Pour une écriture collaborative pensez aussi à Wikinouvelles.
Dialogue biseauté
Respectez les droits d'auteur de ce texte (récupéré sur le site Wikimaginaire).
— Parfois certains jettent l'éponge.
— D'autres jettent l'encre.
— Et d'autres encore, jettent l'eau trouble.
— Adieu !
— Si j'étais Dieu, j'offrirais une journée générale.
— Même à moi ?
— Même à ce qui fait office de toi.
— J'ai ton assurance que je serais couvert à 100% ?
— Tu ne m'as pas l'air dans ton assiette.
— Tu crois m'en imposer ? Pour qui te prends-tu ?
— Pour moi ! Et c'est déjà bien assez ! Je me contiens. Et toi ?
— Je me prends pour toi, et c'est trop peu.
— Je pense... donc je suis en toi ?
— Oui, là où j'ai mal.
— Il te faut m'extraire intégralement. Puis-je t'aider ? Tu veux que je me concentre ? Que je me réduise au minimum au maximum ?
— Non, ne fait rien, ne dis rien. Je réfléchis.
— Tu veux me réduire au silence, mais je réfléchis en toi.
— Et moi je me réfléchis sur toi. Mais rien à faire, j'ai mal à ma racine carrée.
— Qu'est-ce qu'elle a ?
— Elle ne tourne pas rond.
— Tant que tu ne tournes pas en rond.
— Ce n'est pas le cas.
— Alors, c'est le V.
— Le V ou la V ?
— La V ? La Vé-rité ? La Vé-nération ? La Vé-narration ?
— Tu t'égares...
— Je mets gare du nord ?
— Je te déboussole ?
— Tu me déboulonnes comme une ancienne statue sursitaire et sans les écraser, je tombe plus loin que tes rêves.
— Quel rebondissement ! Tu perds la tête. Tu perds ces vers qui chantaient en toi.
— Je me suis vermifugé dans l’imaginaire.
— Il n’a pas de recoin isolé là-bas. Tout ce qui existe de ce qui n’existe pas est caché mais pas inatteignable. Il suffit de s’offrir un aller simple pour y accéder. Rien de plus facile avec la pensée qui veut se délester de son corps.
— Je ne me cache pas, je fugue musicalement.
— J’en prends note. Tu t’en vas ?
— Non j’emprunte quelques livres et le subway new-yorkais.
— Et moi le subliminal londonien. On se retrouvera dans une situation rocambolesque dans une station poétique.
— Disons que nous y sommes.
— Disons que nous y sommes à côté de la plaque des goûts.
— Disons que le temps passe.
— Alors, disons que la mort est venue par deux fois.
— Disons que nous n’avons pu y échapper ni l’un ni l’autre.
— Disons que nous en sommes revenus après une éternité.
— Disons que je te crois.
— Disons que je te croise.
— Disons que nous nous toisons dorénavant.
— Disons que nous ne nous disons rien.
— Rien ?
— Rien.
— Et maintenant ?
— Maintenant, nous avons le temps.
— Le temps de quoi ? Le temps de rien ?
— Non, le temps qu’on veut.
— Que voulons-nous ?
— Que veux-tu ?
— Écrire !
— Mais pourquoi faire ?
— Pour t'interloquer, tiens !
— Tu te moques ?
— Je te toque !
— Qui sait ?
— Qui c'est ?
— Qui ça ?
(Pas de régularité des participations, dans cette page, les italiques indiquent simplement le changement d’interlocuteur et non d’auteur).
- auteurs : Fuligineuse, Desman
Cette création est mise à disposition sous le contrat Creative Commons Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France License.
