Sa vie
Nul ne sait son véritable nom et peu de Kaydrümmgar savent qu'il fut connu sous un nom d'emprunt. Ce n'est pas son lieu d'origine, L'Ailleurs, qui engendra le mépris des djala à son égard. La raison est qu'il fut le sancho d' Altazaï comme il le raconte si bien dans Voyage au Kaydrüm d'un être venu de L'Ailleurs.
Son avatar
Fidèles à leur humour, les djala en ont fait un obscur personnage du monde de la Terre du XXIème siècle. Un auteur inconnu à juste titre dont la passion fut d'écrire. Un auteur indigne qui ne s’est pas occupé de l’avenir de ses textes. Il les a abandonnés. Le peu de lecteurs qu'il eut lui a suffi. Cela lui donna la fausse impression de ne pas écrire que pour lui. Il fut capable d'un nombre étonnant de fautes d'orthographe, de conjugaison, et de grammaire aussi. Son pire défaut était cette absence de musicalité. Il semble que les djala ne sont pas prêts de faire évoluer ce personnage vers une oeuvre digne de ce nom. Il restera l'archétype des auteurs de la paralittérature, sans envergure, incapables de raconter une histoire prenante. Une espèce de Sancho sans Don Quichotte. Un trouble-fête sans fête. Il a écrit avec le style fade d'une époque où la vie aurait supplanté la littérature. Son œuvre fut un lapsus permanent.
Ses non-œuvres
Lorsque l’idée de base d’une œuvre est mal fichue, inarticulée, brute, abrupte, absurde, peu intéressante, ou ne leur donne pas envie, les djala l’attribuent au Desman du monde de la Terre. Il est devenu une poubelle littéraire. Une icône appréciée pour ses insuffisances. Nous donnerons quelques exemples de ces idées sans avenir. La plupart n'ont même pas de titre. Certaines sont si bien expliquées en une ou deux phrases qu'elles n'en méritent pas plus.
- Une histoire de livre
- Il fut incapable de raconter l'histoire d'un livre à l'aide de nouvelles. Il aurait voulu les lier entre elles de façons que l'on devinât qu'il s'agissait du même livre. Le livre aurait chaque fois été un élément de l'histoire au premier ou second plan, voire pire, juste un livre parmi d’autres livres, effleuré par l’un des personnages. Quelque chose malgré tout aurait dû être attendu par le lecteur qui aurait compris cette caractéristique flagrante ou subtile de chacune des nouvelles de cette histoire.
- Une page manquante
- Enquête sur la page manquante d'un livre dans une ancienne édition et dont les autres exemplaires sont complets.
- J'ai honte !
- Il est question d’un livre publié il y a quatre siècles et dont tous les derniers exemplaires ont disparu il y a trois siècles. Plusieurs générations de passionnés se succèdent pour le réécrire à la façon de son auteur d’origine. Une copie de l'original de ce livre est retrouvée. Plusieurs expertises sont demandées pour avoir confirmation qu'il s'agit d'un faux. Les philosophes, les linguistes, et les historiens, contemporains à cette découverte et qui ont travaillé sur le projet, sont déçus par la fadeur de cet original dont l’authenticité est confirmée. Surtout que cela veut dire aussi qu'ils n'ont pas compris les autres oeuvres de l'auteur.
- Desman voulait finir ce conte qu’il aurait voulu philosophique, par ces phrases : « Vous avez bien compris que je faisais partie de cette entreprise. En tant que directeur de recherche, ma voix compta double et fut celle qui trancha pour qu'à ma grande honte actuelle, on brûla cet original qui nous dérangeait tant. »
- Voyage livresque
- Décrire le voyage d'un lecteur à travers un roman connu, ou bien d'un auditeur à travers un conte connu.
- Copyright
- Sur cette inconvenance qu'est le droit de s'approprier certaines suites de mots, Desman aurait aimé écrire une histoire. Une histoire sans certains de ces mots mais surtout sur les conséquences que cela engendre. Cela aurait été avec des © et autres sceaux partout. Il aurait voulu faire un décompte de chaque mot emprunté. Cette histoire lui aurait coûté une bonne quantité d'euros. Et il aurait coûté aux lecteurs ou à l'auditeur, une bonne quantité d’euros à sa lecture ou à son écoute (prix hors coût des moyens nécessaires à la connexion au réseau Internet).
- Un homme parle haut et fort dans la rue
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- « Le cœur, c’est le bonheur. »
- Tu es déçu ? Tu préfèrerais que je dise : « Elle belle mon exaspération » ?
- Un auteur
- Il invente, crée, innove. Il est copié, recopié, et personne ne sait qui il est, ni même son nom, et encore moins qu'il existe, qu'il a existé. Et ceux qui auraient pu le savoir s'en seraient fichu, s'ils l'avaient su. Et lui aussi d'ailleurs s'en contrefiche.
Sa non-bibliographie
Encyclopédie des idées répertoriées dans les œuvres de science-fiction
Dictionnaire des sentiments
Dictionnaire des dictionnaires
L’heureux tourneur des mots
Le retourneur de phrases
Contales, contesques et contiques
Anténaïade
Les Réitéreriades
Métastaz
Mon forum social individuel
Ce qu'on a dit de lui
« Il semble écrire beaucoup plus vite mort que vivant. »
- Louis Manivelle commentant la publication sur le net des non-œuvres posthumes, dans la revue La doublure des mots.
Une unique citation
La seule qui vaille la peine d'être, une seule pépite due à la probabilité d'écrire une telle phrase après en avoir écrit tant sans intérêt :
« Contez le Kaydra pour l’embellir de vos voix. »
- auteur : Desman
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