Pour une écriture collaborative, pensez aussi à Wikinouvelles.
Crrr
Respectez les droits d'auteur de ce texte (récupéré sur le site Wikimaginaire).
Crrr… Je vois une étoile bleue et le soleil double qui en dégouline. Ma tête implose sous la pression des mondes enfouis en elle. Rien ne peut plus arrêter ce phénomène si ce n’est la non existence. Pour le moment c’est supportable même si je n’arrive pas à trier, à classer, à coordonner ces flux de pensées multiples et intenses. Il ne s’agit pas de connexion mais de surconnexion. Le monde est vaste, ma tête l’est davantage, même si elle finira avant lui ; ou plutôt même si elle devait finir avant lui. Ceci ne me préoccupe pas. Le temps qui me reste ne dépend pas tant que ça de moi, alors je vis ma vie… Crrr… Crrr… Je crée ce zapping autant que je le subis. Les émotions sont là, c’est ce qui m’importe… dans le respect des autres et de moi-même. Les pensées foisonnent et ne semblent pas devoir tarir. Trahissent-elles ?… Crrr… Crrr… Une impression de chute par à-coup, ou d’éjection en plusieurs directions m’envahit… Pessoa ne guide pas mes pas cependant je sais qu’il(s) a (ont) existé !… Crrr… Crrr… Pas de règle d’écriture sinon ces Crrr… qui encadrent chaque pensée qui parvient à s’isoler. Écrire sans savoir pourquoi. Comme un défouloir, ou plutôt par désenchantement des œuvres de fiction. J’aurai bientôt épuisé les rêves de mon enfance. Aussi je préfère écrire sans réel but si ce n’est que de prendre du plaisir. Sans histoire. Juste des pensées qui vacillent, qui s’effilochent, qui font ressurgir d’immenses stimuli… Crrr… Crrr… Voler comme une… voler en tant qu’abeille au milieu d’immenses arbres dont je ne connais pas les noms. Être tranquille et serein. Voler sans effort et sans bruit comme je l’entends… Crrr… Crrr… Combien de temps faudra-t-il pour expurger ce flot discontinu qui me semble si puissant. En tout cas plus puissant que moi. Écrire n’est pas une prison même si l’on écrit malgré soi, même si c’est une passion, même si c’est une vocation, même si c’est une affectation, même si c’est une infection… Crrr… Crrr… Enfin ! Pouvoir écrire sans but, sans raconter d’histoire, sans un début et surtout sans fin. Pas de suspens, pas de conclusion, pas de trahison, pas de coup de théâtre. Juste des mots fidèles à une particularité. Il me faudrait plusieurs styles en même temps. Cela me fait rêver et pourtant comme cela semble indirigeable. Chaque entité aime se donner à elle-même l’impression de se contrôler, de s’auto-suffire. Pourtant je n’oublie pas les cellules, ces petits êtres qui sont nous et qui semblent dérisoires… Crrr… Peut-être que… Crrr…
- auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous licence Creative Commons Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.5.
