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Dja

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Un dja est un(e) conteur-poète du Kaydrüm.
Pluriel : djala

Ils sont nomades, contrairement au fda.


La plupart des djala ne possèdent aucun instrument de musique. Ils ne comptent que sur leur bouche pour divertir. Les djala musiciens (djadjala) sont moins bien considérés, tant il est facile de procurer de l’émotion à des auditeurs en accompagnant ses paroles d’une musique.

Les djala sont logés et nourris en échange des histoires qu’ils racontent. Les plus talentueux peuvent parcourir autant de kilomètres qu’ils le souhaitent sans être affamés. De nos jours, ils commencent à perdre pied à cause des écrivains qui permettent une plus rapide diffusion des nouvelles créations. Cependant, les djala occupent une place enviée parce qu’ils font acte de création lorsqu’ils content. Surtout lorsqu’ils improvisent. Alors les écrivains ont tenté d’ouvrir leurs portes afin qu’on les voit écrire, raturer, réfléchir, ajouter un mot par-ci, une ligne par-là. D’autres auteurs sortent pour écrire dans des lieux publics. Mais les Kaydrümmgar sont d’accord pour dire que les djala resteront les plus renommés. Malgré des siècles d’écriture, l’oralité est irremplaçable. Même les fdarim (fda, au singulier) sont plus appréciés que les écrivains. La force du dja est l’inattendu. Le dja, surprend davantage qu’un fda que l’on a déjà vu au moins une fois. Son apparence peut être trompeuse, mais sa voix est son premier mystère que nous tentons de découvrir. Après des heures d’écoute, déjà, il a fini, et repart. Plus jamais on ne le verra. C’est bien ça la force des djala.

Nous pouvons remarquer aussi que, de nos jours, certains puristes font encore la distinction entre les djala et les hitch.

Les plus savants des djala sont les Émulsifiants. Leur minimalisme est fort apprécié sans contenter pour autant les Kaydrümmgar. Lors des parerga, d'autres djala sont sollicités.

Les guerriers étaient des djala qui utilisaient les contes pour blesser, attaquer ou se défendre. Les pamphlets ne leur suffisaient pas. Ils contaient sous forme d’invectives sans fondement et injustes. Certains le font encore à de rares occasions. De nos jours, ce genre de comportement relève plus de la nostalgie que d’une réelle animosité.
Il a existé des combats verbaux de djala. De nos jours, cela n'existe plus ou quasiment plus, faute de spectateur. Cela arrive encore parfois que certains djala veulent mesurer leur talent à celui d'un autre. Ces défis se déroulent entre eux, dans les recoins les plus reculés. Peu acceptent de transformer leur art et même leur art de vie en une futile compétition stérile. Les djala apprennent des autres djala en les écoutant et en les observant, pas en tentant de mettre en évidence eurs failles, quelles soient syntaxiques, narratives ou autres.
Maintenant les djala qui s'interpellent par des bouts d'histoires qu'ils connaissent, se répondent par d'autres morceaux. C'est un échange, voire une complicité. C'est un jeu et toujours un plaisir de courte durée. Plus cet instant est court, plus il est apprécié. S'il n'y en a pas, cela este ncore mieux. Le djala s'exprime dans la solitude de la foule des Kaydrümmgar. Quelques troupes de djala ont voulu s'accorder comme une symphonie sans réussir à plaire ni à s'entendre. Cependant, à chaque génération, des djala tentent de fusionner leurs passions. Le côté éphémère de ces désirs de partage sont eux-mêmes devenus un sujet de conte.
Les Kaydrümmgar sont traditionalistes et l'un des fondements de leur identité est bien, chacun dans sa solitude, le plaisir de l'écoute d'un dja.
Concernant les contes, les seules unions appréciées sont celles entre un dja et chacune des personnes qui l'écoute. Dans les grandes villes comme Mondoria ou Lortsegdan, il existe plusieurs parergas et non une seule. La qualité d'écoute directe, et donc sans artifice, ainsi qu'une bonne situation visuelle exigées par les Kaydrümmgar oblige les cités à ne pas étendre les parergas. Les architectphoniques aident de leur science les habitants de chaque quartier à concevoir des parergas de qualité. Des débats voient le jour lorsqu'un résident, proche d'une parerga, veut transformer une façade de sa demeure ou construire un nouvel étage.

Les moines sont des djala qui se limitent aux contes faisant référence à Borges. Pour eux, cette limitation est un choix. Ils ont ce qu’ils appellent la vocation. Ils sont persuadés que c’est Borges qui les choisi. Leur liberté est conditionnée par cette certitude qui leur fait chercher le moindre conte où Borges est évoqué. Les abbés sont ceux qui parviennent à composer ces contes où figure Borges. Leur but est de glorifier l’Auteur sans qui le Kaydrüm ne serait plus le Kaydrüm.

Les chonga sont des djala particuliers qui utilisent le pouvoir des mots pour guérir. Ils choisissent eux-mêmes qui pourra écouter ou ne pas écouter leur parerga. Dès leur quarantième année, ils transmettent leur art à un disciple qui devra avoir vingt ans. Puis, lorsque celui-ci est instruit à son tour, le maître poursuit son chemin seul.
Lorsque les chonga ne veulent conter que pour eux-mêmes, soit ils s’isolent, soit ils se rassemblent loin des non initiés dans un endroit désertique. Les djala novices ne peuvent participer à ces regroupements festifs avant d’y être invités par son père "contique", c’est-à-dire par le chonga qui lui a inculqué son savoir. Ces novices doivent subir un rite d’initiation dont nous ne savons rien. Les fdarim ont toujours été refusés à cause de leur manque d’endurance physique.




auteur : Desman

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