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Les Grands Archivistes

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Sommaire

La fonction

Le Grand Archiviste est plus une fonction qu’un personnage. Il s’agit de coordonner les écrits littéraires et d’aider à la traduction de ces œuvres d’une langue du Kaydrüm dans une autre. Son palais se trouve à Mondoria dans la province d’Oliandre.


Dastryg Psostrian

Le premier fut Dastryg Psostrian, quelques dizaines d’années après la découverte de l’écriture. Il aurait voulu devenir dja. Comment aurait-il pu, lui qui n’affichait que de timides sourires et ne possédait pas d’autre signe extérieur de bonheur ? Par contre il maîtrisait la bonne ordonnance et sa mémoire lui permettait de retenir l’emplacement de chaque livre. Personne ne sut qu’il s’entraînait chaque jour à s’exprimer et à raconter des histoires à ses enfants puis petits-enfants. À l’âge de soixante ans, il annonça son départ pour l’année suivante. Chacun était plus intéressé à deviner sa destination qu’à lui trouver un successeur. N’y tenant plus il expliqua qu’il voulait réaliser son désir d’enfance et qu’il en était dorénavant capable. Pour fuir les moqueries au plus vite, il partit le jour même vivre en tant que dja, sans expliquer ses classements. On n’entendit plus parler de lui. Est-il mort de honte devant son insuccès ? S’est-il construit une cabane sur l’autre versant des premières montagnes ? Sut-il transmettre des émotions à volonté à l’aide de sa seule bouche ? Nul ne le sait. Ceci déclencha une légende à son sujet dans de multiples versions si différentes. Il est devenu le dja au double visage. Celui sans talent dont on se moque, et celui qui vainc sa médiocrité et trace sa route.

Djiles Iala

Son successeur, Djiles Iala s’imposa de lui-même. Il mit plus de temps qu’il ne pensait avant de connaître les subtilités du classement de Dastryg Psostrian, ce qui l’empêcha d’emmagasiner de nouvelles œuvres pendant cette année perdue. Djiles Iala fut celui qui améliora le système de classement de tous ces livres, et qui le consigna. Il découvrit un code susceptible d’après lui, de pouvoir s’étendre à l’infini. En tout cas, il est encore utilisé de nos jours.

Farfalion Cassorilé

Troisième Grand Archiviste, Farfalion Cassorilé se concentra sur l’aide qu’il pouvait apporter aux djala. Au lieu de cela, par ignorance des conséquences de ses actes, il créa des drames sur deux siècles, et une division cicatrisée mais bien réelle. Il proposa donc aux plus grandes villes des sept provinces de Kaydrüm de réunir, comme à Mondoria, des œuvres parmi les plus belles, les plus élégantes, les plus étonnantes, les plus enrichissantes, les plus applaudit, les plus curieuses, les plus… C’est ainsi que fleurit le réseau des relais de bibliothèques où les djala et les fdarim pouvaient s’arrêter pour puiser de nouvelles idées. Naquit alors une différenciation entre les djala. Il y eut donc les purs que tous continuèrent d’appeler djala, qui puisaient leur inspiration dans leur expérience et dans l’oralité. Et il y eut les impurs, les hitch, qui venaient s’enfermer dans ces balbutiements de bibliothèques pour s’abreuver d’œuvres écrites sans même avoir été contées à qui que ce soit, et qui faisaient le contraire de la tradition. Pendant deux siècles, la querelle fut vive. Les djala connaissaient leur chance de ne pas avoir à s’abaisser comme les hitch à puiser hors de la véritable expression. La scission fut moins prononcée entre djala et hitch, qui néanmoins se toisaient, qu’au sein de leur public. Des bibliothèques brûlèrent. Seule la sagesse des djala et des hitch permit d’éviter des morts.
Nous devons à Farfalion Cassorilé, sous l'indispensable influence de Liokt Liamsorg, de posséder de nombreuses variantes du Kaydra.

La fin d'une influence

Les Grands Archivistes suivants, plutôt que de se démener pour rétablir une entente cordiale, prirent position pour l’un ou l’autre camp. De nombreux pamphlets, efficaces, furent affichés aux portes. Le Kaydrüm vécut sa pire époque. Ce n’est donc que deux siècles après l’erreur involontaire de Farfalion Cassorilé, que les choses se calmèrent d’elles-mêmes. En effet, beaucoup de djala, puisant dans ce qu’ils entendaient, furent « contaminés » par les hitch et par leurs histoires qui sortaient tout droit des livres de plus en plus nombreux. Seuls les djala s’enfermant dans la tradition restèrent en dehors de la propagation des livres. Donc de nos jours, il y a beaucoup de hitch, il y a beaucoup de djala qui devraient être appelés hitch, et il y a quelques djala ennemis de la modernité spirituelle et technique. Qu’ils soient hitch ou djala, la grande majorité du public y est maintenant devenue indifférente. D’ailleurs, les deux termes sont devenus des synonymes sauf pour quelques puristes. Djala reste plus employé.
Toujours est-il que les Grands Archivistes perdirent de leur influence. D'autant plus que les bibliothèques se développaient et s'organisaient en un réseau non centralisé.




auteur : Desman

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