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Camille de Carnabie

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(23 juillet 1938- )


Née Camille de Liquat, fille naturelle (mais reconnue) de l'archéologue Jean-Baptiste de Liquat et de sa servante Bertille Morin, cette poétesse est davantage connue pour ses deux essais féministes que pour ses poèmes. Sa virulence se déchaîne aussi bien contre les hommes dominateurs que contre les femmes soumises. Son premier essai, publié en 1967, intitulé Refellation autoanalyse la découverte de son homosexualité. À cette date, elle avait su user d’ironie et le ton était très enjoué, malgré la description crue de sa jeunesse marquée par une situation difficile à assumer. « Le 18 mars 1966 j’ai eu la révélation de mon homosexualité comme d’autres ont eu la révélation de leur foi religieuse, alors qu’elle était en moi avant même ma naissance et que je n’arrivais pas à l'admettre à cause du moule culturel imposé par la société pour se maintenir. »

Mariée en 1960 avec un promoteur immobilier, Hubert de Carnabie, elle divorça dès que possible sans révéler à son mari son homosexualité pour deux raisons. La première était d’obtenir la garde de ses trois filles qu’elle adorait. La deuxième raison était de ne pas tuer son mari psychologiquement en lui ‘’avouant’’ qu’en plus d’être trompé pour une histoire sans lendemain, il l’avait été à cause d’une femme. Mais le bonhomme était plus solide que prévu. Il se remit de son trouble puis il se mit à harceler Camille de Carnabie, non pour qu’elle revienne dans ses bras mais pour lui faire payer cette rupture. Ainsi il faisait exprès chaque jour de la croiser en compagnie d’une nouvelle femme. C’est pour le punir qu’elle écrivit son essai en parlant d’elle à la première personne. Elle révéla les moindres défauts de son mari ainsi que les expériences sexuelles qu’elle s’était forcée à accepter dans la naïveté de son inexpérience. Après avoir eu de nombreuses conquêtes masculines, elle se rendit compte qu’elle ne se sentait bien que dans les bras d’une femme.


Depuis 1974 elle vit avec Claude Barbotin (sœur d'Elvira Leokadich, elle fut la belle-sœur de l’écrivain Pierre-Antoine Leokadich ) qui joua un rôle non négligeable dans l’éducation des trois filles de Camille de Carnabie. La plus jeune, Françoise, née en 1964, est celle qui a le plus hérité du caractère de sa mère ; elle est devenue journaliste en Amérique du Sud. Annick née en 1962 est actuellement productrice de programmes télévisés.

L'aînée, Jacqueline, née en 1961, s'est trouvé un richissime mari (l'antiquaire Rodolphe Dargeon, plus âgé qu'elle de quelque 25 ans) qui lui permet de voyager sur les cinq continents, d'hôtels cinq étoiles en résidences magnifiques. Ils ont eu deux fils, des jumeaux :Arnaud, qui vient de publier un roman, et Vivien qui pour le moment se refuse à toute activité et passe son temps à écouter la musique du groupe Cheveux.


Le deuxième essai écrit par Camille, La femme phallique, est plus récent. Il a paru en 1983. Cette fois elle témoigne à la place des prostituées proprement dites et pour les prostituées inavouées que sont les femmes qui de nos jours sont encore obligées de se soumettre à leur mari alors qu’elles travaillent, gagnent moins d’argent à qualification égale, s’occupent encore majoritairement des enfants et des tâches ménagères, malgré de faibles progrès. « L’homme a attendu l’invention de la machine à laver pour commencer à s’occuper de laver le linge. L’homme attendra-t-il le robot amoureux pour assouvir sa femme de façon romantique ? » Après cet essai aigri, elle sombra dans une décadence et une dépression l’empêchant de poursuivre sa passion qui était depuis sa jeunesse d’écrire de nouveaux poèmes. Elle renia même ses plus beaux vers et surtout celui-ci qu’elle fustigea dans La femme phallique : « Tu seras toute ma vie et ma dernière seconde » et qu’elle mit en tête de ses anciens poèmes reniés publiés en 1985 sous le titre Paroles mortelles. Malgré la désaffection à laquelle elle est sujette, Claude Barbotin tente de l'aider à retrouver une dignité, sans succès.



auteur : Desman

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