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Francis Bourgueux

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Né à Boston en 1936, cet universitaire géologue américain spécialiste de sédimentologie est allé retrouver ses origines au Québec sur les rives du lac Témiscamingue en 1982. Il se passionna pour la langue française qu’il avait apprise et oubliée depuis si longtemps. Il s’installa à Québec pour des raisons professionnelles et chaque semaine il allait avec femme et enfants sur les terres de ses ancêtres. Sur les collines, il se promenait au milieu des conifères et des bouleaux, se perdait dans son arbre généalogique, rêvait aux sensations offertes aux êtres vivants depuis des millénaires.


Il rejoignit le courant strapiste dans les années quatre-vingt-dix grâce à un autre Québécois, nommé Jean-Marc Pentecôte, qui avait pris la direction d’une fraction dissidente de ce mouvement.


Francis Bourgueux fut le premier à décrire les livres comme des entités géographiques auxquelles il savait trouver un relief, des bassins, des couches géologiques, des sédiments et parfois des fossiles. Son premier essai fut le plus abouti : Géologie et géographie des essais de Montaigne d’après l'édition de 1588. Son enthousiasme gagne le lecteur dès les premières notes. Ses descriptions sont si détaillées et claires qu’elles nécessitent davantage de concentration que d’érudition. Ce livre donne vie à un pan entier de la littérature qui jusqu’alors passa inaperçu. Il y est question des terres de consonnes, et des fleuves ou rus de voyelles. Il y est question de niches écologiques des mots migrateurs. Il y est question de pluie de sens, de solidification de concepts, d’éclosion de nouvelles espèces de mots. Les théories de Francis Bourgueux s'imposent aux chercheurs en littérature à l'heure de l'informatique et des auteurs qui publient sur le Net en laissant les traces des différentes versions d'un même texte.


En 1994, il écrivit un court conte, Le massacre des nénufars, qui fut publié dans Les contes des guerres littéraires et qu’il retravailla chaque année. De nouvelles intrigues virent le jour au point que son éditeur voulut le publier, mais Francis Bourgueux continua à le relire, à le corriger, à développer les personnages et à en inventer d’indispensables. Le conte devint une épopée qui fut éditée en mai 2006 (pour le premier anniversaire de sa mort) sous le titre Le massacre des nénufars, épopée.


Il est aussi l’auteur du roman Ceux qui s'ennuient vendent leur temps et de l'essai De quelques mots.


Dans un tout autre domaine, il écrivit l’essai Comment lutter contre l'épuisement cognitif en dix leçons, qui donne des pistes pour gérer ses humeurs et le respect qu’on porte aux autres avant d’atteindre un épuisement qui devient physique et détruit ce pour quoi on se bat. Il y affirme avoir personnellement trouvé l’optimisation de son énergie entre la fatigue due à la recherche du respect et la libération de son ressenti.


auteurs : Desman
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