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Dja
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| Un dja est un(e) conteur-poète du Kaydrüm.
Les djala sont logés et nourris en échange des histoires qu’ils racontent. Les plus talentueux peuvent parcourir autant de kilomètres qu’ils le souhaitent sans être affamés. De nos jours, ils commencent à perdre pied à cause des écrivains qui permettent une plus rapide diffusion des nouvelles créations. Cependant, les djala occupent une place enviée parce qu’ils font acte de création lorsqu’ils content. Surtout lorsqu’ils improvisent. Alors les écrivains ont tenté d’ouvrir leurs portes afin qu’on les voit écrire, raturer, réfléchir, ajouter un mot par-ci, une ligne par-là. D’autres auteurs sortent pour écrire dans des lieux publics. Mais les Kaydrümmgar sont d’accord pour dire que les djala resteront les plus renommés. Malgré des siècles d’écriture, l’oralité est irremplaçable. Même les fdarim (fda, au singulier) sont plus appréciés que les écrivains. La force du dja est l’inattendu. Le dja, surprend davantage qu’un fda que l’on a déjà vu au moins une fois. Son apparence peut être trompeuse, mais sa voix est son premier mystère que nous tentons de découvrir. Après des heures d’écoute, déjà, il a fini, et repart. Plus jamais on ne le verra. C’est bien ça la force des djala. Nous pouvons remarquer aussi que, de nos jours, certains puristes font encore la distinction entre les djala et les hitch. Les plus savants des djala sont les Émulsifiants. Leur minimalisme est fort apprécié sans contenter pour autant les Kaydrümmgar. Lors des parerga, d'autres djala sont sollicités. Les guerriers étaient des djala qui utilisaient les contes pour blesser, attaquer ou se défendre. Les pamphlets ne leur suffisaient pas. Ils contaient sous forme d’invectives sans fondement et injustes. Certains le font encore à de rares occasions. De nos jours, ce genre de comportement relève plus de la nostalgie que d’une réelle animosité. Les moines sont des djala qui se limitent aux contes faisant référence à Borges. Pour eux, cette limitation est un choix. Ils ont ce qu’ils appellent la vocation. Ils sont persuadés que c’est Borges qui les choisi. Leur liberté est conditionnée par cette certitude qui leur fait chercher le moindre conte où Borges est évoqué. Les abbés sont ceux qui parviennent à composer ces contes où figure Borges. Leur but est de glorifier l’Auteur sans qui le Kaydrüm ne serait plus le Kaydrüm. Les chonga sont des djala particuliers qui utilisent le pouvoir des mots pour guérir. Ils choisissent eux-mêmes qui pourra écouter ou ne pas écouter leur parerga. Dès leur quarantième année, ils transmettent leur art à un disciple qui devra avoir vingt ans. Puis, lorsque celui-ci est instruit à son tour, le maître poursuit son chemin seul.
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Catégorie(s): Kaydrüm | Société | Desman

