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Escarbille démesurée

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C’est assurément un accompagnement vers la communauté vigilante des explorateurs, une escarbille démesurée, un emballage hypnotique de la fermeture éclair. Il n’y a pas d’autre solution, pourtant. En dépit du contrôle des forces armées qui occupent l’essentiel de la région, avec l'arrestation vers le sud des oriflammes enchevêtrées dans la condescendance des pitres, la méduse s’étale, modestement armée de nervures. Un accès écumeux pourrait (peut-être) apporter un échange plus harmonieux des réserves de tabac éventé, qui servent de pacotille pour le troc avec les marins, mais on a négligé jusqu'ici cette hypothèse un peu audacieuse. On sait, toutefois, le rôle joué par les élytres dans la fabrication du savon ; dans sa précipitation et sa course meurtrière, la spirale des entonnoirs se développe jusqu’au plafond. Il faut pour cela la patience des chutes, de préférence dans l’obscurité, tombant jusqu’au fond du ravin aride.

Nous tombions nous aussi dans cette terrible et grandiloquente pharmacie inachevée qui sentait les plantes médicinales et devant laquelle étaient postés les soldats inexpérimentés, avides de savoir et craignant le vide ambivalent. Dire qu’il leur aurait suffit de manger quelques gaufres écarlates pour accepter les ondulations des nuages hypnotiques qui détruisaient les récoltes de mil et qui balançaient les zébus hors de tout propos. Ignominie ressentie par le plus grand des hasards. Qu’aurions-nous pu imaginer au sein de ce tohu-bohu ? Un souffle ? Un soupir ? Un regard ? Le sable aussi s’enfuyait des dunes ! Le trouble gagnait le moindre recoin, la moindre pierre, le moindre refuge. L’inaccessible devenait le maître-mot. Impossible de fuir. Se retourner ? Le vent ensablé allait plus vite et dans toutes les directions. Chacun d’entre nous était seul ! Chacun d’entre nous était devenu une oasis pour notre seul esprit. Alors j’en profitais pour imaginer de subtils et intenses instants partagés. J’aurais alors aimé connaître tes pensives sensations afin de mieux savourer la gloire de l’abstraction.

Le calme revenu, chacun était perdu après être tombé d’un entonnoir à l’autre pendant un temps inimaginable. À chaque passage, le cerveau se rétractait et se réduisait comme une peau de chagrin. Insondables perspectives, insubmersibles aléas, indéfinissables écrevisses géantes vertes et bleues comme des oranges inoxydables. Où étions-nous ? Que mangions-nous ? En tout cas c’était succulemment abondant, innovant, réjouissant, instinctif et léger. Provisoire aussi. Les marins-pêcheurs nous sortirent de leur filet et nous entassèrent à l’ombre des inarticulés présents depuis peu. Pas moyen de bouger ! Pas question de rester ! Nous nous inventâmes une balconade irrévérencieuse, et sautâmes sur le toboggan nuageux et parcimonieusement clairsemé de timbres magiques. Nous rebondissions comme des ombrelles dépareillées et fermées à toute nouvelle opportunité. La chute nous emporta, nous exporta vers d’autres plongeoirs inopérants. Allions-nous en rester cois ?

La confusion s’emparait de nous, l’empathie ne suffisait plus. D’incoercibles ondes gravitationnelles attendaient la permission. Je compris qu’il y en aurait une bientôt. Basta ! Plus de supplique ! Le hasard fait parfois bien les chances comme disait le dodu dodo blasphémateur. Il était hors-concours. Pré-éliminé ! Il se débattait dans l’intrigante floraison substantielle. Toute entité cherche à survivre, même les abstractions. Pauvre de lui, il en était devenu une. Mourir une fois lui suffisait. Il passa la première et fila à toute allure dans l’entonnoir féerique d’où s’écoulent les bactéries qui font de l’anaérobic. La pulpeuse guimauve attire aussi les abeilles des cavernes. Elles étaient affairées comme un homme politique digne de ce nom. « Dépèche-toi d’attendre », entendis-je ! Je donnais l’impression d’une profonde insensibilité de surface jusqu’à mon cœur. J’exténuais comme l’abstraction du dodo et quittais ce conclave évanescent. Pas question de subir le même sort. Il n’y avait que toi pour me sortir de cette boueuse embardée insérée entre une soupe à l’oignon et une denrée rare qui ne pousse que sur les pics enneigés des métaphores subliminales.


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auteurs : Fuligineuse, Desman

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