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Il serait temps de penser par soi-même plutôt que de penser à soi-même
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J’avais eu envie d’écrire une œuvre de fiction et je le fis. Le personnage principal était un écrivain engagé dont des mots s’enfuyaient de son esprit pour éviter des cartes de crédits qui, avec une précision chirurgicale, venaient les transpercer comme le feraient des éclats de grenades. Alors il prit les notes qui, depuis, forment les paragraphes qui suivent celui-ci, et il attendit son heure.
En France, comme ailleurs, nous sommes en territoire occupé économiquement. Les guerres qui font le plus de morts sont les guerres économiques. La politique est au service de l’économie qui est au service du profit. Peu importe que ce soit par les États-Unis qui règnent en maître. Le pire est que nous collaborons… chaque jour. Comment faire autrement ? Je n’en ai aucune idée.
Il ne faut pas généraliser et mettre tous les Américains dans le même panier. Henry David Thoreau a écrit dans La désobéissance civile: « Le devoir d’un homme n’est pas, en général, de se vouer à l’éradication de la moindre injustice, fût-elle énorme ; il lui est loisible d’avoir d’autres sujets d’intérêts ; mais son devoir veut à tout le moins qu’il s’en lave les mains et, s’il n’y pense pas davantage, qu’il ne lui donne pas son soutien objectif. Si je me consacre à d’autres intérêts ou contemplations, je dois à tout le moins veiller, pour commencer, que je ne les cultive pas assis sur les épaules d’autrui. Je dois en descendre, qu’il puisse poursuivre ses contemplations lui aussi. » « Ainsi, au nom de l’ordre et du gouvernement civil, on nous oblige finalement à rendre hommage à notre propre pusillanimité et à la soutenir. Après la première rougeur du péché vient l’indifférence ; et d’immoral il devient en quelque sorte amoral et pas tout à fait inutile dans la vie que nous avons créée. »
En attendant, dans le propre territoire de cet Empire du Profit à tout prix, et dans ses succursales les citoyens passent plus de temps à consommer ou à vouloir consommer qu’à se demander comment tous ces produits leurs sont proposés. Pourtant cet Empire du Profit fait peu de cas de la démocratie en son propre sein : - Pearl Harbor qui fut sacrifié pour galvaniser sa population en est le pire exemple. Le cynisme de cet Empire du Profit est flagrant : - Le Japon en 1945 : Pour faire peur à Staline fallait-il ’’utiliser’’ des bombes atomiques contre des civils à Hiroshima et Nagasaki, ou bien était-ce ’’juste’’ un test grandeur nature ? Cet Empire du Profit est incapable de respecter la moindre parcelle de vie privée : - La NSA grâce au réseau Echelon espionne, trie et donne les détails utiles à la progression de l’Empire que sont les appels téléphoniques, les transferts de fichiers informatiques dont les courriels, les photos et les conversations vidéo, les fax aussi. Avec Internet son emprise s’amplifie. De plus cet Empire du Profit fait peu de cas des démocraties hors de ses frontières officielles. Il suffit de faire la liste des pays où il a combattu la démocratie qui était en marche ou leur indépendance dans le but d’y instaurer grâce à la CIA des dictatures à sa botte : - Cuba en 1898, - Nicaragua en 1912 et 1981, - République Dominicaine en 1916, 1945 et 1965 - Iran en 1954, - Guatemala en 1954, - Congo en 1960, - Vietnam en 1964, - Grèce en 1967, - Panama en 1968 et 1989, - Cambodge en 1970, - Chili en 1973 - Philippines en 1985
Ah oui, j’oubliais, le terrorisme est difficile à définir à l’ONU parce que son origine est étatique. C’est le gouvernement français lors de la Révolution française qui l’a inventé en instaurant la Terreur ! Ses enfants légitimes sont d’une part le régime soviétique et sa dictature soi-disant du prolétariat, et d’autre part l’Empire du Profit et sa dictature du profit. Il est toujours plus facile de sacrifier autrui que soi-même. Et c’est toujours l’argent des autres que l’on veut redistribuer.
Comment un simple citoyen peut résister à cette organisation terroriste à l’échelle de la planète ?
Fin des notes.
Cet écrivain ne faisait pas de belles phrases pleines de sensations. Il ne faisait pas dans le sensuel. Il faisait dans le sens inverse de la marche. Il ne gonflait pas ses mots de virtuosités et de prestiges. Peu lu et vite oublié, il était sans danger pour le pouvoir qu’il dénonçait. Il vécu longtemps encore, dans l’anonymat. Il mourut de façon banale. Les affaires continuent. Le merchandising fit de sa vie une belle œuvre édulcorée à forte valeur ajoutée. En le phagocytant, l’Empire du Profit s’immunisa contre toute attaque virulente en prônant le droit à la liberté d’expression.
Aussi lecteur, alambiqué ou non, je te donne ton point de vue : Cause toujours !
Aux prochaines élections internes de mes propres convictions je voterai pour moi en espérant un jour présider à ma destinée.
Et toi ?
Un lecteur pourrait me répondre: Mais l'A. du récit préjuge de moi, lecteur ("cause toujours"). Il n'a aussi aucun sens politique car son anti-économicité et son anti-américanisme (L'Empire du profit) lui fait perdre de vue que l'ennemi (faudrait-il peut-être ici lui donner un "E" majuscule?) est toujours quelqu'un de très précis et qu'à force de combattre des idées on en vient à s'enliser dans des méandres idéologiques inextricables (ce qui finalement advint ici). Le propre des auteurs, en particulier celui-ci qui avait tout de même réussi à lutter contre les cartes de crédit volantes est de parler clairement à des être identifiables et non aux créatures éthérées des esprits. C'est aussi pour cela que la chute, qui finalement contredit le titre du récit, puisque le narrateur se love en son fors intérieur en oubliant le sens possible de son action vers l'extérieur (n'était-il pas en train de critiquer le sens de la démarche de son A?), est certes belle mais moins forte que celle de l'A. Le narrateur finalement cède "à la liberté d'expression" en n'exprimant rien d'autre que son soi, son petit quant-à-soi. Un A combatif est un auteur lu.
Alors, en tant que narrateur, je lui rétorquerais:
Le narrateur ne préjuge pas le lecteur, il le provoque ! Avec le « Cause toujours ! », il tente de l’expurger de toute tentation de ne pas se sentir concerné. Ces deux mots sont là pour que le lecteur se pose des questions sur lui-même et sur sa perception du texte. Même si beaucoup de lecteurs n’écriront pas de commentaire, une ou deux questions viendront les titiller malgré les barricades internes qu’ils auront établies dès la prise de décision de lire le texte malgré le titre. Ce titre qui empêchera certains d'aller plus loin et qui ne se donneront pas cette peine et fuiront toute remise en cause. Le « sens politique » ne se calcule pas au nombre de responsables cités. Nous pouvons malgré cela suivre cette voie. Bien qu’il se trouve des responsables évidents, il suffit de donner l’exemple horrible de la solution finale pour savoir que la responsabilité peut se partager et être diluée entre de nombreuses personnes. La plupart de ces personnes ne sont pas coupables de meurtres alors que leurs actes mis les uns après les autres donnent peu de chance à leurs victimes de ni souffrir, ni mourir. Pour en revenir à l’Empire du Profit, il ne s’agit pas que des Etats-Unis et il ne s’agit pas de tous les Etats-Unis. Bush est concerné, Rumsfeld est concerné. La plupart des hauts dirigeants américains sont concernés. Ce ne sont pas eux que l’auteur tâche de faire entrer en dissidence ! Peine perdue ! Une grande partie du peuple américain est concernée sans s’en rendre compte et c’est cela qui est triste. Pas tous ! Heureusement ! L’exemple de Thoreau est explicite et implique qu’il ne s’agit pas d’anti-américanisme primaire, secondaire ou tertiaire. De plus, sont concernés par cet Empire du Profit beaucoup de dirigeants et de citoyens non-américains qui ne voient pas d’autre solution que ce Profit et qui n’en cherchent pas d’autre malgré leur connaissance de tout ce que cela implique. Il ne suffit pas non plus d’être contre le Profit pour y échapper et il ne suffit pas de rejeter le Profit comme philosophie pour être contre l’économie. L’échange de valeurs données est normal et vital. Ce qui n’est pas normal et vital, c’est cette passion ou ce désir d’accumuler pour dépenser, sans chercher à savoir comment l’argent est gagné ou sans en tenir compte. Ce n’est pas l’argent qui est sale ! C’est la façon de le gagner qui peut l’être ! Ni le capitalisme ni la mafia n’ont pour valeur suprême la démocratie (exemples : l’OMC, les entreprises non démocratiques), la liberté, les droits de l’homme, le bonheur, le bien-être, la décence. Leur but est le même : le profit ! Pour le capitalisme tout ce qui n’est pas interdit est autorisé. C’est pour cela qu’il tente comme un rouleau compresseur de plus en plus puissant de changer la loi en sa faveur pour rester dans la légalité. Dans la frénésie de tout rendre profitable (l’eau, l’air, la culture, l’intelligence, l’enfance, la vieillesse, la santé, les organes, les êtres humains), il tend à devenir ce qu’est déjà la mafia qui se moque des lois d’une autre façon en ne la respectant pas. La mafia est l’excellence du capitalisme le plus aboutit. Où sont les méandres idéologiques inextricables ? Je n’en vois aucun ! Un auteur parle à lui-même d’abord et toujours, et ensuite à ses lecteurs potentiels. Si certains lecteurs se sentent « éthérés » de façon spirituelle, cela les regarde personnellement. Il est vrai que la fin du texte du « narrateur » est plus belle et moins forte que celle de l’auteur. Chacun joue son rôle. Il n’y a pas contradiction. Il s’agit de complémentarité. Déjà il faut dire que le texte de l’auteur n’est pas une fiction, il a donc fallut que le narrateur en mette un peu pour que ce texte en devienne une, tout en gardant un fond fort, explicite (pas assez pour certains lecteurs apparemment) et engagé. Le narrateur se contente de son petit quant-à-soi pour mieux laisser le lecteur se débrouiller avec ses propres convictions. C’est à chacun de savoir comment il doit agir. En tant que lecteur il ne suffit pas d’acquiescer, il ne suffit pas de dire « Celui-là, il a raison ! » Il ne suffit pas d’attendre par exemple qu’Anna Politkovskaïa soit morte pour la lire et dire qu’elle avait raison. Elle s’en foutait d’avoir raison puisqu’elle aurait préféré avoir tort. Elle ne se trouvait pas honnête si elle ne jouait pas le rôle qu’elle a joué… et qu’elle joue encore. Un auteur combatif est un auteur engagé. Un auteur engagé cherche à être lu, c’est vrai. Il ne faut pas oublier qu’il ne cherche pas à écrire des best-sellers. La qualité importe plus que la quantité ! Ainsi, l’auteur engagé n’est rien sans des lecteurs engagés. S’il n’a aucune influence souhaitée sur ses lecteurs, il a échoué. Il faut évidemment être lu bien que cela ne suffise pas. Un auteur engagé peut mettre plusieurs siècles avant d’avoir une réelle influence. Il faut préparer les consciences sans les corrompre, sans leur dire ce qu’elles doivent penser. Un engagement n’est pas une dictature. Il faut, parfois, savoir utiliser certaines méthodes pour faire passer la pilule, jamais la contrainte ! La fin du texte ne contredit aucunement le titre, puisque son but est de faire réagir quitte à exaspérer ou à passer le relais. À la fin, le narrateur cède à la liberté d’expression… du lecteur, qui est libre de penser par lui-même. Certains trouveront qu’ils ont encore besoin que l’auteur leur tienne la main et les aide à discerner les problèmes. D’autres, d’accord ou pas d’accord, s’envoleront de leurs propres ailes. Et d’autres encore, plus avancés, injustes ou non, trouveront le texte du narrateur d’une évidence inutile à exprimer.
Et toi ?
Un autre lecteur écrirait: Moi,je pense bien que ce sentiment d'injustice est vieux comme le monde.Que nous en sommes à la fois tous responsables , sans pour autant en être vraiment la source. L'empire du profit existera toujours sous une forme ou sous une autre.Je crois que c'est à l'intérieur de nous qu'il faut combattre cette soif insensée, ce qui nous rendra plus clairvoyant et plus apte à penser le monde ensemble.
Éternel insatisfait, je me questionnerais ainsi: Sur qui peut-on compter pour que l'humanité progresse réellement ? Ma question de l'autre jour sur la fiction n'est pas anodine. Les plaisirs qu'apporte la fiction (litt, ciné) risque de nous faire passer à côté d'enjeux décisifs, en nous faisant regarder ailleurs, en nous divertissant. Si peu de personnes s'engagent sur les problèmes de fond, comment faire ? Et puis doit-on brusquer les mentalités ou doit-on les laisser s'enliser dans leurs plaisirs ? Le bonheur serait-il l'opium des démocraties capitalistes ? Vaut-il mieux des gens heureux et serviles par désintérêt, par négligence, ou par fatalisme, ou bien des gens sensés, anxieux et sans repos psychologique ? Y a-t-il d’autres alternatives ? Ces questions je me le pose et je te les pose, lecteur.
L'un d'entre eux pourrait avoir ces convictions: Cela fait des années que je me la pose cette question "Vaut-il mieux des gens heureux et serviles par désintérêt, par négligence, ou par fatalisme, ou bien des gens sensés, anxieux et sans repos psychologique ?" Pour moi la question s'est posée ainsi : "Vaut-il mieux des gens qui s'amusent et qui profite du confort avec insouciance, tel des moutons ; ou vaut-il mieux des gens qui s'amusent moins mais qui réfléchissent et qui aiguisent leur sens critique et cultivent le doute, tel des bergers ?"
Et puis cela me trotte dans la tête depuis tellement de temps que je me suis résigné face à ça : "Qui sommes-nous pour dire ce qui est bien ou pas pour autrui ?"
La recherche du bien, de la qualité, je pense que c'est être en harmonie avec la réalité. Pour moi savoir ce qui est bien c'est personnel, je ne peux pas imposer quelque chose à autrui en prétextant que c'est bien pour lui.
L'effort individuel à la recherche de la qualité est peut-être la clé. Je pense qu'il est inutile de dire mais qu'il est utile de comprendre.
Un autre lecteur ajouterait: La question qui sous-tend les interrogations ci-dessus me semble celle-ci : "Vaut-il mieux être de ceux qui profitent du système sans se soucier des conséquences à long terme, ou de ceux qui agissent en ayant toujours à l'esprit la portée de leurs actes ?" Et c'est cette question que je trouve terrible. C'est elle qui pousse les gens à rechercher une justice, là où il n'y en a peut-être pas. Mais pour moi, le vrai problème est "Lorsque tu as une conscience "globale", faut-il vivre en harmonie avec elle, ou bien en adéquation avec la moralité du système dans lequel tu vis ?" Parce que je veux croire que les cyniques (pour moi les cyniques sont les personnes qui connaissent la morale, qui peuvent en parler à longueur de journée, et qui néanmoins ne respecte pas l'adage de Kant "Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils te fassent.", simplement parce que cela leur permet d'avoir un avantage sur ceux qui le respecte) sont moins conscients que moi. Que ceux qui profitent du système sont moins conscients que moi de leur responsabilité. Que s'ils avaient les mêmes facultés intellectuelles, la même culture, le même parcours moral que moi, ils n'agiraient pas comme ils le font indéfiniment, que tôt ou tard leur conscience les rattraperait, qu'ils finiraient dépressifs, suicidaires ou complètement foutus.
Je n'en tire que peu de rancoeur vis-à-vis d'eux. Je juge simplement que les choix qu'ils font sont logiques dans leur situation, que j'aurais fait les mêmes à leur place. Qu'il est peut-être possible de les faire changer, mais que cela reste une probabilité moyenne. Surtout je préfère ma position, même si elle semble beaucoup plus lourde à porter. J'ai l'impression d'être plus humains qu'eux, et cela me suffit. Je crois que c'est aussi l'essence de la pensée de Nietzsche dans "Humain, trop humain", et cette pensée m'est chevillée au corps.
Et moi dans tout ça ? Ma fatigue physique est peut-être simplement psychosomatique et d'origine intellectuelle. Ce que je voudrais combattre est plus fort que moi. Il aussi en moi. Et c'est cela qui me pèse le plus. Certains sacrifient un bras pour se sauver... Comment se sauver en sacrifiant un cerveau ? Est-ce une façon détournée de ne pas affronter la réalité que de voir ce qui ne va pas et de toujours chercher une situation pire ou nouvelle, et d'ainsi passer son temps sans cesse à ne pas agir. Avoir ce désir de comprendre la globalité des problèmes propres à la nature humaine et à ses cultures ne résoud rien. Et en même temps comment faire autrement ? Il ne suffit pas de savoir ce qui tourne mal pour le combattre, ni même pour avoir envie de le combattre. Une solution simple serait de ne s'engager qu'un jour sur deux. Un jour je vis ma propre vie, et le lendemain je me concentre sur la résolution de difficlutés. Est-ce la solution pour apprécier la vie tout en la respectant ? Par où commencer ? Et comment ? Me fondre dans une association d'envergure et redevenir un pion sans poids ? Agir en free-lance ? Créer ma propre association ? Est-ce utile et nécessaire de passer par une association ? Ne puis-je pas combattre chaque jour par des actes réfléchis ? Ne vais-je pas m'user la vie en réfléchissant à chacun de mes actes ? Trop de questions ? Il me faut me limiter à mes capacités. La vie n'attend pas. J'y vais !
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Auteurs : Desman, Rigas, Houloune
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