Pour une écriture collaborative, pensez aussi à Wikinouvelles.

Là où le vent ne cesse jamais

Respectez les droits d'auteur de ce texte (récupéré sur le site Wikimaginaire).

Jump to: navigation, search

Une fois en possession des onze lettres qui, aussitôt, jouent au foot avec sa tête, Stan s’engouffre dans une représentation artisanale du Grand Entonnoir. Sa chute aspire les lettres imaginaires qui s’entassent sur son corps horizontal. Impossible de comprendre les mots qui se forment derrière son dos. Les lettres, malgré leurs mouvements, tentent de l’aider. Une cloche sonne et il se retrouve dans la Sainte Galerie Marchande du Temple Économique où il échange ces lettres contre une écœurante guimauve refusée par le client précédent. Elle glisse sur ses doigts et se réfugie dans une poubelle. Stan, décontenancé, reste immobile durant des heures. Il lui faut réfléchir. Mais à quoi ?

Dans son esprit las des pérégrinations incessantes qu'il lui impose, les onze lettres - revenues par quel étrange phénomène ? - se combinent, se décombinent et se recombinent sans cesse, formant des aphorismes dont la pertinence laisse Stan sidéré. Il secoue les doigts de sa main droite pour les transformer en crayons et note certaines de ces formulations qui lui rappellent les mots de son ami Adrien Gnuch ou encore les maximes recueillies par le grand phiosophe chinois Kou Zu dans son bol de riz. Ensuite il agite à nouveau sa main et les crayons redeviennent des doigts qu'il enfonce dans ses oreilles tombantes pour ne plus entendre le bruit incessant de la scie circulaire.

Stan emprunte l’escalier formé par les lettres imaginaires. Entré à l'œil, il est frappé par ce brouhaha qu’il commence à comprendre. Il trouve qu’il y a beaucoup trop de monde au vernissage de son âme. Il observe ces spectateurs attentifs qui échangent leurs impressions. L’effusion de détails le gêne. Le meilleur moment est l’arrivée des secrets du patagon qui retourne les esprits comme des cartes trouées. Stan n’est pas intervenu puisqu’il ne gagne qu’aux jeux où l’on ne gagne rien, et puis il lui faut calmer les lettres qui se rognent les hampes et en embrochent d’autres au bout de leur haste. Tout en courant, il leur donne ses crayons laser et leur demande de lui dresser un portrait lexical. Malgré lui, il devient le parangon de l’imaginaire. La vie aux trousses, il appelle un âmelier pour ramener chez eux tous ces explauteurs qui touchent à son ego et commencent à déranger son moi intérieur.

Ensuite Stan entame avec l’âmelier une conversation hachurée par le passage constant des écornifleurs qui se dirigent vers le buffet de manches. Il lui demande s’il occupe cette fonction depuis longtemps, car l’âmelier semble un homme âgé, à la chevelure d’argent comme un ruisseau d’avril. Mais Lothar rit et lui explique que sa conversion est récente. Auparavant, il vivait de l’air du temps, sauf que ces derniers temps, justement, le temps a commencé à étouffer, il n’avait plus guère d’air. Alors Lothar a suivi la difficile formation qui est requise avant de pouvoir acheter une charge d’âmelier. Un candidat sur mille seulement est retenu et il doit passer une série d’épreuves éprouvantes. Stan et Lothar s’asseyent sur un petit murmure pour continuer leur discussion plus zézaiement et Lothar raconte à son compagnon que

lettre précédente §§§ lettre suivante


auteurs : Desman, Fuligineuse

88x31.png
Cette création est mise à disposition sous le contrat Creative Commons Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France License.

Respectez les droits d'auteur de ce texte (récupéré sur le site « http://wikimaginaire.free-h.org/index.php/L%C3%A0_o%C3%B9_le_vent_ne_cesse_jamais »).
Pour une écriture personnelle, collaborative ou bien collective : http://wikimaginaire.free-h.org/