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José Redondo Colmena
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José Redondo Colmena, journaliste argentin, est réputé pour avoir recueilli la fameuse "interview de 1974" d'Antanadronnissopoulos Djazk. Il refait parler de lui depuis septembre 2007 en publiant chaque semaine une chronique dans la revue Le piémont littéraire (La Llanura Literaria).
Son talent inattendu
Grâce à Colmena et au succès de la chronique, cette revue vénézuélienne créée en 1948 et en perte de vitesse depuis janvier-février 1989, a pu augmenter ses tirages chaque semaine. Elle est montée jusqu'à 2.000 exemplaires. Depuis septembre 2008, la revue est aussi publiée sur un site dédié du Net (le site Les chroniques de Colmena du Piémont Littéraire, victime de son succès, est souvent inaccessible) afin d'étendre son audience à peu de frais. D'autant plus que certaines personnes prennent plaisir à y publier différentes versions sonores des chroniques de Colmena, selon leurs humeurs et leurs talents.
José Redondo Colmena narre son quotidien sur les traces de Cranach Belten saupoudré de ses envies littéraires, son besoin de lire et de rencontrer ses auteurs contemporains préférés. Il intègre également ses notes et détaille son talent de doxographe. Il expose et explore devant nos yeux des rapprochements audacieux d'auteurs qui ne se connaissent pas. Sa visite à Sarah Evels, la directrice des Éditions du Grand Registre est un moment que lui seul pouvait démultiplier, ressentir et décrire dans une profusion d'échanges, de références, d'anecdotes et de souvenirs personnels. Il nous fait entrer en ses perceptions. Son talent est tel qu'il parvient à nous donner l'impression que c'est notre lecture de chacune de ses chroniques, de chacune de ses phrases qui déclenche ses propres émotions, et que si on n'achevait pas cette lecture, il demeurerait hors de son bonheur d'écrire, incapable de vivre pleinement.
La trame des chroniques
La trame du premier mois de ses chroniques hebdomadaires est sa découverte du livre intitulé Le Livre de l'Informe de Cranach Belten. Ses lectures ainsi que son plaisir de décrire ses impressions luttent, se percutent et s'enrichissent sur le papier. Pendant les deux semaines suivantes, Colmena s'aperçoit de façon de plus en plus flagrante que son écriture et sa vie sont sous l'emprise de ce nouveau maître en littérature dont on ne sait rien. Son désir de connaître Cranach Belten l'envahit. Un jour, il décide de prendre l'avion pour la France et, une fois sur place, il prend rendez-vous avec la directrice des Éditions du Grand Registre (Sarah Evels). Il décrit son infinie impatience qui dure huit jours. Huit interminables jours qui lui font écrire de superbes pages sur la passion qui l'habite.
Dès les premières minutes, l'entretien devient une délivrance extatique, une réminiscence des tensions accumulées et un plaisir extrême de tenir, comme un vulgaire fan, un objet ayant appartenu à Belten... à Monsieur Belten ; en l'occurrence, le manuscrit du Livre de l'Informe. À partir de cette seconde, seules existent les fines lignes de mots, presque translucides, qui deviennent luminescentes à leur lecture. La découverte, physique, de ces traces d'encre faisant sens provoquèrent chez Colmena un état proche de l'aphasie externe et d'un enfouissement en lui-même de sa compréhension du langage. Les minutes décrites, intérieurement, lui ont nécessité, par la suite, de nombreuses pages dans ses chroniques. Plus tard, il viendra y puiser de nouvelles ressources, qui lui avaient échappées, ou se désaltérer, souvent, auprès des plus belles parmi celles dont il a fait connaissance.
Après cet amour effectif, il dut revenir à la réalité, sa réalité corporelle ne lui laissant pas le choix. La trame de ses chroniques suivit cette pente et Colmena devint un chien policier, à l'affût du moindre indice. Il paya un laboratoire qui étudia les provenances possibles du manuscrit, du papier, de l'encre, de l'enveloppe, que la directrice des Éditions du Grand Registre lui avait confiés en connaissance de cause. Pendant l'attente, il exerça son talent de doxographe en commentant d'une page, chaque phrase du premier paragraphe du livre. Il remarqua sur les photocopies que les notes de bas de pages du manuscrit n'apparaissaient pas dans l'ouvrage publié. Il en fit autant d'énigmes. Émettant les hypothèses les plus proches de ce qu'il considérait être l'esprit de Belten, il déambulait dans des rues hypothétiques, arrangeait la folie, s'angoissant lorsqu'il frôlait la réalité, sachant définitivement qu'il avait encore fait fausse route. Ses chroniques, il l'écrit lui-même, devinrent son premier lieu d'affranchissement et d'adoration. Il voyait y brûler de nombreux veaux d'or. Ce qui lui maintenait la tête hors du délire était son désir de vivre au sein même de l'œuvre géniale dont il avait un exemplaire entre les mains. Il prit conscience de ce polythéisme littéraire et le résolut par l'ubiquité physique et l'unicité spirituelle. C'est alors que Colmena étendit son expérience aux perceptions que d'autres pouvaient avoir du Livre de l'Informe. Cette nouvelle abnégation de sa vie « externe » l'ancra, malgré lui, plus profondément dans la connaissance de lui-même. Fort de son imagination des autres, il s'enfermait dans ses chroniques.
Les résultats des analyses scientifiques qu'il reçu par l'intermédiaire d'un coup de téléphone s'offrirent à lui comme un éveil bouddhique. La révélation l'expurgea de son intériorité en abîme, et l'expulsa dans une vie classique au but sublime qui était de tenter de connaître l'homme ou la femme qui avait engendré un si prodigieux livre. Il avait beau connaître par cœur certains chapitres du Livre de l'Informe, Colmena était dans l'impossibilité de deviner la vie réelle qui avait permis à Belten de l'écrire. Voilà où en sont ses chroniques en ce jour.
Des rumeurs courent selon lesquelles, bientôt, Colmena publierait ses chroniques uniquement sur le Web et de façon quotidienne.
- auteur : Desman
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