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Guilde des Copistes Lumineux

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Sommaire

Son histoire

Guilde fondée par un Irlandais nommé Jilleil, à Laon en 1172, suite à la révolte communale de 1112. Elle rassemblait la plupart des copistes et/ou enlumineurs d'Europe qui privilégiaient la copie des ouvrages non exclusivement religieux d'auteurs antiques ou arabes. Ses privilèges s'étendirent jusqu'au sud de l'Italie, dans les pays Scandinaves et jusqu'au Rhin.

La ville de Lectoris devint la principale référence de cette guilde, puis un refuge avant que sa population ne soit décimée en août et septembre 1325 par une épidémie locale d'ergotisme (ou feu de Saint-Antoine) selon les uns, ou par un empoisonnement collectif selon les plus nombreux, dont Érasme. Il est vrai que l'Inquisition menait la vie dure aux membres de cette guilde et luttait par tous les moyens contre ses privilèges. L'assassinat, le 30 juillet 1233, de l'Inquisiteur Conrad de Marbourg aurait été un prétexte utile à l'Église pour se débarrasser définitivement de cette guilde devenue trop influente qu'il accusait de cultes secrets. D'après la théorie de cet Inquisiteur, l'homme qui connaît l'existence de Dieu même s'il imagine ensuite sa non-existence, cet homme devient incapable de se passer de Dieu. L'homme a besoin d'un "objet" (ou d'un être) de culte, d'un référent, et donc si ce n'est Dieu, cet homme croit en une entité qui comblera ce vide laissé par Dieu. Et donc, cet homme est doublement hérétique, en niant Dieu et en devenant idôlatre. Toujours selon sa théorie, l'homme en niant Dieu, nie la réalité, et en étant idôlatre, il perd la raison définitivement... sauf si, pour une raison ou pour une autre, il redevient conscient de l'imparable existence de Dieu. Le prosélytisme n'était qu'une phase pour les faibles. La contrainte demeurait à ses yeux le seule véritable moyen de conversion des esprits forts, les plus dangereux car ils avaient de l'influence. C'était d'eux dont il fallait s'occuper sans attendre, et avec les plus grandes fermetés et vigilances.
Paulinius Zénoble Péliguon accusait Érasme et Guillaume Budé de connivence avec l'Église (qu'ils n'osèrent jamais défier optant pour un réformisme interne) en se démarquant d'un côté du passé de l'Église et de ses actes ignobles durant l'Inquisition, tout en voulant réhabiliter sa crédibilité, et d'un autre côté en niant que nul ne puisse être un érudit vraisemblable s'il nie la foi chrétienne. Étudiant à Oxford en 1474, Péliguon se pencha sur l’histoire de sa guilde et répertoria ses apports directs ou indirects au monde des lettres. Ceux-ci avaient été nombreux, surtout avant l'hécatombe de 1325. Par la suite, et surtout vers le milieu du 15e siècle, sous l’effet des persécutions inquisitoriales, la guilde avait périclité malgré de grandes figures.


C'est Jacques Galustre qui officialisa et réglementa la Grande Connivence, en 1258. Cette charte associa intrinsèquement la Guilde des Copistes Lumineux à la ville de Lectoris. Le Haut Maître de la guilde devenait de plein droit le plus haut représentant de la cité. Les membres de la guilde purent surtout sortir de l’ombre.

Suite à l'hécatombe de 1325 la guilde n'eut pas de Haut Maître pendant plus de quatre années. Ce fut Strogald qui s'octroya ce titre, en décembre 1329, sous la pression d'Anaïs Dourille, plutôt que de laisser vacant. Après Strogald (mort en 1382) qu'Anaïs Lectoris obligea à démissionner en 1355, tous les Hauts Maîtres qui se succédèrent jusqu’à Hubert Astermille furent les descendants d'Anaïs.


Vers 1330, Strogald inventa les fibules propres à la guilde afin que les membres puissent se reconnaître. Ceux qui voulurent agir en pleine lumière prouvaient leur appartenance grâce une fibule forgée en différents métaux selon leur position dans la hiérarchie interne. Leur forme de parchemin en partie déroulé permettait d’y inscrire leur nom ainsi qu’une courte citation. Seules deux d’entre elles furent retrouvées, les autres ont dues être fondues pour de multiples raisons. Celle de Valechon est grande et écrite en latin ampoulé qui lui correspond à la perfection : « L’abysse perfectible engendre des îlots d’ignorance irréductibles sous l’emprise de l’inconséquence et de l’indifférence généralisées. » La seconde, signe de l’efficacité de son propriétaire, est celle d’Astermille écrite en grec (koinè). Il s’agit d’une courte citation de Pinclor : « Vivre son œuvre. » Les deux fibules sont dorées en signe de la valeur de leur porteur alors que Valechon ne fut jamais Haut Maître mais Haut Classeur, rôle essentiel mais sans prestige. C'est lui qui organisait l'ordonnancement des œuvres échangées choisies par le Haut Maître et le classement des copies qui arrivaient en grand nombre. Par contre Astermille méritait sa renommée. Il dormait cinq heures par nuit, ce qui lui permettait de consacrer ses talents à persuader les plus érudits de son époque à envoyer à Lectoris des copies des textes les plus importants en leur possession, et surtout à les convaincre de se réunir régulièrement à Lectoris où ils étaient accueillis chichement d’un côté matériel mais avec un grand respect pour leurs savoirs et leurs pensées. L’argent de la cité et de la guilde partait en litres d’encres de différentes couleurs et en parchemins de qualité. Parfois il fallait même payer certaines rares copies essentielles à la réflexion afin de contredire certaines thèses ou afin d’en étayer d’autres.


La guilde disparut en 1501 à la mort de Paulinius Zénoble Péliguon, le dernier des Hauts Maîtres. La corporation des copistes voyait d'ailleurs son importance décliner suite à l'invention de l'imprimerie.

Ses principaux membres furent en ordre chonologique approximatif :

Nom Naissance Nomination Qualité Apport Abdication Mort
Jilleil vers 1140 . membre fondateur . . vers 1240
Dolate . . . À participé à la création de la GCL . .
Obbyz vers 1145-1150 . . À participé à la création de la GCL . .
Litt vers 1205 vers 1240 Haut Maître . décès 1262
Volange vers 1215 vers 1260 Haut Classeur . décès 1267
Jacques Galustre vers 1220 1262 Haut Maître À officialisé et réglementé la charte de la Grande Connivence décès 1282
Livanne 1231 1267 Haut Classeur . décès 1290
Bruno Dourille 1235 1277 Haut Classeur . 1322 1325
Flucandre 1242 1282 Haut Maître . novembre 1311 1314
Benoît Dourille 1260 novembre 1311 Haut Maître . 1322 septembre 1325
Bernard Dourille 1262 novembre 1311 Haut Maître . 1322 septembre 1325
Pierre Burlin 1er mai 1289 1322 Haut Classeur . décès août 1325
Martin Burlin 1er mai 1289 1322 Haut Maître . décès septembre 1325
Anaïs Dourille, dite Anaïs Lectoris 1307 . Régenta la GCL jusqu'à sa mort . . 1424
Strogald vers 1300 décembre 1329 Haut Maître Inventeur du système des fibules de fonction 1355 1382
Paulin dit Geoffroy de Fenzac 1326 1355 Haut Maître . décès 1357
Baudouin Lanturnier 1327 1357 Haut Maître . décès 1378
Mathurin Rossav 1346 1378 Haut Maître . 1406 1415
Richard Padidolie 1362 1406 Haut Maître . décès 1410
Gilbert Rozac 1365 1410 Haut Maître . décès 1423
Valechon . . Haut Classeur . . .
Gatchonne . . . . . .
Enguerrand Prospirac 1380 1423 Haut Maître . décès 1424
Garisséran . . . . . .
Saclampian . . . . . .
Anthelme Courbedanse 1413 . N'a fait partie de la GCL que temporairement. L'a copieusement satirisée. . . 1498
Hubert Astermille 1390 1424 Haut Maître . 1476 1480
Vassor . . . . . .
Paulinius Zénoble Péliguon février 1448 1476 Haut Maître Étude de l'histoire de la GCL et de son apport au monde des lettres décès 11 février 1501
Lavoulette 1480 . . disciple de Péliguon . .


Une succession de Hauts Maîtres

Les Hauts Maîtres étaient désignés à vie.

Jilleil, fondateur de la Guilde des Copistes Lumineux, voulait qu’elle lui survive. Il mit en place un système hiérarchique à tendance pseudo-démocratique, la direction étant confiée à un conseil de huit Dignitaires élus tous les trois ans par les membres selon leur origine géographique et dirigés par le Haut Maître. Il instaura aussi un mode très clair de succession des Hauts Maîtres. Le choix serait effectué lors d’un vote à la majorité relative du groupe des huit Dignitaires représentant l’ensemble des membres de la Guilde. Une particularité remarquable est la division des voix. Puisqu'il y avait huit possibilité, chaque Dignitaire avait huit huitièmes de voix à répartir selon son bon vouloir à la seule condition de ne pas voter pour lui-même. Cette contrainte obligeait les Dignitaires à tout un cérémonial avec des pierres qui à l'apogée de la Guilde devinrent des statuettes à leurs effigies, signes d'une certaine décadence. Dans la salle des Dignitaires, lieu de leurs réunions, chacun d'eux avaient huit de ces pierres placées devant lui. Sous chacune d'elle il devait placer un papier sur lequel il avait noté auparavant le nom de la personne pour qui il donnait ce huitième de voix. Lorsque tous avaient fini, chacun à leur tour, ils devaient placer chacune de leurs huits pierres ainsi que le papier correspondant devant la ou les personnes de leur choix. Il était ainsi trop tard pour revenir sur sa décision et de mieux répartir ses morceaux de voix selon le choix des autres. En cas d'égalité, le Haut Maître choisisait entre les ex aequo. Ce système permettait de voter pour chacun des sept autres tout en étant obliger d'en privilégier un. Certains ne prenaient pas autant de modération et donnaient toutes leurs voix au même Dignitaire, qui, parfois, avait eu l'honnêteté d'en faire de même. Les arrangements préalables finirent par dominer, aussi les voix devinrent secrètes, ce qui amplifia le désastre de ce mode d'élection et permit à Anaïs Dourille de dominer la Guilde. En grande partie désabusé et en partie pour éviter la résurgence de ce genre de privilège, Hubert Astermille, pénultième Haut Maître, a désigné son successeur en lançant un dé à huit faces.
Cette élection devait avoir lieu chaque année, mais le Haut Maître pouvait un mois plus tard appeler à une nouvelle élection s’il changeait d’avis. C’est suite à des revirements de la sorte que furent désignés Litt vers 1240, Jacques Galustre en 1262 et Flucandre en 1282.

Le grade de Haut Classeur était moins important et quelquefois on n'a pas conservé de trace de leur nomination. Ainsi, on ignore (à ce jour du moins) qui fut nommé Haut Classeur après la mort de Livanne en 1290 et jusqu'à la nomination de Pierre Burlin en 1322. C'est le Haut Maître qui nommait le Haut Classeur à son gré. Aussi cette fonction était très recherchée parmi les jeunes copistes qui venaient adhérer à la Guilde.


En novembre 1311 la donne changea, avec la démission de Flucandre. Certains Dignitaires menés par Bruno Dourille considéraient que son fils Benoît devait accéder à la fonction de Haut Maître comme prévu par l’élection. D’autres considéraient qu’il ne fallait pas tenir compte de l’élection précédente puisque Flucandre en démissionnant avait prouvé qu’il n’était pas digne d’être Haut Maître et qu’il avait forcément donné une mauvaise influence à cette élection. Un débat eut lieu durant des heures. Pour finir une nouvelle élection désigna comme vainqueur Bernard, l’autre fils de Bruno Dourille, avec 3 voix sur 7. Benoît Dourille reçut 2 voix. Pierre et Martin Burlin reçurent une voix chacun, ce qui est étonnant vu leur jeune âge. Par crainte d'une division profonde de la Guilde, les deux frères Dourille s’associèrent alors dans une collégialité respectueuse et furent désignés tous les deux Hauts Maîtres. Mais cette gouvernance bicéphale manquait d’envergure et de pugnacité.


Benoît et Bernard Dourille durent démissionner de leur fonction de Haut Maître en 1322 sous la pression des cousins Burlin qui cette fois surent convaincre les membres de la Guilde des Copistes Lumineux qu'un renouvellement était nécessaire afin de prouver à l'Église que Lectoris n'allait pas céder au pouvoir religieux, par principe. Cette fois l’élection eut lieu avant la démission des Hauts Maîtres qui, honteux, s’abstinrent. C’est ainsi que Pierre Burlin devint Haut Classeur, nommé par son cousin et néanmoins ennemi, le nouveau Haut Maître Martin Burlin, afin de tenter de calmer ses ambitions.


L’hécatombe en 1325, en décimant la population de Lectoris et en la privant de ses plus hauts dirigeants, désorganisa la Guilde des Copistes Lumineux. En décembre 1329, Anaïs Lectoris obligea Strogald à se désigner nouveau Haut Maître de la Guilde en perdition tout en en faisant son jouet. Anaïs Lectoris l’obligea à démissionner en 1355 au profit de sa lignée, qu’elle imposa jusqu’à la désignation en 1424 de son arrière-arrière-petit-fils Hubert Astermille. En 1476, dans une indifférence totale, ce pénultième Haut Maître a choisi sur un coup de dé à huit faces son propre son successeur, Paulinius Péliguon qui avec sa mort, objet de superstition, mit fin à la Guilde des Copistes Lumineux.

Lien pour s'informer

Chronologie encyclopédique inspirée par celle de Pierre-Antoine Leokadich


Desman

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