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Dialogue avec toi-même
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La division du mouvement écologiste doit venir du fait que beaucoup d'écolos le sont ou l'étaient superficiellement. Nombreux n'allaient pas au bout de leur logique. Défendre le bien-être animal ? Sans problème. Défendre la biodiversité ? C'est déjà plus abstrait, plus loin, plus complexe, mais oui, on peut. Par contre maintenant les conséquences de notre réflexion touche notre propre mode de vie, et là ça coince. Remettre en cause nos habitudes, notre confort, et devoir se poser des questions sur nos valeurs, ça dérange. Nous ne sommes pas parfaits et cela nous le rappelle avec force. Comment faire autrement que de se voiler la face sur certains sujets tant il y a de sujets où nous devons faire des choix, mettre en avant nos priorités pas toutes reluisantes ? L'écologie, c'est philosophique. Il ne suffit pas dire comme certains qui ne veulent que ce qui est naturel, oubliant que l'énergie nucléaire est naturelle alors qu'une éolienne ne l'est pas. Une personne que je connais est écolo depuis longtemps. Ah les gentils dauphins ! Ah les beaux chevaux ! Défendre les requins ou des araignées, c'est moins sexy. Et je me suis rendu compte qu'elle aimait les chevaux mais à sa façon. En lui montant sur le dos. Pas sûr que ce soit très naturel du point de vue chevalin d'avoir quelqu'un sur le dos. Faute de mieux, lui offrir une pâture pour le voir courrir en semi-liberté, d'accord. Je soupçonne qu'il y a autant de façon d'aimer (profiter de) la nature qu'il y a d'êtres vivants. En poussant cette réflexion à l'extrême, j'en viens à me poser des questions sur la technologie et la nature. Tout ce qu'on nomme "non naturel" comme le béton, les autoroutes, les avions, les ordinateurs ne sont-ils pas que des "sécrétions" (humaines de seconde catégorie) comme un fil d'araignée ou plutôt comme une termitière ? Se servir (profiter, exploiter) du vivant pour construire une maison (en bois avec torchi), pour dépolluer (algues, arbres) ou pour se nourrir, est-ce cela aimer la nature ? Ou bien est-il plus respectueux de la nature d'essayer de se débrouiller qu'à partir des éléments de base (quarks, atomes, et à la rigueur molécules) pour construire ce que l'on veut, pour se nourrir ? Certains animaux dont j'ai oublié le nom ont le tube digestif qui s'est refermé au fil des générations parce qu'ils ne consomment un maximum de ce qu'ils ingurgitent. Nos lointains descendants pourraient être tels si 'lon parvient à bien définir nos besoins. Nos envies risquent de se montrer tout de même les plus fortes. Il y aura sûrement disticntion de la nourriture alimentaire et de la nourriture plaisir, comme nous avons déjà séparé la sexualité et la procréation. Il est de plus en plus clair pour moi que la technologie sera plus libératrice à long terme que destructrice. C'est surtout qu'on n'en sait rien. Tant d'inventions peuvent nous dépasser ou nous détruire.
En admettant que les problèmes des déchets énergétiques que tu soulignes et les problèmes d'énergie seront réglés, ce point critique dont tu parles (le fait d'essayer de créer ce dont l'homme a besoin sans le prélever dans la nature, ou dans le vivant devrions-nous dire) sera atteint lorsque les humains seront constitués davantage de métaux, plastiques, électroniques, stimulateurs cardiaques, cartes mémoires, lentilles, fibres optiques, capteurs sensoriels et autres prothèses artificielles. Il faudra peut-être des dizaines de millénaires. Je ne crois pas que les futurs robots se révolterons contre nous, mais plutôt comme c'est décrit dans le film Balde Runner tiré d'un roman de Philip K. Dick, que nous allons être de plus en plus constitués comme ces robots en même temps qu'eux seront de plus en plus composés d'organes vivants. Et comme cela se fera progressivement, tout cela sera normal et évident. Nous ne ferons plus qu'une seule espèce. Une fois atteint ce stade de l'évolution naturelle, les questions premières comme celle du sens de la vie ne seront pas plus réglées. C'est juste que ces descendants d'humains que l'on peut dors et déjà appeler homo sapiens sapiens sapiens, disposeront, je l'espère de plus de temps pour se poser ces questions, et qu'ils prendront plus de plaisirs non destructeurs à jouir de leurs sens. Sens qui seront sûrement plus que 5.
- auteur : Desman
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