d’anneau d’or. Le second et tardif symbole a été la bière. La communauté des filles de l’orge en confectionnait sans en consommer, ce qui implique un échange avec l’extérieur et qui est peut-être la raison de sa disparition.
De nos jours, quelques communautés féminines et/ou féministes se font aussi appelées les « filles de l’orge » ou « les filles de l’ordre du malt ».
Le site du Pal est pour le moment accessible aux seuls piétons.
- Auteurs : Desman
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