Pour une écriture contributive, le Contri Club. Pour une écriture collaborative, Wikinouvelles.

Kaydrüm

Respectez les droits d'auteur de ce texte (récupéré sur le site Wikimaginaire).

Jump to: navigation, search

Le Kaydrüm est une immense contrée dont une partie seulement est connue et cartographiée. Nul ne sait où s'achève le Kaydrüm, excepté, d'après ses dires, le Démographocrate en chef. Tout ce qui n'est pas le Kaydrüm est L'Ailleurs.

Le Kaydrüm est une région chaleureuse où les artistes sont au centre des préoccupations. Surtout les conteurs ! Qu'ils soient des djala, des fdarim, ou bien des hitch. Sans qu’on leur dresse un culte, les plus talentueux d’entre eux sont considérés comme chanceux et l’on est fier d’habiter près de chez eux, de les croiser, de les voir vivre, de les voir œuvrer. C’est d’ailleurs le principal, quotidien et doux plaisir des Kaydrümmgar, ensuite vient l'intensité du spectacle de ces œuvres. Certains habitants quittent les zones connues pour construire le monde de leur(s) artiste(s) préféré(s) et vivre dans une profonde plénitude.

Kaydrüm signifie « l’impermanence » en odois. Nommé Kwarümw en wittalien, et Ksärusm en csmasnite.


Sommaire

Géographie

Capitale

Mondoria

Villes principales

Afpöl (capitale de la province d’Afpöldeurnast) est la plus grande ville du Kaydrüm.

Autres villes : Lortsegdan, Tslich, Vaniliö, Dolploft, Klosgösten, Rasmiratur.

Les provinces

  • Oliandre, dont Mondoria est la capitale, est l'unique province entourée exclusivement de terre. Sa position centrale a favorisé son développement et sa richesse artistique. Sa seule originalité est ce mélange des différentes cultures des autres provinces. C'est sa force et sa faiblesse.
  • La zone nord-est du Kaydrüm commence à se développer suite au Njidar. Comme les Kaydrümmgar ne sont pas marins, il leur est nécessaire de passer par le Brüg ou le Dasngestrol pour y accéder par la terre.

Orographie

Le territoire du Kaydrüm comprend beaucoup de montagnes qui sont toutes creuses. On passe de l'une à l'autre par des galeries souterraines éclairées de flambeaux. On y tient des parergas spéciales qui durent du coucher au lever du soleil seulement. Au matin les participants se rassemblent et boivent ensemble une décoction de fruits d'églantier. Cette boisson favorise l'enregistrement des données dans la mémoire. Avant de se disperser, chacun fait une marque sur la paroi du rocher le plus proche.

Superficie

Inconnue et probablement variable

Eau

0,22 % des terres cartographiées

Fleuves et rivières

Le plus important fleuve du Kaydrüm est le Paskhemty qui coule dans la province du Dasngestrol. Il se divise en deux bras qui délimitent la zone inhabitée de la Dorba.

Les autres fleuves sont intermittents. Le plus intéressant est le Kornsilber qui traverse la province du Brüg et arrose notamment sa capitale, Vaniliö. Ses eaux changent de couleur très fréquemment.

Il existe une catégorie particulière de djala (les conteurs-poètes nomades du Kaydrüm) qu'on nomme les reflets, qui s'est spécialisée dans les récits mettant en scène la mythologie fluviale du pays, d'autant plus abondante que les cours d'eau y sont rares.

Devise

« Santé et éducation »

Langues

Langue officielle

Odois

Langues principales

odois, wittalien, csmasnite, slichtslich, diaphère, protlodf, diganba

Politique

Gouvernement

Reste à définir et à prouver son utilité.

Dirigeant

Aucun

Histoire

Histoire et authenticité

Outre l'histoire de l'oralité puis de la littérature écrite, les seuls aspects historiques dignes de ce nom sont liés à la subtile façon de s'investir dans la vie communautaire de la plupart des Kaydrümmgar, ainsi que leur aptitude à se fondre dans la nature. Si la devise la plus connue du Kaydrüm par L'Ailleurs est "Santé et éducation", fruit de leur volonté, celle qui est appliquée de façon si naturelle qu'elle est difficile à saisir même par un regard extérieur, est "Observer, faciliter".
Donc l'histoire proprement dite du Kaydrüm est plus un art qu'une science. Être historien, c'est mettre au grand jour un art de vivre. C'est récolter des gestes et des paroles d'allure insignifiante qui se trouvent être d'une richesse et d'une sagacité volontaires. C'est rassembler et présenter ces menus plaisirs dans des acceptions précises afin de les disposer selon des mises en valeur réciproques, subtiles et efficaces. En ce sens, la plupart des djala sont historiens. Rares sont ceux qui atteignent cette quintessence.
En devenant historiens de l'art de vivre des Kaydrümmgar, certains se sont aventurés à prédire, à prévoir comment évolueront les existences des habitants du Kaydrüm et leurs relations. Ils imaginaient leurs rapports et leurs concordances. Ils sont vite devenus la risée d'autres djala et des populations les plus lointaines. D'où l'expression « Avoir l'imagination fertile d'un historien » ou « Mentir comme un historien ». Comment ces imposteurs ont-ils pu se croire véritables historiens ? C'est ainsi que pour différencier ces pâles copies, les Kaydrümmmgar ont offert le nom d'Authentiques aux historiens sincères et appliqués.
Il est essentiel de souligner le fait que si les Authentiques sont tous des djala, leurs activités propres à leur vocation d'Authentiques discernent des observations perspicaces et décuplent l'art d'utiliser les mots avec efficacité le long d'un équilibre qui ne doit en aucun cas toucher à l'imagination tout en en faisant un outil privilégié d'expérimentation.
Les Authentiques n'ont donc rien de commun avec les prospecteurs de consciences qui ont le mérite de ne pas se perdre dans de fausses vérités comme les historiens. Les prospecteurs de conscience allient le talent et la sincérité des Authentiques au besoin de définir l'avenir comme le font les historiens. Ces braves gens ont une écoute encore moindre que celle du bureau d'études littéraires.
Il est difficile d'expliquer pourquoi les Authentiques ont meilleure réputation que les prospecteurs de consciences au Kaydrüm. L'hypothèse la plus pertinente est ce besoin des Kaydrümmgar de se sentir vivre, de vivre par eux-mêmes. Alors pourquoi tous ces contes et tous ces djala ? Parce qu'ils désirent connaître les émotions de leurs proches et de leur lointains ; ils n'ont pas besoin qu'ont leur montrent comment ils doivent, devront ou devraient vivre leurs émotions. N'est pas Kaydrümmgar qui veut !

Découvertes

Les Kaydrümmgar ont inventé la roue et ne s'en sont jamais servis dans la réalité. La roue impliquait trop de dépendance à la technologie et risquait de détourner leur imagination fertile dans des perversions mécaniques, hors de tout concept artistique. Ce tabou technique fait l'objet de toute une mythologie dans le monde de la Terre. Il amusant de voir à quel degré de précision les djala ont porté cet objet purement abstrait. C'est d'ailleurs sous couvert des contes que la technique est tolérée. Tout est bon pour alimenter l'imagination des djala.
Au Kaydrüm, cinq phases intellectuelles sont nécessaires avant de passer au stade de la réalisation concrète de la moindre découverte. La première est propre au découvreur. Il doit réfléchir non seulement à comment faire fonctionner son idée, mais aussi imaginer les conséquences directes que cela entraînerait. Puis il en parle au premier dja rencontré, ce qui dans la plupart des régions se fait sans difficulté. Ensuite le dja en question invente un conte ou des contes (selon la densité de l'idée) où il met en scène cette invention et ses implications étendues aux conséquences indirectes. La quatrième phase est l'appropriation du conte, en particulier par d'autres djala, et par l'ensemble des Kaydrümmgar. La dernière phase est la réflexion propre de chacun de ceux concernés par l'idée telle qu'elle s'est développée, avant d'aboutir, le cas échéant, à sa réalisation de leur part.

Autres informations

Population

183.000 habitants après le dernier Njidar

Gentilé

Kaydrümmgar, en odois : "celui ou celle qui changea le monde d’avant".

Monnaie

Le chant fut la principale monnaie. Après la diffusion rapide de l’écriture, ce fut le parchemin. À l’époque moderne certains ont proposé le livre et même le livre de poche comme monnaie d’échange. Mais après l’intervention de Liokt Liamsorg, le « Kaydra » s’imposa et rien ne le détrôna.

Témoignage

Le principal témoignage objectif, s'il en est, sur le Kaydrüm est celui de Desman qui a écrit Voyage au Kaydrüm d'un être venu de L'Ailleurs.

Lectoris, le mythe majeur

Au cœur du monde imaginaire préféré des Kaydrümmgar qu’est le monde de la Terre, les djala ont inventé une ville légendaire qui porte le nom de Lectoris.

Cette ville est un concentré du Kaydrüm, et le symbole de la connaissance des Kaydrümmgar de leur chance d'habiter cette contrée. Le mythe de Lectoris représente à leur yeux la crainte qu'ils ont au fond d'eux, de voir la disparition de leur monde, de leur culture, de leur mode de vie, de leur plaisir d'une oralité féconde et fabuleuse. La description du centre névralgique qu'est devenu Lectoris peut étonner lorsqu’on connaît le peu d’enthousiasme des Kaydrümmgar pour les études. Leur approche est pragmatique et sensuelle. Ils sont des auditeurs nés. Et les contes, oraux, leur principal plaisir.

Les Kaydrümmgar ont mis du temps à accepter qu’une poignée d’entre eux aimât étudier les œuvres plutôt que d’écouter les anciennes ou d’en créer de nouvelles. Durant des siècles, ces intellectuels ont dû se cacher. Lorsqu’ils ont été découverts, l’intolérance régna. Petit à petit l’indifférence s’imposa et permit d’aboutir à la création du BEL (bureau des études littéraires) du Kaydrüm. De nos jours, il est courant de comparer les membres de ce bureau à ceux de la Guilde des Copistes Lumineux qui adoptèrent Lectoris pour y exceller et propager son influence.

Lorsqu’on connaît la fin de Lectoris, il n’est pas surprenant de savoir que les Kaydrümmgar craignent pour l’avenir du Kaydrüm. La maladie a décimé la ville légendaire mais le mal était plus profond en elle. Il y était peut-être enfoui depuis sa fondation. Comment une ville idéalisée comme Lectoris aurait pu survivre à l’emprise d’autant de penseurs différents et prestigieux ? Pourquoi l’ego de certains ne serait pas venu compliquer cette entreprise ? Pourquoi d’autres n’auraient-ils pas fait le choix de rester loin de Lectoris qui ne pouvait être longtemps tolérée par l’Église ? Comment allier en un même lieu d’innombrables pensées, réflexions, études, réformes, utopies ? Comment autant d’intellectuels voués à l’écriture ont été incapables d’inventer l’imprimerie, ou seulement de deviner l’influence que celle-ci aurait dans leur monde ? Toutes ces questions fourmillent dans les contes liés à Lectoris.

Les djala aiment utiliser ce mythe pour effrayer leurs auditeurs. Ils attendent que les enfants soient endormis. Car derrière le bonheur de chaque Kaydrümmgar se trouve une angoisse de voir leur monde disparaître. Et tous savent ou croient savoir, qu’il ne faut pas trop perturber ce dernier. Ils ne veulent pas l’étudier. Ils veulent en jouir sans arrière-pensée. Ils veulent vivre au présent. Ils y arrivent presque. Leurs journées sont paisibles mais ils attendent la parerga du soir où ils écouteront les contes, fruits gorgés de sensations.

Les Kaydrümmgar aimeraient vivre dans une ville comme Lectoris, mais ils savent qu’une telle ville ne peut être qu’imaginaire. Ils aimeraient étudier pour embellir le monde. Ils aimeraient se réunir pour inventer un futur plus diversifié, mieux maîtrisé, plus performant. Ils aimeraient vivre, eux-mêmes, sans attendre qu’on perce à leur place le barrage qui accumule leurs sensations. Ils aimeraient discuter pendant des heures, affirmer et infirmer des idées qu’eux seuls auraient eues. Ils aimeraient avoir fondé une ville comme Lectoris et l’enrichir de leurs vies. Mais tout cela n’est qu’une légende.

Aventura Lysa Scribe, du BEL, affirme que les bases de ce mythe datent d'avant la naissance du premier dja. Malgré de nombreuses variantes, nous pouvons distinguer ces bases : La fondation d’une ville associée à un groupe d’intellectuels disparates, et un déclin inhérent inéluctable. Aventura Lysa Scribe ne va pas jusqu’à croire que cette ville a existé. Elle s’est demandée qui inventa l'histoire de ce lieu qui se développe davantage à chaque nouvelle génération de djala. Tout ce que l’on sait, c’est que le ou les rêveurs de Lectoris, comme tout auteur, tout dja, tout fda, ne sont que des outils de Borges l’Aïa, notre prophète. Gloire à lui !

Nous pouvons conclure cette description par l’humour et la modestie des djala qui ont fait de notre chère contrée du Kaydrüm un mythe essentiel du monde de la Terre où Lectoris occupe une place primordiale.

Proverbes et expressions

  • Les bons contes font les bons amis
  • Des contes d’Apothicaire : contes dont on saisit l’aspect calculatoire des mesures, dosages et artifices du langage employé.






auteurs : Desman, Fuligineuse
88x31.png
Cette création est mise à disposition sous licence Creative Commons Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.5.
Respectez les droits d'auteur de ce texte (récupéré sur le site « http://wikimaginaire.free-h.org/index.php/Kaydr%C3%BCm »).
Pour une écriture personnelle, collaborative ou bien collective : http://wikimaginaire.free-h.org/