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À Shanghaï avec l'Oncle Ben
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C'est assurément à Shanghaï que nous irons passer l'automne, en compagnie de notre Oncle Ben. Mais pour l'instant, catastrophe... je suis la proie d'une attaque de cafards... ils remontent le long des canalisations et se mettent à grouiller en cadence au son des guitares. Les rats en ont peur. Les rats, peur ? Si, si, je vous assure. Et les souris cliquent de frousse. Une mousse au chocolat dentelée comme le pic du Midi déborde de l'é(per)vier et envahit l'espace-temps. Je me drape dans les rideaux comme une Scarlett de banlieue. Je ne veux pas téléphoner à Matignon, pas encore. Alors je m'enroule dans mes valises enrubannées de couronnes de ptérodactylographes. En appuyant sur le voyant rouge, on obtient des modulations de fréquence qui déclenchent des autodafés en rafales. Un coup sur le gong et tout le monde est au lit. Mais tout de suite, un malvenu commence la lecture des oeuvres complètes de Claude Delle. Il tombe bien, celui-là ! C'est vraiment pas le moment ! Un coup de bas guette, un autre de bas résille, et il disparaît dans un grand flamboiement verdâtre. Non mais !
- Le riz collant résiste encore alors que l’heure du trépas a sonné. Je sors mon aspirateur à pot de colle. Zut ! Un problème technique ! La pression augmente et mon aspirateur nucléaire explose. Il faudra donner un coup de balais ! Tant pis, nous n’aurons pas le temps d'aller l’opérat. De plus le concombre est blessé. Ce vengeur masqué s’est interposé à la Jack Bauer. Son sacrifice est utile pour les anges. Nous envoyons ses restes radioactifs à la famille des cucurbitacées, comprimés au fond de la boîte à oubli. J’ouvre mon tiroir à mémoires et j’inscris : « Aujourd’hui : Rien ! » Ce n’est pas ce que certains pourraient croire. C’est juste que je viens de me souvenir que ce matin je suis allé à la chasse et que je n’ai rien tué. Alors je finis de faire le ménage et, espiègle, tu me regardes en contrant à chaque seconde ta condition féminine. Pfff… Ça ne doit pas être de tout repos, non plus. Ça me fatigue rien que d’y penser. Être toujours à l’affût de ce qui est servitude et de ce qui est maîtrise de soi. Je préfère sortir prendre l’air mûr et le cueillir comme une pomme… Mais… Oh, non ! Il ne manquait plus que le serpent tintinnabulant. Bon, je dégage en touche et m’esquive afin d’essayer de rejoindre un anachronique bouquiniste de Montolieu, descendre en parapente au gré des vents, et atterrir au milieu de la faune qui s’abreuve devant le moulin à papier de Brousses. Pendant que je chine ici, tu peux avancer. Mais toi qui aimes prendre des bols d'air, frileuse comme tu es, n'oublie pas ton Shanghaï.
N'aie crainte, mon système de thermo-régulation intégré est activé en permanence. Il envoie des rayons ondulatoires qui m'enveloppent d'une douce tiédeur tandis que je compulse les résultats de l'enquête préalable au banquet bicosmique que nous anticipons. Les données sont formelles ! Nous devons persister dans le projet quoi qu'il arrive ! La signification eschatologique de ces agapes est trop importante pour les négliger. Il faudra, primo, assurer les égyptologues de notre agrégation cutanée, deuxio, offrir à tous les officiers de marine des chats angora, tertio, faire composer un oratorio devant être joué en boucle et en escarboucle jusqu'à épuisement des musiciens et pamoison des auditeurs. Tout cela est fort heureusement résumé sur un document olographe de Constantin Paléologue que j'ai récemment acquis d'un antiquaire de Portobello. Bel homme, d'ailleurs, cet antiquaire, l'oeil vert et le cheveu longuet, mais je m'égare, comme disait Salammbô.
- A l’instant je reçois un message urgentissime de la reine de la nuit. Elle me demande d’aller de toute éternité chercher ses bijoux qui sont cachés dans une caverne mythique, pleine d’ombres, quelque part entre le mont Olympe et le Pélion. Attention, ce ne sont pas de vulgaires cailloux, ni des pierres affligées de déplorables crapauds. Non, ce sont des joyaux inestimables, le centième de la valeur du moindre d’entre eux suffirait à nourrir deux cents familles pendant deux cents ans, et encore, pas de choux et de raves, mais de caviar et d’aubergines, pour le moins. La reine de la nuit est une amie de ma grand–mère, elle m’a fait sauter sur ses genoux il y a bien longtemps ; il est hors de question que je refuse de lui rendre ce service. Je pars donc tout à l’heure, acccompagnée de mes hiboux habituels. Mais j’emporte comme toujours mon trombone pliant et portatif pour faire joujou pendant les escales. Et je suis fière de ma mission comme un pou sur un retour de manivelle.
- A l’instant je reçois un message urgentissime de la reine de la nuit. Elle me demande d’aller de toute éternité chercher ses bijoux qui sont cachés dans une caverne mythique, pleine d’ombres, quelque part entre le mont Olympe et le Pélion. Attention, ce ne sont pas de vulgaires cailloux, ni des pierres affligées de déplorables crapauds. Non, ce sont des joyaux inestimables, le centième de la valeur du moindre d’entre eux suffirait à nourrir deux cents familles pendant deux cents ans, et encore, pas de choux et de raves, mais de caviar et d’aubergines, pour le moins. La reine de la nuit est une amie de ma grand–mère, elle m’a fait sauter sur ses genoux il y a bien longtemps ; il est hors de question que je refuse de lui rendre ce service. Je pars donc tout à l’heure, acccompagnée de mes hiboux habituels. Mais j’emporte comme toujours mon trombone pliant et portatif pour faire joujou pendant les escales. Et je suis fière de ma mission comme un pou sur un retour de manivelle.
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Auteurs : Desman, Fuligineuse
