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Dialogue biseauté

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Parfois certains jettent l'éponge.


— D'autres jettent l'encre.


Et d'autres encore, jettent l'eau trouble.


— Adieu !


— Si j'étais Dieu, j'offrirais une journée générale.


— Même à moi ?


— Même à ce qui fait office de toi.


— J'ai ton assurance que je serais couvert à 100% ?


— Tu ne m'as pas l'air dans ton assiette.


— Tu crois m'en imposer ? Pour qui te prends-tu ?


— Pour moi ! Et c'est déjà bien assez ! Je me contiens. Et toi ?


— Je me prends pour toi, et c'est trop peu.


— Je pense... donc je suis en toi ?


— Oui, là où j'ai mal.


— Il te faut m'extraire intégralement. Puis-je t'aider ? Tu veux que je me concentre ? Que je me réduise au minimum au maximum ?


— Non, ne fait rien, ne dis rien. Je réfléchis.


— Tu veux me réduire au silence, mais je réfléchis en toi.


— Et moi je me réfléchis sur toi. Mais rien à faire, j'ai mal à ma racine carrée.


— Qu'est-ce qu'elle a ?


— Elle ne tourne pas rond.


— Tant que tu ne tournes pas en rond.


— Ce n'est pas le cas.


— Alors, c'est le V.


— Le V ou la V ?


La V ? La Vé-rité ? La Vé-nération ? La Vé-narration ?


— Tu t'égares...


— Je mets gare du nord ?


— Je te déboussole ?


— Tu me déboulonnes comme une ancienne statue sursitaire et sans les écraser, je tombe plus loin que tes rêves.


— Quel rebondissement ! Tu perds la tête. Tu perds ces vers qui chantaient en toi.


— Je me suis vermifugé dans l’imaginaire.


— Il n’a pas de recoin isolé là-bas. Tout ce qui existe de ce qui n’existe pas est caché mais pas inatteignable. Il suffit de s’offrir un aller simple pour y accéder. Rien de plus facile avec la pensée qui veut se délester de son corps.


— Je ne me cache pas, je fugue musicalement.


— J’en prends note. Tu t’en vas ?


— Non j’emprunte quelques livres et le subway new-yorkais.


— Et moi le subliminal londonien. On se retrouvera dans une situation rocambolesque dans une station poétique.


— Disons que nous y sommes.


— Disons que nous y sommes à côté de la plaque des goûts.


— Disons que le temps passe.


— Alors, disons que la mort est venue par deux fois.


— Disons que nous n’avons pu y échapper ni l’un ni l’autre.


— Disons que nous en sommes revenus après une éternité.


— Disons que je te crois.


— Disons que je te croise.


— Disons que nous nous toisons dorénavant.


— Disons que nous ne nous disons rien.


— Rien ?


— Rien.


— Et maintenant ?


— Maintenant, nous avons le temps.


Le temps de quoi ? Le temps de rien ?


— Non, le temps qu’on veut.


— Que voulons-nous ?


— Que veux-tu ?


— Écrire !


— Mais pourquoi faire ?


Pour t'interloquer, tiens !


— Tu te moques ?


Je te toque !


— Qui sait ?


Qui c'est ?


— Qui ça ?


Poursuivez ce dialogue où deux interlocuteurs tentent de s'interloquer.
(Pas de régularité des participations, dans cette page, les italiques indiquent simplement le changement d’interlocuteur et non d’auteur).





auteurs : Fuligineuse, Desman

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