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LA PAIX
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Tous nous voulons la paix ...
Et, nous sommes tous ... prêts à faire la guerre pour ...
Oui, nous sommes tous prêts à faire une guerre ou l'autre, pour avoir la paix que nous estimons devoir : avoir ! Certaines se font dans la sueur, d'autres dans le sang ... et d'autres encore dans les deux. Mais pour avoir la paix, l'homme a besoin de ... tuer ... si ce n'est physiquement, il tue un idéal, une opinion qui n'est pas sienne partagée.
Il se doit, il veut, il tend à ...
Et que, ou, combien sommes-nous prêts à sacrifier pour ?!
Certains le font pour se débarasser d'un dictateur, d'un bourreau cruel, sanguinaire ; d'autres le font préoccupés par le rapport financier qui leur annonce une perte séche autrement ... mais encore, il y en a qui sont prêts à écraser pour assouvir une position, une dominance sociale. D'une manière ou d'une autre, il est de bon ton de se débarrasser d' un géneur ; qu'importe le comment, suffit le pourquoi !
Et si demain, le géneur, c'était vous...
Et si demain ?...
M Corbin est un homme comme tout autre ... et un peu différent comme bien d'autres.
C'est un grand personnage, proche du double mètre, brun à l'apparence quasi-gothique. Très mystérieux, limite mystique. Passionné par le bit quanta et l'interaction de la supra-conduction dessus, vivant reclus dans son monde.
Ce qui fait de cet homme un être particulier est sa capacité Menta, légèrement accrue face au commun. Il est capable de ressentir, de percevoir ces changements infimes et intimes, imperceptibles dans les gens, le temps, les évènements. C'est une véritable éponge.
Il ne croit plus depuis longtemps en l'homme, et pourtant il sait combien celui-ci est capable.
Pour lui, c'était comme si l'homme dans l'adolescence de son histoire s'était transformé en une chose hiddeuse, sans nom, avec quelques capacités de réflexion, juste assez pour vivre son quotidien sans se poser des questions intéressantes, importantes et/ou existentielles. Comme si la mutation avait foiré quelque part en chemin ... à moitié entre nécessité d'adultes et besoin inassouvi de chérubin, sans le charme ravageur de ce dernier, juste sa cruauté innée. Là-dessus est fortement jeté le drap, l'apparat pour faire oublier cette triste réalité. Comme un fard que l'on se pose, au quotidien systématisé, pour ne pas voir, ne pas se rendre compte.
Qui disait : « Il n'y a pas pire aveugle ... » ?
Et, combien la recherche de la paix peut-elle être aveugle !
Ô combien.
Ainsi, notre monsieur Corbin, se rendant bien compte de certaines iniquités, entreprit un projet novateur, fondateur de justice. Ou, plutôt, s'intégra à une recherche fondamentale qui lui tint à cœur : Permettre à la différence, quelle qu'elle soit, d'être intégrée dans la globalité des choses. Créer un fait pour l'intégrer dans les faits. Un défis courageux.
Peut-être aussi fou que n'apparaît au quotidien notre personnage !
Peut-être !?!
C'était, aussi pour lui, un moyen de se réconcilier avec cet autre qui le blessait tant au quotidien. Une autre histoire pour lui donner la chance de ... lui donner la chance de prouver ce dont Oliver, puisque tel est son prénom, pressentait constamment au travers de l'homme. C'était sa manière de se tenter, de tenter la paix.
Et ce projet, qu'en est-il ?
Permettre à de jeunes hunamoïdes, pressentis à la dotation naturelle de la Menta-psyché, d'être intégrés dans un « univers » où quatre-vingt dix pour cent du reste ne leur est point semblable à ce principe. C'était une nécessité cruciale, de survie. C'était un écho de cœur où le battement ne se voulait pas être feu de braise.
Un impératif !
Ainsi, Oliver s'entoura d'êtres intéressés au défit. Il leur fallait se renouveller, appréhender, d'autant qu'ils n'étaients que peu dotés en comparaison. L'auteur du projet était un certain monsieur Lamie, intrigué par cette capacité, qui mal comprise passait forcément pour manipulatrice, puissance, abjection.
L'équipe de cet être était composée de vieux baroudeurs de la formation. Ils étaient emprunts de la métohde per-usinière, dite de l'équité communale : un même enseignement pour tous, sous abolition de la différence.
Vouloir intégrer une différence, ou l'autre, était en soi une véritable nova ... au soufflet aussi destructeur !
Le projet démarra en fait, et ce malgré le gouffre des différences humaines, et des incompréhensions fatales que cette boite de Pandore ouvrit.
Toute cette équipe jura par monts et par dieux qu'elle prendrait en charge ses quatorze élèments, les intégrant dans un corpus classique de cours. De toute cette équipe, intéressée financierement, Oliver fut le seul à ne pas l'être pour cette raison. D'ailleurs, il ne voulut point être sous ce coup, en accord fondamental avec le Directeur de ce projet qu'était M. Lamie.
Après une courte, trop courte, préhension de la gestion Menta-psyché, l'équipe se retrouve fatalement à devoir être humain en plus d'être professionnel. Le manque de psycho-assistance se fit sentir à toutes les échelles de valeurs.
Dénis, reniement, trahisons ... fut le lot incommensurable qu'ont eu à affronter ces jeunes. Toute l'équipe, moins deux, trois, lâcha, rejetta le projet, se retournant avec veulerie pour certains quand d'autres étaient en furie. Il y avait trop de différences.
La question était posée : Comment intégrer des gens (on oubliait que c'étaient des enfants) manipulateurs, chahuteurs, indisposants, « ennuyés » de leur tutorat ?!
C'était un scandale qu'il fallait mettre au bûchet, et son auteur avec ... on ne pouvait tolérer plus ; il n'était pas permissible d'être remis en question par ces phénomènes « de foire ». La seule différence prédominante était leur incapacité à se conduire comme les autres ; et de surcroît, à se retrouver en émission de dettes, puisque nous étions prêts à ... mais leur cas est irrémédiable, d'autant qu'ils ne sont mêmes pas reconnaissants de ...
Entre-temps, dans l'oubli total du fait que c'étaient des enfants, de leur passé douloureux à être si « dissidents », de leurs échecs humano-sociaux, cette polarisation fomenta plusieurs séïsmes socialo-politiques. Ils s'essayèrent à soulever l'opinion publique, à pointer du doigt par les capitaux familiaux, jusqu'à retourner ceux qui n'étaient pas dotés contre ceux qui l'étaient... pauvres enfants ... pauvres ères.
L'onde de choc fut si bien menée de front qu'elle bouscula le gouvernement en place.
Quoi ? Qu'était-ce ? Un projet ? Des enfants différents ? Fainéants ? Perturbateurs ? Perturbant notre mouvance pro-humanisme ...
« On tend la main, tu la mords »
A mort ! (le peuple demande)
Et nos finances servent à ça ... !
Avec, tout cela, là où la foule crie au scandale, préjuge à l'opinion et jette la pierre, comment croire en « l'innocence » !?!
Ne dit-on pas : « Il n'y a pas de feu, sans... »
Et comme il était important que la paix sociale soit rétablie, il arriva ce qui doit être : on retrouva « assassiné » l'auteur du « crime » ... M. Lamie s'était suicidé, ne supportant pas la pression, ayant des remords pour tous les traumas causés.
Il y eut, certes, des enquêtes internes, qui révèlérent après coup que ce projet était aural, résurrecteur ... mais, que le mal avait été fait, et pas là où il avait été jeté à la criée. Ce qui permit entre temps d'oublier les schismes dans lesquels on laissa ces jeunes êtres, avec leurs questions inassouvies (inassouvables ?) et l'apprentissage réel qu'on leur donna.
Mais, après tout, tout cela est normal, nous ne sommes que des requins entre nous, nous dévorant chacun la rate comme des parasites que nous sommes, nous parjurant constamment.
Ce qui est important à retenir :
Quelle différence ?
« Tais-toi, ou je t'écrase ... de toute façon, Je t'écrase ! »
« La Paix », j'ai dit ...
(seul un écho résonne, au lointain, très lointain)
Comme un étau, une emprise pour me rappeller ... non, oublier ...
Au fait, qu'est-il advenu de notre Oliver Corbin ?
Il prit son ramage, et de par son pouvoir s'enferma dans les ténèbres de la raison. Il apprit à émettre un piège mental entre lui et les autres.
Histoire qu'on lui foutte la paix, à lui aussi !
« Il y a des vérités qui doivent demeurer... »
Albert Einstein disait :
« Je ne sais quelle arme mettra fin à la troisième guerre mondiale, mais la quatrième se réglera à coup sûr à coup de massue ».
Pour autant, c'est lui-même qui aussi disait :
« L'imagination est plus importante que le savoir ».
Et s'il nous fallait simplement l'imaginer,
pour enfin l'avoir ...
cette Paix !
le jeudi 18 septembre 2003
à 18h15...
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